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Mohamed Takadoum - publié le Jeudi 27 Mars à 16:54

Maroc: Mostafa Terrab; un gestionnaire hors du commun.




Au Maroc, il n’y a pas que des responsables laxistes ou corrompus, des juges véreux ou politiciens préoccupées plus par leur réélection que par l’avenir du pays et dont les élucubrations sont rapportées quotidiennement par la presse ; il y aussi des hommes compétents et intègres dans tous les secteurs et qui font avancer ce pays.



Je présente donc, à travers cet article aux lecteurs de LeMag.ma en éxemple, un homme qui allie, la compétence, la rigueur et l’intégrité morale et fait partie de ceux qui font le Maroc d’aujourd’hui et prépare celui de demain. J’espère ne pas trahir la modestie de M Mostafa Terrab en lui consacrant cet article sur Agoravox. Je sais que partout dans le monde, des hommes d’affaires, des directeurs d’organismes publics parfois avec des parcours et des profils modestes, « entretiennent » comme on dit leur image avec des interviews souvent commandés ou des portraits dans la presse plus ou moins inspirés. M Mostafa Terrab lui, travaille pour son pays dans la discrétion. Que la modestie de l’homme excuse donc mon intrusion car je considère que son exemple mérite d’être relaté.

Par ailleurs,, le Maroc n’échappe pas aux dérives démocratiques et ses travers populistes qui ont conduit par exemple des pays d’Europe à une grave crise économique. En effet, d’une part les partis au pouvoir sont obnubilés par leur réélections et font tout -surtout du populisme- en essayant de satisfaire autant que possible les revendications catégorielles et en retardant ou en se passant des réformes nécessaires avec notamment l’élimination des recours massifs à la dette pour financer l’économie mettant ainsi en otage l’avenir des générations futures ; quant aux partis de l’opposition, ils sont là pour applaudir tout échec du gouvernement donc du pays d’autre part.

Au Maroc, ce travers démocratique est atténué cependant par le pouvoir royal qui continue à garder la main sur le choix des dirigeants d’entreprises nationales et d’établissement publics stratégiques comme l’Office Chérifien des Phosphates. Un profil tel que celui de Mostafa Terrab n’aurait peut-être jamais pu éclore dans un régime de partis qui de par sa nature privilégie plus l’affiliation partisane à la compétence.

Un solide itinéraire universitaire, académique :

Né en 1955 Mostafa Terrab est titulaire en 1990 d'un doctorat d'État en Recherche Opérationnelle du Massachusetts Institute of Technology (MIT, Cambridge, USA), d'un master en ingénierie dans le même institut (1982), M. Mostafa Terrab est également titulaire d'un diplôme d'ingénieur de l'École nationale des Ponts et Chaussées de Paris (1979). Il a été professeur assistant et chercheur au MIT de septembre 1986 à août 1989 et consultant au laboratoire Draper de Cambridge au Massachusetts de septembre 1989 à juillet 1993.

Il a été professeur assistant au Rensselaer Polytechnic Institute, Troy à New-York, dans les départements des sciences de la décision et des systèmes d'ingénierie et d'ingénierie civile et environnementale.

En 1992, M.Mostafa Terrab a été chargé de mission au Cabinet Royal, il a été nommé, le 9 février 1998, Directeur Général de l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications (ANRT) avant de diriger le programme “Information pour le Développement” (Info Dev) et d'occuper la fonction de Principal spécialiste de la Régulation à la Banque Mondiale d'avril 2002 à février 2006 date à laquelle il a été nommé par le Roi MohammedVI, Directeur Général de l'OCP l’Office Chérifien des phosphates le 15 février 2006.

Ses empreintes sur les télécoms et les phosphates :

Dans les télécoms :

Au Maroc, il a mis en place et a dirigé l’Agence National de Réglementation des Télécommunications. D’après une analyse du journal TELQUEL en tant que « directeur de l’ANRT a toujours préféré convaincre de sa vision en usant d’arguments implacables, plutôt que de provoquer des ordres qui “viennent d’en haut”. Même s’il jouissait de la confiance de Hassan II, il n’a eu recours à son arbitrage qu’une seule fois. “On ne pouvait pas le déranger à tout-va, mais là l’intervention royale était nécessaire”, explique un ancien cadre de l’ANRT. A l’époque, le ministre des Finances, Fathallah Oualalou, budgétise la future licence pour un montant de 100 millions de dirhams. Un chiffre ridicule qui, inscrit dans une Loi de Finances, enverrait un message négatif aux soumissionnaires. “Suite à l’intervention de Hassan II, la ligne budgétaire a été augmentée à 400 millions de dirhams”, poursuit notre source. Au final, la deuxième licence est payée 1,1 milliard de dollars, grâce à la transparence d’un processus conduit habilement par Terrab qui crée une surenchère parmi les candidats à l’aide d’un système de notation ingénieux (bonus de 10% accordé à la meilleure offre financière). Le montant surprend tout le monde. Y compris le directeur de l’ANRT, qui s’attendait à obtenir 700 à 800 millions de dollars. »

Il a pu ainsi jeter les bases de la régulation économique et juridique du secteur des télécommunications au Maroc. Une étude réalisée par l'UIT( l’union Internationale des télécommunications) a présenté l'agence l’ANRT comme « un modèle réussi de régulation dans un pays en développement ».

