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Mohamed Laaroussi - publié le Mercredi 15 Août à 10:11

Les revers d’une médaille




C’est la honte ! Jamais, au grand jamais, nous n’avons été autant humiliés. D’une part, trois de nos « meilleurs » athlètes, sur lesquels on comptait sans compter pour nous ramener de belles consécrations de Londres, se sont fait attraper la main dans le sac, et, d’autre part, jusqu’à la minute où je commets ces lignes innocentes, nous ne pouvons nous enorgueillir que d’une pauvre et unique médaille aux Jeux de Londres. Donc, en fin de compte, sauf miracle très improbable, on peut déjà conclure que le Maroc a brillé par sa nullité, et les Marocains se sont distingués par leur cupidité.



Les revers d’une médaille
Si je me permets de faire cette si vilaine transposition, c’est parce que les mecs et les nanas qui sont partis là-bas, sont sensés nous représenter. Ce sont nos « représentants légitimes ». Ils n’ont pas été élus, aucun d’entre nous ne les a choisis, personne ne nous a demandé notre avis, et pourtant, ils ont été désignés pour être nos « porte-drapeau ». Jusqu’à présent, ils n’ont pas porté grand-chose, et ils ne nous ont rapporté que des problèmes. Et ce n’est pas encore fini. Je vois d’ici la prochaine réunion du Comité International Olympique, et où on discutera, non pas de notre flop phénoménal – ça, ils s’en soucient comme de leur premier anneau -  mais, plutôt, de notre dope nationale.

Je n’aimerais pas être à la place de notre grande Nawal Moutawakil, tout fraîchement élue vice-présidente du CIO, et qui a toujours été notre fierté. Elle n’y est pour rien, la pauvre, dans cette mascarade, quoique… mais je suis sûr qu’elle va passer un très mauvais quart d’heure. J’espère, au moins, que, 28 ans plus tard, on ne lui fera pas l’affront de lui faire faire un test d’urine. Quant au géantissime Saïd Aouita, lui, n’a pas attendu la fin des JO, pour essayer de se faire entendre, et ça ne date pas d’aujourd’hui.  On l’a toujours vu crier à qui ne voulait pas l’écouter que notre sport, et plus précisément notre athlétisme, serait un vrai bazar. Selon lui, il y aurait à boire et à manger, et, bien sûr, aussi, à doper.

Moi, je ne crois pas qu’il nous raconte des bobards. D’abord, ce n’est pas un rigolo, en plus, des comme lui, ça ne court pas les rues. Il nous promet de terribles révélations, aussitôt la flamme olympique éteinte. Perso, je ne m’attends pas à des scoops. D’abord, tout le monde a déjà entendu ce qu’il avait dit avant, mais tout le monde a fermé les yeux. Ensuite, on ne devrait pas trop s’étonner que certains de nos athlètes, trop pressés de devenir très vite célèbres et riches, trichent.

N’oublions pas que nous vivons dans un pays où la supercherie, la friponnerie, la filouterie, sont des sports nationaux. Prenez les examens du bac : chaque année, c’est par milliers qu’on attrape les tricheurs, les truqueurs et autres copier-colleurs, sans que ça ne crée d’immenses émois. La plupart d’entre nous, y compris moi, trouvent ça plus ou moins normal. Et il n’y a pas qu’au bac où on veut réussir sans trop souffrir. Ca nous fait même vachement rigoler. J’ai l’impression  que  nous autres les Marocains, on se marre toujours des cancres et des malhonnêtes.

Qu’est-ce qu’on raconte comme blagues sur eux ! Pourtant, ce n’est pas tout-à-fait la même chose. Un cancre, le pauvre, il ne fait pas toujours exprès d’être parmi les derniers. Il est né comme ça. Alors, pour voir un peu comment ça se passe dans les premiers rangs, il essaye parfois de s’y faufiler, et n’y arrive presque jamais. Alors que le malhonnête, lui, veut être coûte que coûte premier, même s’il doit se comporter comme le dernier des derniers.  Sauf qu’un jour, il se fait prendre…comme un cancre. En attendant, nous avons 4 ans pour réfléchir : faut-il continuer de tricher ou bien faut-il donner une fessée déculottée à tous les tricheurs. A eux de choisir !
Bon week-end les rêveurs et bonne fessée les autres.
 
(Cette chronique a été publiée dans Aujourd’hui Le Maroc du vendredi 10 août 12)



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