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Chaalal Mourad - publié le Jeudi 21 Mai à 17:58

Maghrébin et fier de l'être !




"Bâtir l'UMA, crever tous les abcès, régler tous les dossiers, se détacher peu à peu des influences néfastes des ex colonisateurs et de certains pays occidentaux trop influents, dans la gestion de nos conflits territoriaux. Des ingérences qui fragilisent l’exercice du pouvoir et la prise de décisions chez nous. Ces pays interférent négativement dans la décision d’intégration maghrébine, cela saute aux yeux".



L’Union du Maghreb arabe UMA était et reste à jamais, une revendication légitime des peuples maghrébins, qui se partagent en fait, la même géographie, la même histoire et se retrouvent, hélas, face aux mêmes défis.

Cette entité géopolitique qui nous tient à cœur, est en fait, le seul moyen, capable de régler les problèmes liés au développement dans cette région stratégique, ainsi que, les querelles territoriales, qui menacent dangereusement sa stabilité. Le dossier du Sahara occidental, plus que tous, est celui qui envenime sérieusement les relations bilatérales entre Alger et Rabat, jette une ombre néfaste sur le devenir de cette région et entrave le processus de concrétisation de ce projet, pourtant si cher à nos cœurs.

Cet espace, qui sera d'abord, politique, économique et sécuritaire par obligation, mais surtout, et c'est le plus important, un espace de droit, où "la citoyenneté locale" s'estompe, sans se dissoudre complètement, dans la grande citoyenneté maghrébine; son réceptacle juridique naturel, la résultante globale, de toutes les entités cultuelles et culturelles, appartenant historiquement à cette zone .

À titre d'exemple, l’intégration de l’Espagne à l’EE, en 1986, a permis que le dossier des communautés historiques, la Basque notamment, qui causa moult tracas, aussi bien à Madrid qu'à Paris, soit abordé sous un angle totalement différent et moins passionnel qu’avant.

Ces communautés historiques, qui depuis l’intégration de l'Espagne au réceptacle mère européen, ont complètement changé de stratégie; elles semblent opter pour des moyens non violents et plus civilisés, afin de concrétiser leur rêve d’indépendance, resté toujours vif.

L’Europe, étant devenue ainsi, un espace de droit, des libertés et des "valeurs humaines", reconnues et partagées par tous, elle ne permettait plus à de tels conflits, de s’exprimer si aisément qu’avant, c’est à dire, à coups de violence, d’impunité, de bombes, d’assassinat politique de l’ETA, ou même, de" Sales Guerres", pratiquées par le gouvernement espagnol à l’encontre des factions séparatistes et dont le titre le plus évocateur, fut les GAL’s (groupe antiterroriste de libération).

Plus qu’une nécessité de géostratégie, le Maghreb arabe ou celui des peuples, qu'importe l’appellation, est un défi de taille pour notre génération.
Léguer un cadeau piégé, si lourd et si dangereux, que celui du Sahara occidental, est une option trop dangereuse pour les générations futures.

En toute évidence, ce dossier est soumis à moult influences extérieures, qui entravent tout alternative ou issue sérieuse, juste et équitable.

Face à cette situation de blocage, les futures générations vont se retrouver malheureusement fortes dépourvues.

Une guerre fratricide, destructrice et idiote, sera pour elles, l'unique et ultime choix disponible, je le crains. Un affrontement armé désastreux, qui catapultera notre Maghreb à des siècles en arrière. Un Maghreb qui peine déjà, à concrétiser un développement soutenu, qui se cherche dans le passé, au lieu de bâtir son futur, et tout cela, au grand bonheur des espaces géostratégiques riverains et rivaux, qui font tout, pour pérenniser ces conflits latents chez nous.

