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Mohammed MRAIZIKA - publié le Vendredi 17 Octobre à 16:01

Marocain et fier de l’être




C’est une image intense, d’une blancheur limpide, qui a servi de décorum, ce Vendredi 10 octobre, à l’ouverture de la 4ème année législative (première session). Mais, c’est le verbe qui a rendu cet événement singulier. Ce verbe a transcendé le lieu, franchi les murs de l’hémicycle pour couler dans les artères du pays, irriguant ses moindres recoins et foyers d’un sentiment et d’une profession de foi condensés en une seule phrase : « Je suis fier d’être marocain ».



Marocain et fier de l’être
Qu’on se le dise fièrement. La fierté que le Souverain Chérifien loue devant les parlementaires, et à laquelle Il s’identifie, est une marque de grandeur d’âme et de noblesse. Elle récuse l’arrogance et l’orgueil et réfute la posture hautaine. Elle est sagesse et émulation. Lorsque le Souverain Chérifien s’adresse (Selon l’article 65 de la Constitution de 2011) aux politiques à partir de l’enceinte parlementaire, Il exprime plus qu’une profession de foi. Il place avec justesse chacune des pièces du puzzle national à sa place et précise son apport à l’effort de valorisation et de moralisation du jeu politique.

Le patriotisme que le Souverain Chérifien fait sien est vertueux. Il est porteur de valeurs morales : fidélité aux engagements, attachement sincère à l’intérêt supérieur de la Nation, honnêteté dans la gestion de la chose publique et dans l’usage des outils et procédures qui permettent et légitiment l’accès au pouvoir.
C’est une "charte éthique de l'action politique" qui est ainsi proposée pour endiguer le mal qui ronge la vie politique. C’est une incitation à l’excellence et un appel à la raison pour faire de l’échéance électorale un moment de vérité (Que vaut réellement l’élu et que pèse véritablement le parti ?) et «….un espace de compétition politique entre les programmes (...) et non une arène où se livrent surenchères et luttes politiciennes".
Ce patriotisme-là est source de solidarité et d’inspiration. Ce n’est pas une simple passion qui finit par péricliter et disparaître comme disparait un amour platonique déçu ou meurt un ouragan après un passage dévastateur.

Le patriotisme que le Souverain Chérifien appelle de ses vœux est unificateur et fédérateur. Il est inclusif et englobant. Il ne peut-être l’affaire d’un clan, d’une élite ou d’un parti. Il transcende les appartenances et réduit l’impact des distances et des différences régionales ou partisanes. Il est juste et égalitaire car « Les Marocains, où qu'ils soient, individuellement et collectivement, sont tous en droit d'être fiers de leur appartenance » à la mère-patrie.
Ce patriotisme-là n’est pas un « nationalisme borné » plus destructeur (séparatisme, régionalisme…) que créateur. Il mobilise non pas Contre mais Pour : pour inscrire le Maroc dans le concert des nations avancées, pour garder le cap fixé pour la construction de l’Etat de droit (voir Préambule de la Constitution de 2011), pour pérenniser sa stabilité politique, pour garantir la « sécurité spirituelle » et alimentaire du peuple marocain.
Ce patriotisme-là n’est pas vain et virtuel. Il implique l’émulation et la compétition électorale débarrassée de ses travers (corruption, fausses promesses…) et permet au "discours politique » de « se hisser » au « niveau des aspirations du citoyen". Ce même citoyen n’est pas, dans le discours du 10 octobre, un simple alibi ou un faire-valoir. Il est au centre de l’équation. En faisant bon usage de son bulletin de vote, en s’impliquant dans la gestion de la chose publique, en refusant de jouer le jeu des corrupteurs et de l’abstention, non seulement il exerce un droit et accomplit "un devoir national", mais il devient la clef de voûte de tout le système.
Cette dynamique créatrice et ce patriotisme bien compris et bien assumé, ne seraient à leur comble que si l’implication de tout ce que la société civile marocaine compte comme ressources, était favorisée et assurée. La Science politique a bien saisi et depuis longtemps, notamment avec Alexis de Tocqueville (1805 -1859), ce défenseur de la « liberté individuelle et l'égalité en politique », toute l’importance des associations dans les « dynamiques de la société démocratique ». Le Maroc, qui ambitionne de « forger une société démocratique » ne peut ignorer cette donne. Son mouvement associatif pourrait, si les conditions (liberté d’association et d’expression, encadrement et moyens suffisants) étaient réunies, être à la fois un "contre-pouvoir» et une "Force de proposition" qui comptent.

Le discours du 10 octobre, prononcé par le Souverain Chérifien devant ceux que le suffrage universel a désignés, balise la voie et indique les trajectoires qui s’offrent au Maroc, pour pérenniser sa stabilité, pour consolider son unité et pour relever les défis qui l’attendent sur le chemin du développement économique et de la modernisation de la vie politique.
Aucun effort n’est donc superflu. Aucune compétence ne doit rester en sommeil et aucun marocain, de l’intérieur ou de l’extérieur, ne doit demeurer à l’écart de l’œuvre nationale de réforme. C’est ainsi que la fierté et le patriotisme que loue le Souverain marocain deviennent des atouts au service de la Nation toute entière.

Rendons donc grâce à Dieu qui préserve ce pays des turbulences d’un « Printemps » déstructurant et le protège des inimitiés du voisinage et rendons hommage à nos anciens et nos sages qui considèrent que « l’amour de la patrie relève de la foi ».
Que Dieu bénisse ce verbe, ce Souverain, ce peuple et ce pays qui fait notre fierté.

Mohammed MRAIZIKA
Chercheur en Sciences Sociales, CIIRI



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