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Fatima zahra Farahate - publié le Jeudi 19 Septembre à 11:18

Marocain o bikhir




Il y’a cette expression populaire très courante qui tient à nous faire croire que ce n’est « que le Maroc » et qui nous demande souvent « ou est ce que tu te crois ? Rappelles toi que c’est le Maroc ici». Et oui, ce rappel géographique aurait été bien innocent si une atroce réalité n’était cachée derrière ses mots désuets que l’on entend de plus en plus de la plupart des personnes de notre entourage.



Marocain o bikhir
Pourquoi avons-nous ce besoin omni présent de nous sous estimer nous-mêmes ? Nos jeunes surtout voient l’avenir ailleurs, et personnellement, j’avoue que les avantages que l’étranger à a offrir sont bien tentants mais il faudrait se souvenir que jamais ces avantages n’ont été crées pour nous, les étrangers, ils ont été fait des mains des fils et filles de la nation visée.

Alors nos avantages à nous, il faut les créer, aujourd’hui plus vite que demain ; avant que cette nouvelle génération ne s’imprègne déjà de quelques idées dévastatrices. Les pays qui nous entourent de mille et un regard tantôt intrigués tantôt accusateurs doivent bien rire de nos contradictions : ces marocains cherchent la modernité, le progrès, la justice, la démocratie, les arts et tout le reste alors qu’ils ne s’estiment même pas dignes d’obtenir de tels droits. Le pire, est que cela est vrai. Le secret du progrès justement est de concentrer toute son énergie sur la création du nouveau et non pas sur le combat contre l’ancien. Il y’a un an de cela, ces idées m’ont fait réfléchir, je ne la décrirais pas comme une vision, mais j’affirme qu’un tilt m’a poussée à réagir. Si on recherche tant à égaler les fortes puissances mondiales, pourquoi est ce qu’on refuse de changer de mentalités, de changer notre perception des choses qui nous entourent et de nous même ? Voilà la raison pour laquelle on tarde encore sur le problème des ordures qui s’accumulent dans les pavés de la capitale et de toutes les villes du royaume d’ailleurs, voilà pourquoi plus de la moitié de la population du Maroc est illettrée, c’est pour cela que beaucoup de douars n’ont pas encore accès à l’électricité et à de l’eau potable, voilà aussi pourquoi on souffre encore du harcèlement quotidien vis-à-vis des femmes … Des exemples, il y en a par centaines, mais le mieux serait de parler de ce que l’on peut faire pour arranger les choses. D’un côté, il faut prendre conscience que notre pays a beaucoup à offrir, et que nous avons réalisé un progrès immense ces dernières années comparé à la moyenne. Parlons d’art par exemple, « au Maroc, l’art est en perte et n’est jamais un gagne pain sur : évite le comme la peste » c’est ce qu’on entend chez des personnes très nombreuses dans nos vies quotidienne, ces derniers n’ont logiquement aucun rapport avec ce qui est artistique et encore moins avec le Maroc. Moi-même, il ya tout juste quelques années, je ne connaissais le nom d’aucun auteur, peintre, penseur, acteur ni artiste marocain ; mais lorsqu’il s’agissait des artistes étrangers, alors là je pouvais vous faire une fiche complète de chacun d’entre eux. Heureusement, après une prise de conscience inévitable,j’ai cessée de chercher bien loin pour m’intéresser à tout ce que nous avions déjà, sans pour autant perdre de vue l’actualité internationale. Je me suis même mise à admirer nos athlètes, nos poètes, nos humoristes, nos comédiens, nos bloggeurs … Notre pays, bien que peu de gens l’admettent vraiment, est bien plus que cette caricature que nous critiquons sans cesse, sans chercher à fixer ses points faibles dont nous sommes pleinement conscients. C’est notre apathie envers ce que nous avons et ce que nous sommes qui permet aux pays ‘dominants ‘ de nous rabaisser à un niveau dégradant, humiliant même. Les américains par exemple, s’ils connaissent notre petit coin de terre entre les musulmans et l’Afrique qu’ils estiment tout deux pays sous développés, ou des sauvages, noires ou terroristes, marchent pieds nus dans des deserts arides; nous demanderont si nous avons ‘nous aussi’ des écoles et si on va en burquas, djellabas et babouches à dos d’ânes et de chameaux pour aller en classe de « terrorisme et bombardements ». On m’a réellement posée cette question si vous voulez savoir.