Face aux dangers colossaux qui nous guettent, les risques de divisons territoriales, préconisées par le nouveau Moyen-Orient, le NMO, sur des bases ethniques et / ou religieuses. La recrudescence anormale et contagieuse du terrorisme religieux, avec sa nouvelle variante "Deach", une version revue et corrigée "del Qaïda ", fermentée et encouragée par cette entropie sociopolitique arabe, appelée " printemps arabe ".

Cette entropie sociale, d’apparence innocente et légitime, mais qui cachent indubitablement une lame de fond désastreuse; l’enclenchement du processus "pré NMO"lui-même, qui menace d'une façon singulière, l'existence même de nos États-nations, puis qu’il vise le morcellement de nos pays, sur des bases ethniques. Le facteur religieux, est exploité comme catalyseur et accélérateur, dans cette réaction de dissociation territoriale, qui sera traumatisante.

Bâtir l'UMA, crever tous les abcès, regeler tous les dossiers, se détacher peu à peu des influences néfastes des ex colonisateurs et de certains pays occidentaux trop influents, dans la gestion de nos conflits territoriaux. Des ingérences qui fragilisent l’exercice du pouvoir et la prise de décisions chez nous. Ces pays interférent négativement dans la décision d’intégration maghrébine, cela saute aux yeux.

Promouvoir la culture démocratique et les droits de l’homme y compris, celui de reconnaître les identités historiques, culturelles et cultuelles aux peuples maghrébins, sur la terre de leurs ancêtres y compris , leur droit à donner un nom à leur citoyenneté. Une citoyenneté, qui sera obligatoirement reconnue internationalement, intégrée ensuite à l’identité maghrébine et donc, mentionnée clairement dans le statut de l’Union comme telle. Cette identité mère, deviendra alors, l’identité résultante de toutes les identités composées, celles de tous les maghrébins sans exception.

Une constitution maghrébine solide, intelligente, bien pensée et bien rédigée, conçue sur bases des valeurs universelles ainsi que, celles de nos propres cultures, est une exigence populaire. Les limites territoriales inter-pays, seront tout bonnement, remplacées par le périmètre du grand Maghreb arabe. Ceci est, à mon avis, une nécessité impérieuse de géostratégie pour les peuples de cette région, afin de préserver l’intégrité territoriale de notre Maghreb, objet à convoitises.

Les antérieures tentatives d’unification au sein du monde arabe ont été un échec, les causes furent diverses et pourtant, les invariants du diagnostic ont demeurés les mêmes: absence de rationalisme dans la démarche, l’émotionnel et l’élan étaient malheureusement de mise, la non-implication citoyenne, absence de constitution ou de statut clairs et intelligents, la non-création d’institutions solides, qui gèrent et protègent l’union, à l’instar du Conseil d’Europe par exemple.

Bien que les valeurs de démocratie, de citoyenneté et des droits de l’homme, toujours mises en arrière plan chez nous, ainsi que, le penchant de domination d’un pays sur les autres, soient à mon avis, les facteurs décisifs, dans l’avortement de ces projets d’Union.

À première vue, la démarche intégrationniste est plus aisée entre pays démocratiques, qu’ils soient monarchiques ou républicains; du moment qu’ils partagent les mêmes valeurs.

Chez les autres, l’unification entre républiques et monarchies, c'est-à-dire, entre régimes d’apparence "antagoniques ", qui en plus, se trouvent en querelles incessantes, pour une chose ou pour une autre, est une œuvre difficile. Ces régimes pensent à tort, qu’ils n’ont aucun intérêt stratégique à défendre en commun, ni de défis majeurs à relaver ensemble. Et qui, de surcroît, ils ne ressentent aucune pertinence, ni intérêt à promouvoir ces valeurs chez eux et encore moins, les partager avec d’autres, ce qui rend l’œuvre d’unification quasiment non réaliste.

