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Mohamed Takadoum - publié le Jeudi 14 Novembre à 19:22

Maroc - Algérie : ne faisant pas d’amalgame, le peuple algérien est d’abord un peuple frère






La récente crise dans les relations entre le Maroc  et l’Algérie a vu éclore dans notre pays une série d’articles et de commentaires faisant l’amalgame entre le peuple algérien et ses dirigeants. Or il n’en est rien car le peuple algérien souffre le premier de la caste au pouvoir dans son pays depuis son indépendance  d’une part alors que des liens de sang, des liens  culturels et linguistiques tissés à travers des siècles font de ces deux peuples des peuples frères d’autre part.

La récente crise dans les relations entre le Maroc et l’Algérie a vu éclore dans notre pays une série d’articles et de commentaires faisant l’amalgame entre le peuple algérien et ses dirigeants. Or il n’en est rien car le peuple algérien souffre le premier de la caste au pouvoir dans son pays depuis son indépendance d’une part alors que des liens de sang, des liens culturels et linguistiques tissés à travers des siècles font de ces deux peuples, des peuples frères d’autre part.

D’abord les deux peuples sont victimes d’une incompréhension historique. En effet, les relations tumultueuses entre Rabat et Alger ont pour objet un passif historique perçu différemment dans les deux pays. Cette incompréhension remonte à la colonisation de l'Algérie et la résistance menée par l'Emir Abdelkader. En effet Moulay Abderrahmane - sultan du Maroc à l'époque- avait soutenu le chef de la résistance algérienne l'Emir Abd el-Kader contre la colonisation française. De ce fait, un conflit a éclaté entre l'armée française et l'armée marocaine conduite par le Sultan Moulay Abderrahmane. Cette bataille s'est terminée par la défaite de cette dernière à Isly (14 août 1844). Par le traité de paix qui lui était imposé, le Sultan reconnut la présence française en Algérie et s'engagea par conséquent à ne plus soutenir l'Emir Abdelkader lequel après avoir mené une guérilla se rendit aux Français.

Pour les Algériens, c'était une trahison du sultan du Maroc, mais pour les Marocains au contraire, la bataille d'Isly qui s'est soldée pour le Maroc par la perte de 800 hommes est un signe de solidarité dont les conséquences furent lourdes pour le pays : un tracé des frontières imposé par la France, l'affaiblissement du Pays qui a conduit à la perte de Tétouan en 1860 au profit de l'Espagne et un peu plus tard à la partition du Maroc entre la France et l'Espagne.

Pendant l'occupation française de l'Algérie, la France a annexé de larges portions du territoire marocain notamment en 1900 et 1901. A l'indépendance du Maroc, Mohammed V a refusé l'offre de la France de restituer ces territoires en contrepartie de ne plus héberger les combattants du FLN. Le roi Mohammed V voyait cette proposition comme un « coup de poignard dans le dos » des « frères algériens » et parvint séparément à un accord le 6 juillet 1961 avec le chef du Gouvernement provisoire de la République algérienne, Ferhat Abbas.

A leur indépendance les autorités algériennes ont refusé de discuter du sujet alors même que lors du référendum d'indépendance en Algérie, les habitants de Tindouf indiquaient sur leur bulletin : « OUI à l'indépendance, mais nous sommes marocains ». Ceci entraina les deux pays dans une guerre en 1963.

Les conséquences de cette guerre pour les deux pays étaient lourdes. Les deux régimes ne se sont vraiment jamais réconciliés depuis. Alger a toujours reproché à Rabat cette guerre ce qui l'a entrainé à vouloir déstabiliser le régime marocain de Hassan2 par opposants interposés. Cela s'est aussi traduit par l'expulsion de 350 000 ressortissants marocains établis en Algérie dans des conditions souvent inhumaines. Les autorités algériennes reprochent de leur côté aux marocains d’avoir en 1973 dépossédés sans indemnisations des algériens des terres acquis au Maroc.