Alors maintenant, et plus que jamais je le clame haut et fort : je suis marocaine et fière de l’être. Et cela n’est pas que de simples mots prononcés pour faire bonne citoyenne ou faire genre, mais plutôt comme une promesse à mon cher pays. Maroc, s’il s’avère que je quitte ton territoire, ce ne serait que pour revenir te servir, car jamais les mots ne pourraient exprimer l’amour et la pure reconnaissance que j’éprouve à ton égard. Si jamais quelqu’un venait à te menacer, je serais prête, corps et âme à me sacrifier pour voir ton nom haut et fier. Je promets de me battre contre ceux qui t’accusent, qui te rabaissent, qui te portent préjudice, qui te blessent, peut être pas avec des armes qui déchirent le corps et détruisent la matière, mais avec mes humbles pensées car il est beaucoup plus simple de détruire que de créer. Alors moi je te le dis, je créerais, comme beaucoup d’autres l’ont fait bien avant ma naissance, beaucoup mieux je l’avoue car en eux je vois des héros, je vois des sauveurs, des martyrs. Comme Driss Kadiri, ce globe trotteur handicapé qui a fait le tour du monde à vélo, avec aucune aide d’ici, ni aucun hommage ni reconnaissance d’ailleurs. Comme nos auteurs et poètes que nos jeunes connaissent que trop peu, faute de lecture et de savoir sans doute ; ainsi Tahar Benjelloun, Ahmed Taieb El Alj, Mohammed Choukri, Fatima Mernissi, Abdarrahman Taia et beaucoup d’autres deviennent l’encre de nos terres et le témoignage qu’on a réellement existé. Nos musiques aussi sont source de fierté, pour moi premièrement : Gnawa, chaabi, malhoun, aita … tout ce rythme endiablé, toute cette ambiance festive et généreuse, ca n’existe que chez nous! Nous avons aussi des humoristes de génie, qui ont marqués tout le monde francophone, on cite notamment les légendaires Gad Elmaleh, Jamel Debouzze, Mustapha El Atrassi … Chaibia Tallal et Omar Bouragba nous émerveillent avec leurs toiles, Narjiss Nejjar et Nourddin Lekhmari représentent le brillant succès de nos réalisateurs (trices ) marocains avec leurs films tout simplement magnifiques et Nadir Khayat alias redOne nous rend plein de fierté à cause de son immense succès à Hollywood et son travail ingénieux avec les plus grandes célébrités internationales. D’une part, les peintres, sculpteurs, calligraphes, musiciens de génie qui ne cessent de marquer les esprits de ceux qui veulent bien entendre. D’une autre part, le Maroc a récemment fait un pas de géant dans le domaine de la mode, avec Fadila El Gadi, Ghitta Laskrouif , Said Mahrouf et nos jeunes stylistes qui tracent leurs pas petit à petit dans les plus grandes fashion week du monde, et aussi grâce à nos bloggeurs ( tel que la belle Sophia El Arabi ), nos photographes (Joseph Ouechen pour n’en citer qu’un), nos mannequins (Hind Sahli par exemple, la première top marocaine à percer à New York et à travailler avec les plus grands créateurs de mode connus) … On ne peut plus nier, notre Maroc est un pays en plein progrès, on avance à une vitesse folle ! Festivals, malls, associations, tramways … matériellement parlant on est dans le bon chemin, mais a-t-on oublié qu’il faudrait reconstruire nos mentalités pour accompagner ses changements(couteux)? Heureusement que nous avons suffisamment de personnes d’esprit pour ne pas perdre espoir dans ce plan à l’apparence impossible. Grand nombre d’associations ont vu le jour, des groupes de jeunes ou de moins jeunes très engagés pour changer les choses et aller de l’avant travaillent sur des projects merveilleux comme l’Initiative :lecture pour tous que je voudrais remercier chaleureusement pour tous leurs efforts.

Les marocains consomment, on est connus comme étant de grands consommateurs d’énergie, on achète, on dépense, on gaspille; 95% de notre électricité est importée et seul 5 petits % sont made in Morocco. Cela devient une réalité, une obligation même : on doit être les piliers de demain, d’aujourd’hui. Si on veut clamer notre égalité avec les autres pays, on doit travailler dur pour améliorer tout ce que l’on peut dans notre royaume tant chéri et entretenir notre patrimoine, notre culture et tout ce qui constitue notre identité. Car c’est la seule manière avec laquelle on peut prouver notre amour au Maroc. Parce que, soyons honnêtes, c’est de patriotisme qu’on a besoin pas de vêtements et bricoles ramenés de l’étranger chaque année par les immigrés, on a besoin de travail et non pas de plaintes inutiles sur le gouvernement de Benkirane ou la tenue vestimentaire de Jessie J au festival Mawazin, on retrouve malheureusement beaucoup trop de dénigrements et de critiques ! On a besoin d’action et non pas de mots trompeurs, car pour arriver à un changement radical et se réveiller de notre torpeur qui me rappelle les mangeurs de lotus à vrai dire, il faudrait se bouger les membres, et au plus vite. Bouger, travailler, courir dans tout les sens, tenir tête contre la corruption, les inégalités sociales, la discrimination, la dictature… Il faut se tenir droit, bien forts contre tout cela car ce n’est qu’après une gifle bien froide de la vie que l’on peut apprendre pleinement à vivre. On ne peut rester ainsi, de simples personnes qui n’auront absolument aucun impact sur leurs entourage, de simples numéros de plus sur la liste des habitants de cette terre, des bouches en plus à nourrir et des consommateurs de plus de l’oxygen qu’on respire. Non. Pour une fois levons nous tous, regroupons nos forces pour constuire un Maroc ou il fait bon vivre. Nous voulons faire du bien et le voir autour de nous, nous voulons avancer malgrès la rudesse de ce qui nous attend, nous voulons faire face à tout, au monde même, pour un jour pouvoir aller au ciel avec la certitude que l’on a tout donné et avec aucun gramme de regret, nous partirons alors, le sourire aux lèvres certains que nous avons changé quelque chose, aussi petite soit elle et avec l’étrange satisfaction d’avoir participé à l’essort du Maroc. Arrêtons de nous dire que ce n’est que le Maroc, car oui on y vit vraiment, et qu’ici rien n’est faisable et qu’aucun progrès n’est possible pour nous. En ce qui me concerne, moi, je sais que « je suis au Maroc » et que n’est qu’ici que je trouverais le bonheur et nulle part ailleurs.



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