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LNT - Fahd Yata - publié le Vendredi 14 Septembre à 16:38

Maroc-Espagne: Gardez vos chèvres, M. Cembrero !




Ignacio Cembrero, “spécialiste du Maroc” au sein de la rédaction du quotidien madrilène El Pais, vient de se fendre d’un article fort édifiant dans l’édition du 12 septembre. Ce journaliste, qui se pose souvent en donneur de leçons et de conseils, y compris aux plus hautes autorités de notre pays, toujours prompt au satisfecit pour son pays et au blâme pour le nôtre, vient en effet, de proposer un”deal” bien curieux à quelques semaines de la prochaine rencontre de haut niveau entre Rabat et Madrid.



Fahd Yata
Fahd Yata
Cembrero, qui évoque les îlots indûment occupés par l’Espagne à quelques centaines de mètres des côtes marocaines, sur notre façade méditerranéenne, souhaite que l’Espagne les rétrocède au Maroc en échange “d’une frontière civilisée pour Ceuta et Melilla”.

En clair, notre ami Ignacio propose aux Marocains de récupérer quelques arpents de rochers ingrats sur des îlots inhabités et inhabitables contre l’intégration économique et commerciale des deux enclaves espagnoles dans le Nord du Maroc !

    Quelle générosité…

Chacun sait que depuis l’avènement du règne de Mohammed VI, un vaste processus de désenclavement, de développement et de mise à niveau  infrastructurelle a été entamé pour le Nord du Royaume et l’Oriental. De Tanger Med à la Rocade méditerranéenne, du réseau autoroutier qui relie Oujda à Fès au magnifique projet de Mar Chica, en passant par le projet de TGV Tanger Rabat, ce sont des actions fortes et pérennes qui ont été initiées, réalisées ou en cours d’exécution, sans parler de TFZ et des milliers d’entreprises qui s’y sont installées.

Cembrero, qui suit avec attention l’actualité marocaine, le sait fort bien et a pu constater, comme beaucoup d’autres, que le paysage économique et social de l’Oriental et du Nord du Maroc a énormément changé, dans le sens du développement, du progrès, du mieux-être des populations.

À l’opposé, les deux enclaves de Ceuta et Melilla se meurent, elles qui constituaient de véritables chancres pour l’économie marocaine, fiefs des mafias de la contrebande et de tous les trafics, siège des exploiteurs des populations du Nord qui n’avaient jusque-là d’autres choix pour survivre que de cultiver le haschich ou de porter sur le dos des ballots de marchandises entrées illégalement pour être revendues dans les souks de Fnideq, Nador ou Tétouan !

Aujourd’hui, le Nord se développe, Tanger Med fait pâlir de rage ses voisins du Nord, et même les entreprises espagnoles, épuisées par la crise qui sévit chez elles, s’y délocalisent à grande vitesse !

L’Espagne s’enfonce dans le marasme économique quand le Maroc, malgré tout, réussit des taux de croissance autour de 5 % depuis plus de sept ans !

N’en déplaise à ce cher Ignacio, l’avenir de l’Espagne passe plus par le Maroc que par l’Union européenne, mais pas de la façon dont il le conçoit.

Sebta et Melilla sont terres marocaines et elles retourneront à la mère patrie, tôt ou tard. Mais elles ne méritent ni que l’on fasse la guerre pour les récupérer, ni que l’on obère tous les efforts financiers et humains consentis depuis le début de la “nouvelle ère” pour intégrer ces deux places fortes de l’informel à notre tissu économique.
Si les harragas africains utilisent les îlots de Vêlez, les Jâffarines, Leïla et autres pour tenter de prendre pied en Espagne, cela doit se régler suivant les conventions maroco-espagnoles de lutte contre l’immigration clandestine. Non par l’insertion de deux “chevaux de Troie” au sein de notre tissu économique.

Et nul doute que les habitants de ces enclaves, qui disposent de la double nationalité, se rendront compte, tôt ou tard, que le passeport vert vaudra autant et même plus que celui de Schengen. En application du principe que “l’herbe est toujours plus verte chez le voisin”…

Alors, cher Ignacio Cembrero, gardez vos îlots pelés pour y envoyer quelques soldats brûler sous le soleil à côté des chèvres qui y broutent une pauvre pâture.

Ceuta et Melilla, territoires marocains, seront certainement mûres pour la rétrocession le jour où Madrid comprendra que cela coûte plus cher à l’Espagne de les porter financièrement à bout de bras que de les rendre à leurs ayant-droits légitimes.

Et puisqu’il s’agit de refuser ce cadeau empoisonné d’un journaliste qui n’a jamais porté le Maroc et les Marocains dans son cœur, on lui rappellera, en guise de conclusion, cette citation tirée de   l’ Iliade de Homère, reprise par Virgile : « Timeo Danaos et dona  ferentes ».


Tagué : Fahd Yata

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