Heureusement , on ne se trouve plus dans cette configuration, en effet, les menaces qui nous guettent sont devenues plus sérieuses et plus dangereuses, que les intérêts à maintenir un conflit en statu quo. Les choses ont donc bien changé depuis, pour preuve, le C.C.G (le Conseil de coopération des pays du golf), via lequel, les Arabes viennent de montrer au monde, qu’ils sont capables, quand ils le veulent, de relever les défis et bâtir des entités géostratégiques solides, sur des stratégies politiques, économiques et militaires modernes et rationnelles.

Crée initialement à l'initiative de Riyad, le 26 mai 1981, le C.C.G avait pour buts : contrer les débordements possibles de la révolution islamique iranienne et limiter les répercussions de la Guerre Iran-Irak sur les monarchies de la région.

Face aux défis que pose le développement dans la région du golf et ceux des menaces sécuritaires singulières qui ont surgi, nos frères du golf ont mis en sourdine, voire même,pu outrepasser les querelles diplomatiques, pour aller de l’avant dans la construction de leur projet géostratégique et ils avaient raison.

Cette entité qui, sans aucun doute, aura son mot à dire dans divers dossiers relevant du monde arabe, aussi bien, du Machreq , que du Maghreb. Ce dernier resté, hélas, et je le dis avec amertume et tristesse, le grand absent dans la scène de la diplomatie internationale et plus concrètement, dans des conflits relevant normalement et naturellement de sa compétence géostratégique et territoriale directe, la Libye, le Mali, en sont là, pour nous le rappeler.

Les tentatives séparées, du Maroc et de l’Algérie à réunir les belligérants dans ces pays au tour de la même table, sont louables, néanmoins elles demeurent bien en deçà de ce que l’Union pouvait réaliser, en un temps plus court et en usant de moyens plus convaincants.

En 2011, le CCG avait invité le Maroc à intégrer son espace qui, naturellement, n’est pas le sien. Chose que le Royaume chérifien avait retenue et "implicitement "signalé dans sa réponse à cette offre. Le Maroc préconisait en fait, une démarche progressive vis-à-vis du CCG, via une approche partenariale et graduelle avec cette entité régionale, certes, arabe et musulmane, mais trop loin de nous culturellement et géographiquement parlant.

L’Algérie et le Maroc sont le cœur du Maghreb arabe, l’appartenance à la dimension maghrébine est pour ces deux pays-frères, une évidence indiscutable, en fait, elle est leur principale projection stratégique et un label de diplomatie internationale.

Pour ces deux pays, le fait de rester en dehors de son propre "agroupement" territorial naturel, attise la convoitise à la captation par les autres espaces géostratégiques, sous des alibis, aussi loin des intérêts réels des peuples de la région ou des économies de leurs pays et qui ne vise en somme, qu’accentuer le déchirement.

Cette convoitise tiendrait peut être, à l’expérience tirée de l’ASEAN, du NAFTA (Accord de libre-échange nord-américain, de l’UE, où les " économies motrices" avaient gagné en croissance grâce à l’élan de rattrapage des économies en transition, qu’y ont été intégrées.

Contrairement à l’Algérie, dont la constitution actuelle, décrit furtivement notre pays, comme étant une partie indissociable du grand Maghreb arabe. La nouvelle constitution marocaine, exhibe clairement cette projection et engage ce pays à œuvrer dans le sens de la construction de l’Union maghrébine.

En ce sens, le choix de société fait, aussi bien par l’Algérie que par le royaume chérifien, étant fondamentalement différent de celui des pays du Golfe ou ceux de l’Europe. Pourtant, ce dernier se trouve géographiquement plus proche de nous.

Adopter intégralement le système des valeurs européennes, trop en avances aux nôtres, du moins en pratique, demeure une œuvre trop osée, précipitée et non réaliste pour les pays maghrébins, qui puisent dans d'autres puis socioculturels.

En effet, toute construction intégrationniste, suppose comme un pré requis minimal, en critères de convergences institutionnelles, normatives, politiques et bien sûr, en valeurs culturelles partagées.



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