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AFP - publié le Jeudi 20 Octobre à 15:25

Mars: forte incertitude sur le sort de l'atterrisseur européen





Qu'est-il advenu du module Schiaparelli parti à l'assaut de la planète rouge mercredi ? L'Agence spatiale européenne (ESA) ignore s'il a "survécu ou pas" à son atterrissage sur Mars mais elle a réaffirmé son intention d'aller de l'avant dans l'exploration martienne.
 
"Nous ne sommes pas encore en mesure de déterminer les conditions (...) dans lesquelles l'atterrisseur a touché le sol", a annoncé jeudi Andrea Accomazzo, chef des missions du système solaire à l'ESA, depuis le Centre européen des opérations spatiales (ESOC) à Darmstadt (Allemagne).

Il faudra d'autres éléments pour savoir "s'il a survécu structurellement ou pas", a-t-il ajouté.

L'atterrissage du module sur Mars était planifié mercredi à 14h48 GMT (16h48 heure de Paris).

S'il s'avérait que Schiaparelli était perdu, ce serait la deuxième fois que l'Europe spatiale aurait échoué à faire atterrir en douceur un engin sur Mars.

Il y a treize ans, le petit Beagle 2, de conception britannique, avait bien atterri sur Mars mais il n'avait jamais réussi à émettre.

Jusqu'à présent, seuls les Américains ont réussi à poser sur Mars des engins qui sont parvenus à fonctionner.

Mais tant qu'il n'y a pas de preuves que le module est mort, les équipes ne s'avouent pas vaincues.

"Il s'est forcément posé sur Mars mais on a perdu son signal", a déclaré à l'AFP Frédéric Béziat, chef de projet ExoMars chez Thales Alenia Space, groupe franco-italien qui assure la maîtrise d'oeuvre de la mission.

"Nous avons encore de l'espoir que Schiaparelli soit à la surface et en vie", a-t-il affirmé.

La sonde américaine MRO va essayer d'entrer en communication avec lui, a-t-il ajouté.

- "Comprendre" pour préparer la suite -

Pour Schiaparelli, tout avait bien commencé. Après sept mois de périple dans l'espace, il s'est séparé sans problème dimanche de la sonde scientifique TGO.

Après une descente de trois jours vers Mars, le module, bardé de capteurs, s'est réveillé un peu avant son entrée dans l'atmosphère à 14h42 GMT (16h42 heure de Paris). Il a réussi à émettre un signal radio qui a été capté par un grand radiotélescope indien.

Puis a commencé la phase des "six minutes de terreur" comme les appellent les ingénieurs du spatial.

La phase d'entrée dans l'atmosphère, à 21.000 km/heure "s'est déroulée parfaitement", a déclaré M. Béziat. "Le bouclier thermique a bien fonctionné", permettant au module de ralentir considérablement sa vitesse.

Le parachute s'est ensuite "correctement déployé et a encore ralenti la sonde", a-t-il dit.

Les rétrofusées se sont activées. Par contre, "a priori elles ont été coupées un peu trop tôt", a indiqué M. Béziat.

Il reste donc à comprendre ce qui s'est passé dans les dernières secondes avant l'atterrissage.

Les données envoyées par Schiaparelli et recueillies par la sonde européano-russe TGO, sont encore en cours de dépouillement.

TGO et Schiaparelli forment le premier volet d'ExoMars, mission scientifique européano-russe qui vise à rechercher des indices d'une vie actuelle et passée sur Mars. Elle doit se dérouler en deux temps (2016 et 2020).

L'atterrisseur est "un test", a souligné le directeur général de l'ESA, Jan Woerner. "Nous avons fait tout cela pour avoir des données sur la façon d'atterrir sur Mars avec la technologie européenne", a-t-il dit. "Les données que nous allons récupérer (...) nous servirons pour comprendre comment" préparer l'atterrissage d'un robot mobile sur Mars en 2020, a-t-il souligné.

Cette année-là, l'Europe et la Russie prévoient d'envoyer sur Mars un gros rover qui s'appuyera sur les développements technologiques de Schiaparelli. Il effectuera des forages pour tenter de retrouver des traces d'une vie bactérienne passée.

Si Schiaparelli a rencontré des problèmes, il n'en est pas de même pour la sonde TGO (Trace gas orbiter) qui a parfaitement réussi à s'insérer dans l'orbite de Mars mercredi et commencera à travailler en 2018.

TGO (Trace Gas Orbiter) sera chargée de "renifler" l'atmosphère martienne pour détecter des gaz à l'état de traces comme le méthane qui pourrait indiquer la présence d'une forme de vie microbienne actuelle sur la planète.

Avec Mars Express lancée il y a treize ans et qui fonctionne toujours, l'Europe dispose désormais de deux orbiteurs autour de la planète rouge.

La sonde TGO va aussi servir de relais de communication aux autres sondes en orbite de Mars. Elle a réussi à capter les données de l'atterrissage de Schiaparelli, ce qui prouve qu'elle fonctionne bien aussi sur ce plan-là, s'est félicité Jan Woerner.

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