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Mohamed Takadoum - publié le Vendredi 6 Décembre à 23:13

Maroc : la corruption n’est pas une fatalité




Le Maroc perd cette année quatre points dans l’Indice de la perception de la corruption (IPC), rendu public, par Transparency International. Avec la même note que l’année dernière à savoir 37 sur 100 points, le pays est passé du rang 87 en 2012 à 91 cette année



Bien que le nombre de pays évalués cette année soit passé de 176 en 2012 à 177, soit un pays de plus que l’année dernière, le dernier classement de notre pays par Transparency International montre que le Maroc continue de régresser d’année en année dans le classement de la perception de lutte contre la corruption. Cette situation interpelle certes le gouvernement en charge des affaires publiques mais surtout l’Instance Centrale de Prévention de la Corruption (l’IPCPC) organisme chargé de « prévenir la corruption » dans notre pays.

S’agissant du gouvernement, celui n’a pas jusqu’à présent mis en place une stratégie claire et conséquente pour la lutte contre ce fléau. Il y a certes eu des campagnes de sensibilisation à ce fléau comme la dernière qui a été engagé par le Ministère de Modernisation des services publics. La sensibilisation est certes nécessaire mais largement insuffisante. Rester au niveau de la sensibilisation ne sert pas à grand-chose si cette sensibilisation n’est pas accompagnée de mesures concrètes sur le terrain et n’est pas inscrite dans une stratégie plus globale.

Inviter par des spots publicitaires les marocains à ne pas « s’adonner à la corruption » est une attitude qui ne prend nullement en considération l’ampleur du phénomène, ainsi que son enracinement malheureusement dans la société marocaine.

Au lieu d’engager une « campagne de sensibilisation » le gouvernement aurait été bien inspiré d’engager un travail de fond qui consisterait par exemple à conduire des actions visant à :

- simplifier et normaliser les circuits et les procédures administratives et les rendre plus transparentes,
- inviter par voie réglementaires les administrations à répondre dans un délai précis et motiver leurs actions de refus ;
- développer l’utilisation de l’outil informatique dans le traitement des dossiers et éliminer autant que possible l’intervention humaine ;
- revoir les textes et procédures de passation des marchés et commandes de l’état, des collectivités locales et des établissements publics pour plus de transparence notamment dans l’établissement des cahiers des charges ,dans le traitement des concourants ;
- revoir les procédures d’engagement, de liquidation et de paiement des dépenses de l’état, des collectivités territoriales et des établissements publics.

D’autres actions de préventions peuvent aussi être menées par les départements concernés pour en priorité éviter l’intervention humaine autant que possible ex : en matière de sécurité routière, voir la possibilité de faire disparaitre les agents verbalisateurs (police et gendarmerie) au profit de radars fixes.

Activer les organismes de contrôle notamment les inspections générales dépendant des ministères en les dotant de structures bien étoffés.

Je n’ai pas la prétention de faire un état exhaustif de toutes les actions à entreprendre vivant à éliminer les tentations, donc prévenir la corruption, mais des pistes existent et la mise en œuvre d’actions conséquentes ne demandent nullement des dépenses importantes.

Car la corruption dénoncée quotidiennement par la presse constitue un frein au développement économique et social du pays et à l’état de droit. Nos partenaires commerciaux notamment l’Union Européenne qui ont mis à la disposition de notre pays des dons et des lignes de crédits pour une meilleure gouvernance et une meilleure transparence attendent des actions conséquentes du gouvernement au lieu et place de ces campagnes de sensibilisation.

Si le rôle du gouvernement dans la lutte contre la corruption est doit être redéfini ; quid de l’ICPC l’Instance Centrale de Prévention de la Corruption ?.

Or malheureusement, cette dernière au lieu d’être une administration de mission avec des structures légères et efficientes est devenue une sorte « d’usine à gaz » avec une organisation administrative lourde (avec un secrétariat général,et des pôles) plus capable de rédiger des rapports, de réaliser des études, d’organiser des réunions et de participer à des conférences internationales que de proposer des actions concrètes sur le terrain. Voir l'organigramme de de l'ICPC sur son site internet.

En outre, un projet de texte en cours d’élaboration est susceptible de rendre cette structure encore plus lourde. Car à côté de la proposition de mesures de lutte contre la corruption et l’évaluation des actions étatiques dans ce domaine,l'ICPC va être appelée à la réalisation des investigations et des constatations d’actes délictueux en matière de corruption.



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