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Abdelkarim Chankou - publié le Mercredi 2 Mai à 11:58

Maroc : La vraie justice salariale




Nous venons de fêter la 56e fête du Travail qui coïncide chaque année avec le Premier Mai, le début de la saison du plein soleil, propice aux manifestations et exhibitions des organisations plébéiennes et prolétariennes.



Abdelkarim Chankou
Abdelkarim Chankou
Mais au-delà des discours des ouvriers et de leurs syndicalistes, un peu terne cette année ; au-delà de la faible mobilisation des masses malgré le beau temps (des ponts et des pots qui ont été offerts généreusement par les boss à leurs employés n’y sont pas peut-être pour rien), le Premier Mai 2012 ne s’est démarqué de ses aînés que par l’arrivée aux affaires d’un gouvernement « dit de réforme », drivé par un parti islamiste ; une première depuis l’indépendance. C’est déjà  ça.

J’ai écouté les discours des uns et des autres. Lu les slogans des uns et des autres. C’est du kif-kif au même. Soit que l’histoire éprouve trop de mal à se refaire, soit  que les ténors des syndicats en vue ont des difficultés à être imaginatifs pour ne pas dire courageux. En tout cas c’est ce qui se trouve de mieux sur le marché, actuellement. Passons. Le Smig à 3.000 dirhams clamé et tonné haut et fort par le PJD alors dans l’opposition, n’est plus qu’un lointain souvenir, un nuage d’été qui fait désordre avec le Printemps arabe. Evidemment le biscuit du moment était là. Tout croustillant qu’il est. Et les défenseurs de la veuve et de l’orphelin qui ont fait du métier un juteux fonds de commerce ont mordu dedans à plein crocs sans crier gare. Le biscuit est le projet de loi sur le droit de grève et les syndicats ; du pain bénit, du tout cuit pour les ronds-de-cuir et autres bélîtres du syndicalisme guttural, où à celui qui gueule le plus fort revient la palme du spectacle. Triste.

Mais le monde rural dans tout ça ? Rien. Le Premier Mai a toujours été une fête foraine urbaine par excellence, réservée aux prolétaires citadins. Le rural n’a rien à y faire. Or par les temps qui courent c’est l’inverse qui devrait se produire. La campagne est l’avenir de la ville. On ne le répétera jamais assez ! Il suffit en effet que le petit paysan qui se lève avec le chant du coq jette la pioche pour que le citadin se retrouve mal dans sa peau. Une peau mal nourrie est effectivement  pénible à regarder. Mieux : Même si l’on admet que le Premier Mai est une fête urbaine, aujourd’hui elle concerne plus les chômeurs que les travailleurs. Un pléonasme. Or les journalistes aimant imiter leurs collègues du Golfe et du Moyen-Orient continuent de l’appeler « Aïd al 3ommal », Fête des travailleurs. Mon œil, mon c… Et les sans emplois ? Qui constituent le gros des troupes ? De qui se moque-t-on ?

La vérité c’est qu’au Maroc du 21ème siècle, on n’en est encore à la dialectique conflictuelle ville-campagne. C’est le citadin qui décide encore pour le rural. Triste aussi.

Passons maintenant aux patrons et employeurs ; car la victime n’est pas toujours celle que l’on croit être. Dans le monde rural c’est carrément dramatique. Les chefs d’entreprises agricoles souffrent des grèves intempestives  plus que leurs collègues ou homologues  des villes. Dans ce sens que si un produit d’une usine ou manufacture urbaine peut résister à un arrêt de travail de trois ou quatre semaines voire plus, en campagne, une grève de quelques jours est suffisante pour tuer une exploitation agricole. En effet, on ne connait pas encore des tomates ou  des pommes capables de résister à une usure de temps, de l’ordre d’une semaine, sauf à les mettre dans un frigo, chose qui les disqualifient d’office du marché européen.

Par cet exemple je voudrais dire que les syndicats doivent sortir de leurs coquilles et réfléchir aux vrais problèmes du moment au lieu de continuer à prendre goût au bras de fer avec le gouvernement, même si ce dernier est parfois hors-jeu. N’est-il pas temps de réfléchir  à doter le Maroc de deux Code de travail ? L’un pour la ville et l’autre pour la campagne ; ce ne serait pas une idée saugrenue ou tirée par les cheveux, ne serait-ce que parce que l’actuelle loi du travail prévoit deux salaires minimaux, le Smig (citadin) et le Smag (rural).

Deux Codes de travail équitables et non un Code de travail à deux vitesses, c'est maintenant ou jamais ! Parfois il est nécessaire et salutaire d'innover. Il est toujours nécessaire et salutaire d'innover ! Bon sang de m ...!



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