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Amzil Lahoussine - publié le Mardi 29 Avril à 16:59

Les vulnérabilités des espaces urbanisés au Maroc et modalités d’intervention étatique






Il semble que le Maroc a pris conscience de l’état préoccupant de la dégradation environnementale de la ville et de la nature en général. Néanmoins, nous vivons dans une grande dégradation ayant pour origine l’explosion démographique et la concentration urbaine.

La protection de l’environnement est un pilier du développement durable. Et l’état de l’environnement du Maroc repose essentiellement sur les milieux physiques, les activités humaines, la biodiversité et le milieu naturel, le contexte institutionnel, juridique et financier, l’éducation, la communication et le climat. Malheureusement, notre environnement est en dégradation continue.

Les concentrations de polluants dans l'air sont les indicateurs d'une pollution atmosphérique. Ainsi, on appelle pollution atmosphérique "l’introduction par l’homme, directement ou indirectement, dans l’atmosphère et les espaces clos, de substances ayant des conséquences préjudiciables de nature à mettre en danger la santé humaine, à nuire aux ressources biologiques et aux écosystèmes, à influer sur les changements climatiques, à détériorer les biens matériels, à provoquer des nuisances olfactives excessives". (Extrait du Code de l'Environnement français).

Au Maroc, les centrales thermiques qui produisent l’énergie électrique fonctionnent au fuel ou au charbon. Par ailleurs, les imbrulés de ces matières sont éparpillés soit dans l’atmosphère via les cheminées ou dans la mer et les égouts. Les industries chimiques, métalliques, métallurgiques et du textile contribuent aussi à la pollution, sans oublier de citer celle en milieu urbain liée au trafic routier qui ne cesse d’augmenter quotidiennement. A bien y regarder, le développement des moyens de transport est en effet fortement tributaire des produits pétroliers. Ainsi, la forte consommation dudit secteur et sa forte contribution aux émissions des gaz à effet de serre, le placent justement à la tête des pollueurs à l’échelle nationale.

Quant à la régression des surfaces couvertes de forêt, c'est un phénomène très ancien au Maroc. Nous assistons à une exploitation excessive et anarchique de certaines essences forestières. Ce phénomène est aussi responsable des émissions de gaz à effet de serre qui représentent l’un des facteurs à l’origine du récent réchauffement climatique.

La désertification constitue ainsi un problème majeur de développement et ses effets ont des retentissements plus globaux : biodiversité, changements climatiques et ressources en eau. Étroitement liée à l'activité humaine, la dégradation des terres constitue à la fois une conséquence du sous-développement et une entrave majeure au développement durable des zones sèches.

Le processus de dégradation et de transformation du sol causé par le climat ou l’action de l’homme : pratiques agricoles ou urbanisation, nuit sérieusement à l’environnement et à son soubassement très fragile. Mais, Lorsque la population n’est pas contrôlée par un moyen, elle double presque tous les vingt ans et on connaît une croissance exponentielle. La surpopulation est un frein au développement et entraine des incidences sur l’évolution en favorisant le déclin de la biodiversité.

Les villes marocaines ont connu ces dernières décennies une croissance considérable qui s’est manifestée par l’afflux massif des populations vers les grands centres urbains et l’accroissement des constructions de tout genre, moyennant une certaine vulnérabilité.

Par ailleurs, la vulnérabilité est un système qui dépend d’un grand nombre de variables. Ces variables peuvent être naturelles ou humaines et favorisent des situations dangereuses pour la population exposée. Ce qui est perçu existe, mais la réalité est dans la limite de la compréhension du sens objectif de la subjectivité des citoyens. Dans le milieu urbain, la vulnérabilité tire ses racines soit dans le fonctionnement de la ville ou à l’extérieur. Autrement dit, la vulnérabilité se montre comme la disposition d’une société à subir des dommages d’un phénomène anthropique ou naturel.

Les facteurs socio-économiques de vulnérabilité sont dus généralement aux modes d’utilisation et d’occupation du sol. La spéculation foncière, l’exode rural et la recherche de la proximité des centres de la ville sont généralement des facteurs qui poussent la population à occuper les terrains à risque.

