Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Rachida Dati : Le Roi Mohammed VI écrit une nouvelle page de l'histoire du continent en... | via @lemagMaroc https://t.co/gFJFDynMFj



Mohamed Takadoum - publié le Jeudi 14 Janvier à 11:53

Maroc : cherche -t-on à déstabiliser le pays?






Le gouvernement a envoyé les forces de l’ordre, jeudi 7 janvier contre les manifestations organisées dans plusieurs villes du Maroc. On déplore  plusieurs blessés qui sont tombés sous les coups des policiers.
 
A Rabat, Casablanca,Tanger, à Fès, à Oujda etc.., ils étaient des milliers de jeunes enseignants stagiaires à protester, à manifester, contre la politique du gouvernement de M Benkirane qui a dissocié la formation et le recrutement alors que ces stagiaires demandent leur embauche à l’issue de la formation. « Ces manifestations ont été sévèrement réprimées, les enseignants stagiaires frappés à coups de matraque par les forces de l’ordre. Les images, largement diffusées sur la Toile, ont suscité la colère aussi bien chez les internautes que chez certaines figures de la vie politique marocaine. »

A l’origine de la contestation les décrets 2.15.5882 et 2.15.5889, le premier remet en cause le recrutement de ces jeunes, à l’issue de leur formation et le second réduit les bourses de ces deniers de 2.454 DH à 1.200 DH. Le gouvernement ferme la porte du dialogue et envoie les forces de l’ordre contre les manifestants. Les députés ont appelé en vain M Benkirane à ouvrir un dialogue. Pire que cela, après la répression des manifestants, celui-ci « jure » qu’il ne cédera pas

Les élèves des Centres régionaux des métiers de l’enseignement et de la formation (CRMEF)« argumentent pourtant que l’accès à ces centres n’est permis que sur concours, ce qui rejoint l’insistance du chef du gouvernement à ne recruter des personnels à la fonction publique qu’après avoir réussi un test d’admission ».

 Ce n’est pas la première fois que le gouvernement envoie les policiers et les forces axillaires pour disperser sans menagement les protestataires. Ces répressions sont régulièrement reliés sur les réseaux sociaux avec les images intolérables des manifestants en sang créent un climat tendu dans le pays depuis l’avènement des islamistes du PJD au gouvernement. Non contant de faire rater au pays sa transition démocratique, ce gouvernement fait monter la contestation dans le pays. En outre  les mouvements rétrogrades qui surfaient sur le vague du mouvement du 20 février 2011 commencent à se manifester.

Pourtant, il faut rappeler que le Maroc a échappé à ce funeste « printemps arabe » qui a jeté dans le malheur les populations arabes, avec des guerres civiles comme en Libye et en Syrie ou une reprise en main sanglante par les militaires comme en Egypte . C’est grâce en priorité à la retenue dont ont fait preuve les forces de l’ordre alors que le pays comptait en moyenne une centaine de manifestations par jour pendant plusieurs mois. En effet, contrairement à d’autres pays arabes qui sont entrés dans un cycle de violence pour aboutir à des soulèvements armées qui les ont précipité pour la plupart dans l’abime ; au Maroc les forces de l’ordre ont accompagné et encadré les manifestations sans jamais céder à la provocation. Ce sang froid a payé puisque le mouvement de contestation s’est essoufflé puis s’est éteint.

A signaler, que si le sang-froid des forces de l’ordre a été pour beaucoup dans l’essoufflement du mouvement de contestation, les réformes constitutionnelles  initiées par le Roi mais aussi les mesures à caractère sociales prises par le gouvernement ont permis d’atténuer et de calmer pour un temps la grogne sociale.

Or au lieu de s’inspirer des enseignements donnés par l’expérience récente qu’a vécue le pays, nous assistons actuellement à un glissement dangereux qui risque de dégénérer. On réprime dans le sang les manifestations, on fait la sourde oreille aux revendications sectorielles souvent légitimes et surtout on revient sur les avancées de la nouvelle constitution :  le gouvernement mais aussi l’opposition.

Alors tout cela n’est-il pas un engrenage qui risque de déstabiliser le pays ?

Source



               Partager Partager