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Mohamed Takadoum - publié le Mardi 7 Juillet à 22:09

Maroc: vous avez dit opposition; quelle opposition?




Dans un précédent article, j’ai essayé d’expliquer qu'avec" M Benkirane chef du gouvernement actuel, c'est la transition démocratique qui est en jeu". Et en face qu'est ce qu'il y a ? Du côté de l’opposition ce n’est pas la gloire non plus car à côté d’une opposition qui se bat contre le régime en place et qui est constituée de deux mouvements antinomiques ; l’un islamiste et le deuxième marxiste-léniniste pure et dure, existe une opposition parlementaire qui est loin de remplir son rôle constitutionnel



Maroc: vous avez dit opposition; quelle opposition?
1-L’Opposition au régime.

Les deux mouvements constitutifs de cette opposition, bien qu'antinomiques et étant en guerre larvée parfois sanglante sur les campus universitaires et ce depuis des années sont contre le régime.
En effet à travers leurs écrits puisés sur leur site respectif, nous allons voir que les références idéologiques des deux mouvements vont bien au-delà des slogans véhiculés concernant des réformes.

La confrérie religieuse AL Adl Wal Ihssane ( Justice et Bienfaisance »« Le premier pas à faire est de s'organiser au sein d'un mouvement islamique dont les membres sont désignés par l'appel coranique Ô croyants, et qui a pour tâche d'œuvrer pour le changement ». « Qui s'intéresse à la chose publique. En effet, le politique est partie intégrante de notre pensée et de notre action. Toutefois, nous tenons à préciser que l'action partisane, la constitution d'un parti politique et la ruée vers les élections et le pouvoir ne sont pas nos plus importantes préoccupations. ».

On peut s'interroger sur la" préoccupation" de ce mouvement. L'explication est donnée par Cheikh Yassine, le défunt guide de la confrérie « nous voulons établir la primauté de Dieu sur la terre » http://www.yassine.net/. « Ceci commencera par l'éducation du croyant, puis l'édification d'une société islamique qui supplantera progressivement la société inique pour aboutir enfin à un Etat islamique ».http://www.aljamaa.com/fr/folder/12.shtml  ;Il s'agit bel et bien de l'établissement d'une république islamique ni plus ni moins. L'avènement de l'état islamique passera donc par l'éducation et aboutira à la Kaouma (soulèvement, révolte) qui peut revêtir la forme de la révolution l'iranienne http://www.yassine.net/ar/document/2598.shtml

Le deuxième mouvement est Annahjdimocrati ou « la Voie démocratique ».Constitué comme parti politique 1995 alors qu’il agissait avant tout dans la clandestinité il se proclame comme la continuation du Mouvement marxiste-léniniste marocain et notamment de sa principale composante, l'organisation Ila Al Amame (En avant).Les militants de La Voie Démocratique sont présents dans les deux principaux syndicats au Maroc : l'Union marocaine des travailleurs (UMT), et la Confédération démocratique du travail (CDT), ainsi que les principales associations de la société civile : l'Association marocaine des droits humains, Attac-Maro etc..

.En réalité le but ultime est la réalisation d’une société basée sur le marxisme léninisme. En effet derrière les questions des défenses des droits de l’homme et des luttes syndicales, luttes somme toute légitimes c’est la chute du régime qui est recherchée. La presse de l’hexagone qui ouvre ses colonnes à des articles incendiaires sous prétexte de la défense des droits de l’homme est-elle vraiment au fait des vrais desseins de ces militants ? Le dernier en date est l’article publié par Médiapart qui énonce qu’au Maroc et sans ombrage que la « règle c’est la répression » rien que ça.

2-L’opposition parlementaire :

La nouvelle constitution de 2011 a accordé d’énormes pouvoirs pour à l’opposition parlementaire. En effet l’article 10 énonce entre autres que
« La Constitution garantit à l’opposition parlementaire un statut lui conférant des droits à même de lui permettre de s’acquitter convenablement de ses missions afférentes au travail parlementaire et à la vie politique. Elle garantit, notamment, à l’opposition les droits suivants :- la liberté d’opinion, d’expression et de réunion,
- un temps d’antenne au niveau des médias officiels, proportionnel à leur représentativité,
- le bénéfice du financement public, conformément aux dispositions de la loi,
- la participation effective à la procédure législative, notamment par l’inscription de propositions de lois à l’ordre du jour des deux Chambres du Parlement,
- la participation effective au contrôle du travail gouvernemental, à travers notamment les motions de censure et l’interpellation du Gouvernement, ainsi que des questions orales adressées au Gouvernement et dans le cadre des commissions d’enquête parlementaires,
-une représentation appropriée aux activités internes
-une représentation appropriée aux activités internes des deux Chambres du Parlement,
-la présidence de la commission en charge de la législation à la Chambre des Représentants,
- la participation active à la diplomatie parlementaire en vue de la défense des justes causes de la Nation et de ses intérêts vitaux,
- l’exercice du pouvoir aux plans local, régional et national, à travers l’alternance démocratique, et dans le cadre des dispositions de la présente Constitution. ».

Il n’y a pas de démocratie sans démocrates, c’est bien connu. Les réformes constitutionnelles ne vont permettre au pays de sauter le pas vers une véritable monarchie parlementaire que si le personnel politique notamment celui de l’opposition politique fait sa mue. Or les retransmissions par la télévision des débats parlementaires montrent un hémicycle clairsemé donnant une piètre image sur le sens de responsabilité des élus de la nation. La plupart assistent certes à la rentrée parlementaire présidée par le Roi mais disparaissent après. Autrement c’est des joutes oratoires ponctués d’invectives et d’insultes alors que le pays attend des réformes urgentes en matière d’enseignement, de santé, d’habitat et de lutte contre le chômage et la précarité.

Et alors que l’opposition parlementaire doit être aux premières loges dans la lutte pour les droits de l’homme, et l’état de droit et au côté du monde du travail, des démunis, elle préfère laisser ce rôle à l’opposition qui se bat contre le régime et par conséquent contre l’existence même de cette opposition parlementaire.

Par ailleurs, le bilan de la gestion notamment des communes et des villes par les partis politiques et notamment ceux de l’opposition qui doivent donner l’exemple est désastreux à de rares exceptions. En effet les rapports de la Cour des Comptes et ceux de l’inspection territoriale du ministère de l’intérieur ont montré sous de mauvais jours, des conseillers communaux alliant l’incompétence, la mauvaise gestion à la corruption. La presse marocaine a rapporté dans le détail des affaires de corruption ainsi que toutes sortes de marchandages à l’occasion des élections communales. Cet état de choses du à la cupidité des conseillers a été rendu possible par le fait que les partis politiques ne sont pas très regardant sur leurs candidats.

D’ailleurs, une fois élus, ces candidats ne sont plus encadrés par les partis politiques et ne rendent aucun compte à ces mêmes partis. L’exemple le plus caricatural est le conseil préfectoral de Casablanca qui jusqu’à une période récente ne se réunissait plus. La première ville du pays est prise en otage par des querelles de clochers entre politiciens. Le plus drôle c'est qu'après sa gestion calamiteuse e cette ville le maire Sajid est élu premier secrétaire de son parti politique. C’est la récompense de la médiocrité.

Quelle est la responsabilité des dirigeants politiques et leurs staffs dans les dérives que j'ai annoncé . Cela sera l’objet d’un prochain article.

 



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