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robocup555 - publié le Dimanche 14 Octobre à 00:00

Maroc : un gouvernement de continuité




La liste des "favoris" aux postes ministériels a été dévoilée dés jeudi 11/10, mais reste non officielle.



Comme j'ai pu le prévoir et le prévenir dans ma note " Maroc : la Star'Ac des ministrables", c'est finalement le Palais qui a tranché. Les "exigences" des partis de la coalition ont exacerbé les tensions déjà vives entre l'Istiqlal et USFP (Parti Socialiste); l'USFP, grande perdante des élections, en brandissant le drapeau blanc de la Koutla dés l'annonce des résultats, a mis l'accent sur les obligations de l'Istiqlal, grand vainqueur, que la victoire de l'Istiqlal est aussi la sienne. Le ton était déjà donné : l'USFP mettra haut la barrière des négociations et cherchera à se présenter comme le médaillé d'argent du futur gouvernement en mettant l'accent sur son "poids politique" plus lourd que son poids électoral, alors que l'Istiqlal est résté prisonnier de cette même Koutla.

Force est de constater que cette tactique a réussi. En jetant un coup d'œil aux postes octroyés à l'USFP, on trouve, flanqué à droite du nouveau premier ministre, un ministre sans portefeuille Mohamed ElYazghi, Secrétaire Général de l'USFP, autant le nommer Vice Premier Ministre. Les autres membres se déclinent ainsi :

- Mohamed El Yazghi (Sans portefeuille), USFP
- Mustapha Mansouri (Président du Parlement), RNI (Indépendants)
- Habib Malki (Commerce et Industrie), USFP
- Mohamed Boussaïd (Tourisme), RNI
- Aziz Akhennouch (Agriculture), MP (Mouvement Populaire)
- Saïd Chbaatou (Pêches maritimes),
- Anis Birou (Artisanat), RNI
- Amina Benkhadra (Energie), MP
- Abdelhouad Radi (Justice), USFP
- Mohamed Laenser (Emploi), MP
- Taïeb Chkili (Education), PPS
- Rachida Benmessaoud ou Touria Jebrane (Culture),
- Nawal Moutawakil (Jeunesse et Sports), RNI
- Chakib Benmoussa (Intérieur), SAP
- Taïeb Fassi Fihri (Affaires Etrangères), SAP
- Yasmina Badou (Santé), PI
- Nizar Baraka (Affaires Economiques et Générales), PI (Parti de L'ISTIQLAL)
- Karim Ghellab (Transports et Equipement), PI
- Taoufik Hejira (Habitat), PI
- Khalid Naciri (Communication), PPS (Parti du Progés et du Socialisme ex parti communiste)
- Mustapha Mechachouri (Commerce Exterieur), MP
- Salheddine Mezzouar (Finances), RNI
- Mohamed Abbou (Modernisation du secteur public), RNI
- Saad Alami (Relations avec le Gouvernement), PI
- Omar Aziman (Secrétaire général du Gouvernement), SAP ( Sans appartenance Politique)
- Mohamed Zahoud (Secrétaire d'Etat à l'Eau et aux forêts), PI
- Mohamed Lemrabet (Secrétaire d'Etat à l'environnement), PI
- Mohamed El Gahs (Secrétaire d'Etat chargé de la communauté marocaine à l'étranger) USFP ? SAP ?

Cette liste n'est pas définitive, le Premier Ministre avait annoncé la nomination du gouvernement "avant l'ouverture du Parlement, le 12/10" , puis "avant le 15/10", soit au plus tard mardi prochain.

Cette liste montre les difficultés d'accoucher d'un gouvernement qui reflète un tant soit peu les résultats des élections du 7 Septembre, quoique ceux-ci aient été vidés de sens par le taux élevé d'abstention ( 63%), seuls 37 % des électeurs inscrits se sont déplacés aux urnes. Ce gouvernement reflète non seulement la continuité dans la continuité, mais pire, un retour en arrière avec le retour des octogénaires et des dinosaures, alors que l'ancien gouvernement avait ouvert largement les portes aux technocrates quadras qui ont montré l'étendue de leur compétence.

Le PPS a choisi de remettre sur selle Taib Chkili et Khalid Naciri, sur des postes stratégiques comme l'Education ou la communication : 2 vieux de la vielle. On retrouve les mêmes têtes de l'USFP: ElYazghi, EL Malki, et Radi à la tête du Ministère de la Justice, poste de compensation par rapport au perchoir du parlement octroyé à Mansouri, propulsé par le palais à la tête du RNI du vieux Osman, contesté depuis plusieurs années et finalement prié de démissionné. Auprés du RNI, on bat les cartes et on recommence : le RNI garde les mêmes ministres, mais change les portefeuilles et invite Nawal Moutawakil ancienne médaillée d'or des jeux Olympiques , laquelle encadre de fait le Sport au Maroc depuis 12 ans. Aucun parti ne détient un pôle ministériel précis et les cartes sont brouillées et montrent une fois de plus la puissance de l'Institution monarchique et en fin de compte l'utilité relative des élections législatives dans une monarchie exécutive.

Ce gouvernement ressemble étrangement au gouvernement Youssoufi (USFP) de 1997 avec Driss Basri en moins, mêmes partis avec des cartes différentes, mêmes noms avec des pseudos différents, mais, les grands axes de développement, le programme politique, le projet de société, le rôle de l'opposition et quelle opposition, l'avenir qu'on nous réserve reste des secrets d'initiés. Dans cette scène, comment le parlement peut il légiférer et sortir de sa léthargie permanente ? Et Quid du parti islamiste, 2 ème aux élections législatives ? Quid des promesses de changement et de modernisation ? Ce gouvernement est il le reflet du processus démocratique ? Nullement et çà risque tout simplement de ...chauffer. 


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