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Kamal Znidar - publié le Lundi 22 Juillet à 05:10

Maroc : Arrestation d'un groupe de déjeuneurs du ramadan




Chaque année, les forces de l'ordre marocaines arrêtent des dizaines de déjeuneurs du ramadan dans toutes les villes du royaume. Ils sont pour la plupart condamnés à de la prison ferme.



Maroc : Arrestation d'un groupe de déjeuneurs du ramadan
Cette année n'a pas fait l'exception. Dans la ville de Salé, les forces de l'ordre ont arrêté un groupe de jeunes marocains qui rompent le jeûne du mois de ramadan dans un café près la plage.

Pour éviter des scénarios de la sorte, des grandes surfaces qui ne ferment pas leurs portes pendant la période du jeûne des musulmans tel que McDonald's ont pris la décision de ne servir que les enfants et les non-musulmans au Maroc. Pour cela, elles transforment leur personnel en agent d'autorité qui peuvent exiger des papiers d'identité pour s'assurer que le client est bien-autorisé à manger sur place.

Ceci ne plait pas aux apostats et aux militants des droits humains. Mais ces grandes surfaces, si elles n'agissent pas de cette manière, elles vont s'attirer les foudres de la justice marocaine… Au royaume des alaouites, nombreux sont les délateurs qui vont porter plainte contre ces grandes surfaces si elles servent les marocains.

Le Maroc est une société hostile aux signes ostentatoires de l'apostasie. Dans ce pays, la souffrance des déjeuneurs du ramadan et le reste des apostats marocains est une réalité, pas un mythe. Quasi-inexistante dans les quartiers luxueux, elle est souvent présente dans le reste des milieux du Maroc.

Dans les quartiers luxueux, l'identité des apostats, leur liberté et leurs droits, sont souvent respectés. L'apostat peut -à titre d'exemple- manger, boire, fumer librement pendant la période du jeûne des musulmans, rares sont les habitants de ces milieux qui vont le critiquer.

Par contre, dans les quartiers populaires, les bidonvilles et le reste des milieux pauvres, la situation est complètement différente. L'apostat, s'il affiche publiquement son apostasie, -fort probable- les portes de l'enfer vont s'ouvrir sur lui. Dans ces milieux, les habitants tolèrent beaucoup de péchés, mais pas le rejet total de l'Islam.

Les apostats vivant aux environnements pauvres et marginalisés souffrent de la discrimination et sont souvent victimes de la vindicte. Les lynchages publics par la foule et les arrestations par les autorités sont souvent le sort de tout apostat qui ose défier la société en mangeant, buvant ou fumant pendant la période du jeûne des musulmans.

La Constitution du pays garantit la liberté de culte, mais pas aux citoyens notoirement connus pour leur appartenance à l'Islam. L'article 222 du Code pénal marocain prévoie une peine d'un à six mois d'emprisonnement à tout marocain de confession musulmane qui rompt ostensiblement le jeûne dans un lieu public pendant le ramadan.

En plus de la liberté de culte, le droit marocain ne garantit pas le respect des libertés d'opinion et d'expression des apostats. L'article 220 du Code pénal marocain condamne les apostats du Maroc à vivre en cachette leur apostasie, ne jamais exprimer leur opinion, leurs désaccords avec la religion islamique, garder le silence sur ces causes qui animent leur rejet de l'Islam et devenir des hypocrites qui montrent qu'ils sont "musulmans" alors que dans la réalité, ils sont loin de l'être.

La souffrance des apostats aurait pu être pire que ça si les fatwas du Conseil supérieur des oulémas étaient une source législative au Maroc. Ce Conseil présidé par l'émir des croyants, le roi Mohamed VI, prévoie la peine de mort comme sanction à tout marocain notoirement connu pour son appartenance à l'Islam qui apostasie sa religion.

Le Conseil supérieur des oulémas, si ses fatwas légitimant l'assassinat des apostats ne tuent plus au Maroc, les rumeurs mensongères propagées par ses membres et le reste des imams du Maroc condamnent à l'échec des mouvements sociaux ou politiques. Il suffit que le système invente des rumeurs mettant en doute la religiosité d'un mouvement pour que sa lutte soit discréditée et rejetée par la majorité des marocains.

Le dernier mouvement victime de ces propagandes diabolisant les forces de l'opposition était le mouvement du 20 Février. A cause de ces clichés (déjeuneurs, apostats, islamophobes, homosexuels, etc.) qui suscitent la colère de la rue marocaine, les manifestations de ce mouvement ont été nombreuses fois attaquées par les habitants des quartiers populaires.



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