Quant aux facteurs psychosociologiques de vulnérabilité, dans la plupart des cas, les citoyens ne se rendent pas compte qu’ils vivent dans des endroits très dangereux ou à force de s’habituer-la contagion ou la sociologie de la foule-, ils oublient le danger jusqu’à ce qu’il se fond avec le décor du quotidien où le signifiant se mélange avec le signifié d'où le point nodal. Or, au fur et à mesure de la sous-estimation de ce risque, ces citoyens baissent la garde devant un risque qui s’avère parfois très dangereux pour leur santé et celle de leur progéniture et c'est là où le bât baisse et blesse et l'Etat n'a pas encore la mainmise. Comment se fait-il donc que ces personnes exposées vivent quotidiennement avec le risque ?

Lesdits risques s’ajoutent à d’autres contraintes d’ordre économique et social et enfin de compte s’en trouvent relativisées.

Eu égard à ce qui précède, la société marocaine, toute catégorie confondue, est appelée à respecter l’environnement. Nous assistons à une forte expansion urbaine n’intégrant peut être pas les conditions de développement. Certes, protéger et respecter est parfois très difficile à inculquer dans les esprits et les comportements, mais un baromètre est à prévoir afin d’évaluer la pollution industrielle, le comportement des citoyens, la déforestation, la pénurie d’eau, la désertification et la surpopulation. Il vaut mieux prévenir que guérir, cependant, il faut prendre des mesures rigoureuses et drastiques et mettre en œuvre des démarches pour lutter contre les espaces anthropisés et la fragilité socio-économique au Maroc, sans pour autant négliger les éléments vulnérables qui peuvent être également d'ordre social, culturel, esthétique ou encore environnemental. Les enjeux sont aussi d'ordre géographique lorsque les modalités de développement d'une ville ou les hiérarchies urbaines dans une région donnée peuvent être remises en question. Ces éléments demeurent importants et à considérer pour une approche globale de la vulnérabilité.

Les impératifs du développement risquent donc, si les mesures nécessaires ne sont pas prises, de conduire à une dégradation du patrimoine marocain et à une augmentation rapide de la pollution. Une connaissance approfondie des problèmes de l’environnement, venant d’une analyse des interactions entre les activités du développement et leurs impacts sur l’environnement est indispensable à toute politique cohérente de développement durable.

Pour une meilleure exploration de cette stratégie, l'Etat doit ou peut apporter des éléments de réponse aux questions suivantes :

* Comment peut-on délimiter les espaces urbanisés ?

* Quelles sont les vulnérabilités nécessitant des garde-fous ?

* Comment extrapoler les interrelations populations et environnement ?

* Comment contrôler les activités humaines ?

* Quel est le contexte institutionnel, juridique et financier de notre environnement ?

* Revoir la stratégie d’information et de communication relative à l’environnement ?

* Quelle est la fréquence de sensibilisation sur l’état de l’environnement ?

* Est-ce- que l’Etat réalise l’évaluation et la réduction de la vulnérabilité et la fragilité ?

En fait, l'Etat est amené à analyser la vulnérabilité des espaces urbanisés ainsi que la situation actuelle et la politique installée, à étudier les risques environnementaux, les impacts et les enjeux socio-économiques en vue de proposer des alternatives et une série de mesures et d’actions, à établir un diagnostic rigoureux et drastique afin d’avoir un bilan global. Ensuite, l'Etat projettera une analyse fine de la réalité des espaces anthropisés, de vulnérabilité des milieux et de l’impact environnemental et socio-économique, ce qui lui permettra de mettre le doigt sur les « dysfonctionnements » ou anomies constatés et d’en déterminer les raisons. L'agrégat l'amènera à une série de recommandations et des mesures de précautions visant à atténuer ou à éradiquer les vulnérabilités et d’apporter un regard particulier sur ces vulnérabilités urbaines et à booster notre développement économique.

L’objectif in fine est de mieux organiser le fonctionnement des espaces urbains au Maroc pour en déboucher sur des actions préventives, en analysant notamment les conditions de réduction des vulnérabilités.

Pour mener à bien ce projet de taille sur les espaces urbanisés au Maroc, il nous semble qu'il faut intégrer et impliquer les responsables des collectivités locales, direction de l’urbanisme, les élus, les professeurs universitaires, les citoyens, les associations spécialisées en la matière, le ministère de l’environnement, etc…



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