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Kamal Mansour - publié le Lundi 18 Mars à 13:03

Libertés individuelles et collectives dans la pratique quotidienne au Maroc




L'ouverture démocratique annoncée par la nouvelle Constitution reste toujours sujette aux interprétations et aux lectures individuelles des personnes investies de l'autorité locale et des pouvoirs de police. Il est donc connu qu'au Maroc il y a, depuis toujours, du chemin à faire entre la théorie et la pratique.



Certes l'annonce d'une nouvelle Constitution par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, notamment le volet portant sur les libertés individuelles et collectives, a suscité beaucoup d'espoirs dans la société marocaine lassée par les politiques de replâtrages suivie jusque là.

Le vote massif en faveur de ce texte et notamment le taux de participation à ce scrutin ont démontré sans conteste l'intérêt porté au sujet par le peuple marocain, mais une bonne partie de la société marocaine a déjà déchanté ou est en voie de le faire si une critique objective ne rectifie pas les choses à court terme.

De ce fait les chapitres réservés aux libertés individuelles sont très clairs et donnent aux citoyens et citoyennes marocaines un champs d'action très large, mais dans la pratique quotidienne on constate que ces libertés peuvent être bafouées à tout moment par des agents d'autorité ou par des agents de police.

Ces deux catégories d'agents de l'Etat sont citees parce qu'elles sont en contact permanent et par conséquent souvent en conflit avec les citoyens en raison des missions dont elles sont investies. Aussi, souvent l'accomplissement de ces missions se transforme rapidement en abus d'autorité et en exactions policières.
Très souvent, les raisons se résument à des lectures étriquées ou subjectives , ou tout simplement une ignorance des dispositions constitutionnelles sur ce chapitre des libertés individuelles.

Un exemple, un contrôle d'identité peut, selon le tempérament d'un agent de police signifier une opération de pointage soit sur les lieux de l'interpellation soit au commissariat ou même une incarcération. Pour justifier son interpellation ce policier peut inventer une dizaine de raisons et pour incarcérer le soi-disant mis en cause, les motifs ne manqueront pas le cas échéant.

Dans le domaine des libertés collectives la situation est plus critique. Alors que la nouvelle constitution garantit un champ large de libertés, les interdictions se multiplient et de pacifiques manifestations finissent par des bastonnades avec des moyens démesurés sur la voie publique.
Ces interdictions et ces bastonnades systématiques ne sont nullement suivies par des enquêtes et cette situation n'est pas sans avoir un impact négatif sur l'image du en matière de droits de l'homme.

Alors que la logique veut que les associations de défense des droits de l'homme soient perçues et traitées en tant que partenaires pour réctifier les erreurs et améliorer l'image du pays déjà égratignée, elles sont considérées comme des parties adverses.

Un exemple significatifs pour terminer sur ce chapitre; la campagne menée contre les cafés de chicha qui tourne à l'anarchie. Sans aucune base légale des descentes de police sont opérées finissent par des incarcérations et des présentations pour des motifs relevant de l'imaginaire des services de police alors que cette activité est considérée comme un phénomène tout à fait banal dans d'autres pays.

Pour conclure, force est de constater que même avec les dispositions très en avance de la nouvelle constitution, il y a toujours des responsables qui continuent à donner des instructions en contradiction totale avec la nouvelle vision en matière des droits de l'homme voulue par les hautes autorités du pays.


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