Quand il a constaté que le processus de libéralisation tel qu’il l’a été conçu est dévié quelques années plus tard et suite à un diffèrent d’appréciation avec le gouvernement de l’époque, il n’a pas hésité à démissionner et repartir ensuite aux USA. Il a créé de ce fait, un précèdent dans le pays car les responsables nommés par Dahir par le Roi ne peuvent présenter leur démission mais seulement demander à être déchargés de leurs fonctions. Il rejoint ensuite, la Banque Mondiale qui voulait faire de l’expérience marocaine en matière de libéralisation des télécoms un exemple à suivre par d’autres pays en voie de développement.

A la direction de l’Office Chérifien des Phosphates :

Dans un ouvrage intitulé « L’ambition au cœur de la transformation : une leçon de management venue du Sud » écrit par Pascal Croset (consultant) et édité chez Dunod il est fait état du fait que sous l’impulsion de Mostafa Terrab, l’OCP est passé « d’une entreprise sclérosée, endettée et largement déficitaire, elle va devenir un leader mondial en pleine expansion économiquement très rentable".

Parlant de ce livre, le journal marocain L'Economiste précisait que « Oui, il est de fait particulièrement rare de trouver des travaux qui mettent en valeur des expériences managériales dans des entreprises du Sud susceptibles d’être une source d’inspiration et de diffusion des bonnes pratiques car, en matière de gestion, le verbe gérer est souvent conjugué à tort et à travers. Le plus souvent, dans ce domaine, passablement éculé et redondant du management, la « vérité », assénée par les médias, les organisations internationales, les consultants, les gourous, les chefs d’entreprises et les auteurs de best-sellers, vient du Nord et s’impose à tous comme idéal à atteindre et modèle à reproduire. Trop souvent le management a été réduit à des recettes de cuisine, des normes rigides et des schémas sophistiqués sur le papier et parfaitement incapables de remplir sa fonction primordiale qui est d'aider à produire de la richesse créatrice d'emplois et d'opportunités pour servir les hommes. De là, ma méfiance vis-à-vis des donneurs de leçons de management, surtout quand ils oublient le contexte, la culture, les finalités et le sens. »

En fait, l’auteur évoque l’incroyable transformation de la première entreprise du Maroc, l’Office chérifien des phosphates (OCP), acteur stratégique et mondial dans une activité industrielle hautement concurrentielle et sensible. L’ouvrage est le récit d’une aventure managériale, avec ses difficultés, ses heurts et ses rebondissements. Mais il nous donne aussi les clés de compréhension d’un processus d’une extraordinaire complexité : celui de la transformation radicale, improbable et réussie d’une entreprise pourtant figée et sans marge de manœuvre apparente. Pour l’éditeur « Cette leçon de management, techniquement audacieuse et conceptuellement novatrice, saura parler aux dirigeants et aux managers animés de la volonté de peser sur le cours des événements. Elle vient d’un de ces pays dits « émergents », pays qui ouvrent des voies nouvelles, y compris dans le management, jusqu’ici dominé par des standards anglo-saxons ».
Concrètement, M Terrab a réalisé une mutation en profondeur, avec une réduction massive des coûts, entre 30 et 40 %, et l'augmentation des capacités de production de 30 à 50 millions de tonnes à l’horizon 2017 afin de répondre au déséquilibre entre l'offre et la demande faisant de l’OCP le troisième pourvoyeur du pays. Et contrairement à ce qu’avance la presse algérienne les phosphates extraits de la seule mine qui existe au Sahara ; celle de Boucraa à Layaoune ne représente en tonnage que 2% de la production marocaine et 6% des ventes. Disposant actuellement de plus de 50% de réserves mondiales et avec le déclin des réserves mondiales, le Maroc est appelé à disposer de 80% des réserves mondiales vers 2020.

La construction à Jarf Ksfar de quatre nouvelles usines de fertilisants DAP (le plus courant) et MAP (phosphate mono-ammoniaque), d'une capacité de 1 million de tonnes par an chacune, permettra par ailleurs au Maroc de tripler sa capacité de production d'engrais. Celle-ci devrait atteindre 9 millions de tonnes d'ici à 2020. Avec les augmentations des tonnages exportés, les exportations des phosphates et dérivées qui représentent déjà plus 20% de l’ensemble des exportations marocaines sont susceptibles d’atteindre plus de 30% à l’horizon 2020. Voir sur cet article récent la stratégie gagnante de l'OCP.

NB: L'essentiel de cet article a été publié sur mon blog et repris sur le site Agoravox.fr sous le titre"Maroc; un homme en or pour le pays.



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