Enfin, la création du Polisario au départ un mouvement de libération du Sahara sous occupation espagnole sous l'égide du Maroc et qui va être rapidement instrumentalisé par les dirigeants de l’Algérie contre son voisin de l’Est.

Ce passif historique, et bien qu’il soit au détriment du Maroc du fait des gouvernants d’Alger et non du peuple algérien, devait donner lieu à des négociations directes a été largement instrumentalisé par ces mêmes gouvernants pour maintenir la tension entre les deux pays et surtout pousser le peuple algérien à la haine de son voisin de l’Est. En fait, cette détestation du voisin de l’Est était devenue un des fondements de la politique des gouvernants d’Alger, incapables de moderniser le pays, de le doter d’institutions crédibles, de diversifier son économie et de répondre aux aspirations de sa jeunesse.

N’est-ce pas ce peuple qui a tant souffert, d’abord à travers la colonisation qui a fait de ce pays un département français alors que les deux autres pays du Maghreb (Maroc, Tunisie) n’étaient que sous protectorat. Le fait colonial a réduit ses habitants autochtones à des « citoyens » français « indigènes » de second ordre et a essayé de gommer l’identité arabo-amazighe et musulmane de sa population. Alors que l’indépendance n’a été acquise qu’en payant un lourd tribu (des centaines de milliers de morts). Dans les années 90, la décennie noire comme l’appellent les algériens et la lutte contre le terrorisme islamique s’est soldée par 100 000 à 200 000 morts.

Après ce lourd tribu, le pays était en droit d’espérer une mobilisation des énergies faisant de la manne pétrolière qui se tarit une opportunité de bâtir une économie moderne et diversifiée. Alors que l’Algérie est le premier pays producteur qui risque de devenir un pays importateur de pétrole, (d’après des experts pétroliers) le pays s’est renfermé sur lui-même. Des économistes surtout algériens ne cessent pointer du doigt cette sorte « d’autarcie » dans laquelle évolue l’économie algérienne et qui n’est plus compatible avec la mondialisation.

En effet, d’après les documents de Wikileaks sur l’Algérie rapportés par le presse algérienne, le président « Bouteflika est son propre ministre de l’Extérieur, et sa conception politique régionale n’a pas évolué depuis les années 1970 ». « La seule approche de M Bouteflika et de son équipe est la dépense de milliards de dollars dans des infrastructures et des projets grandioses ». En vain. La raison, en est, selon les diplomates « la bureaucratie, les lourdes réglementations, la centralisation ralentissant les projets et empêchant les nouveaux investissements privés ».Il y a « un manque de vision au sommet ». « Bouteflika et son équipe ne savent pas que s’ils veulent que l’Algérie intègre l’économie de marché mondiale, ou si le gouvernement doit perdurer dans le contrat social des années 1960-1970 », est-il affirmé dans le document.

En prenant ces jugements avec précaution, force est de constater que le Président Bouteflika a réussi à faire sortir son pays de cette décennie noire du terrorisme et c’est ce que gardera peut être l’histoire de son passage à la tête de l’état algérien ; mais il n’a tout de même pas réussi jusqu'à présent à mettre les algériens au travail et a maintenu le pays renfermé sur lui-même sans normaliser ses relations avec ses voisins. Or, des économistes surtout algériens ne cessent de pointer du doigt cette sorte « d’autarcie » dans laquelle évolue l’économie algérienne et qui n’est plus compatible avec la mondialisation, car le pays ne peut plus se contenter de gérer la rente pétrolière, il est appelé à diversifier son économie pour préparer l’après pétrole.

Tout cela pour dire en conclusion qu’il nous faire la part des choses dans nos relations avec l’Algérie. Les premières victimes des gouvernants d’Alger c’est d’abord, ce peuple algérien frère. Les actes anti –algériens sont mal venus et doivent être dénoncés. Cet énergumène qui a souillé le drapeau algérien sait-il que nos parents et grands-parents se sont battus aussi pour ce drapeau et pour l’indépendance de l’Algérie ?



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