Mauritanie: l'armée déjoue un attentat d'Al-Qaïda visant à tuer le président


AFP - publié le Jeudi 3 Février 2011 à 10:08 modifié le Jeudi 3 Février 2011 - 10:08

Nouakchott - L'armée mauritanienne a déjoué mercredi une tentative d'attentat à Nouakchott revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a affirmé qu'elle visait à assassiner le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.



Mohamed Ould Abdel Aziz
Mohamed Ould Abdel Aziz
Vers 02H00 (locales et GMT), l'armée a fait sauter un véhicule bourré d'explosifs à 12 km au sud de Nouakchott, tuant les trois occupants qui s'y trouvaient, selon une source militaire qui a précisé qu'ils tentaient "de s'infiltrer dans la capitale pour y commettre des attentats".

Le véhicule contenait "une tonne et demi de TNT de forte intensité", selon le ministre mauritanien de la Défense, Hamadi Ould Hamadi.

Huit soldats, qui se trouvaient à environ 300 mètres de la très forte déflagration entendue dans plusieurs quartiers de la capitale, ont été légèrement blessés par les débris projetés.

Aqmi a revendiqué une tentative d'attentat, affirmant par l'intermédiaire de l'agence privée en ligne Nouakchott informations (ANI), qu'elle "visait à assassiner" le chef de l'Etat Mohamed Ould Abdel Aziz.

Un porte-parole de l'organisation, qui a contacté l'ANI depuis le nord du Mali, a par ailleurs affirmé que, contrairement à la version mauritanienne, il n'y avait que deux occupants dans le véhicule et que ce sont eux qui ont pris l'initiative de le faire exploser à l'approche des militaires.

Le véhicule visé faisait partie des trois recherchés depuis samedi par l'armée mauritanienne, en état d'alerte après avoir reçu des informations sur leur entrée en Mauritanie par la région de Néma (sud-est), près de la frontière avec le Mali.

Un des trois occupants d'un second véhicule piégé abandonné près de Rkiz (sud) récupéré mardi, a été arrêté, mais les deux autres sont toujours en fuite, selon Ould Hamadi, contrairement à ce qu'avait indiqué une source militaire. Le troisième véhicule était toujours recherché mercredi.

L'homme arrêté est un Bissau-guinéen, Youssef Galissa, alias "Abou Jaavar", 29 ans, étudiant d'une école coranique, selon une source sécuritaire.

Il a affirmé aux enquêteurs que l'un des deux véhicules devait faire sauter une caserne militaire à Nouakchott et l'autre l'ambassade de France, le troisième étant un véhicule de "soutien".

Le 25 août 2010, l'armée avait déjà déjoué un attentat contre la caserne de Néma en neutralisant un kamikaze qui fonçait vers le bâtiment au volant d'une voiture bourrée d'explosifs. Cette tentative d'attentat au cours de laquelle deux militaires avaient été blessés avait été revendiquée par Aqmi.

La Mauritanie est l'un des pays les plus touchés par les activités d'Aqmi qui opère dans une immense zone désertique située aux confins de l'Algérie, de la Mauritanie, du Mali et du Niger, où elle commet attentats, enlèvements, essentiellement de ressortissants occidentaux, et divers trafics.

Le dernier attentat suicide en Mauritanie s'était produit en août 2009 à Nouakchott à proximité de l'ambassade de France.

En juillet 2010, l'armée mauritanienne avait mené l'offensive contre des bases d'Aqmi au Mali pour déjouer une attaque programmée en Mauritanie.

L'un des raids avait été mené conjointement avec l'armée française pour tenter de retrouver un otage français, Michel Germaneau, 78 ans. Sept djihadistes avaient été tués et Aqmi avait revendiqué la mort de l'otage pour "venger" la mort de ses membres lors de ce raid.

Le 7 janvier, Aqmi a enlevé en plein centre de Niamey, dans le quartier le plus sécurisé de la capitale, deux jeunes Français, tués le lendemain lors d'une opération de sauvetage franco-nigérienne au Mali.

La branche maghrébine d'Al-Qaïda retient toujours en otages cinq Français, un Togolais et un Malgache enlevés mi-septembre 2010 sur un site d'extraction d'uranium du nord du Niger.



           


Nouveau commentaire :
Facebook Twitter
B i u  QUOTE  URL

Les commentaires sont modérés a posteriori. Sinon vous devez vous identifier pour poster un commentaire sur lemag.ma. Vous pouvez vous connecter avec votre compte Lemag, ou grâce à votre compte Facebook, Twitter ou votre openid. Merci de respecter les règles définies ici : les conditions générales d’utilisation des commentaires






Dernier tweet