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Washington, DC – De nos jours, toute personne ayant accès à l’information a entendu, une fois encore, que le monde arabe en plein bouleversement.
Il ne fait aucun doute que les attaques du 14 septembre contre les ambassades américaines de Tunis, du Caire, de Khartoum et de Sanaa par des hordes de manifestants ont compromis l’élan démocratique de la région. De surcroît, la tragique mort d’un diplomate américain respecté et de trois de ses collaborateurs à Benghazi –ville libyenne symbole de la nouvelle politique des affaires étrangères américaine – a terni l’image d’un printemps arabe naissant.
Par la suite, un groupe d’extrémistes a attaqué une école américaine à Tunis. Cet attentat a considérablement nuit à l’image et aux visées économiques d’un pays qui avait su gagner la sympathie et le soutien des Etats-Unis et du reste du monde.
Il a été particulièrement douloureux de voir nombre d’hommes politiques et de spécialistes se presser d’annoncer le destin funeste du printemps arabe. Leurs arguments étant qu’il n’a fallu que 20 mois pour que le rêve s’effondre, ironiquement dans la même ville : Tunis.
La réalité est bien évidemment plus complexe. Les pays ayant pris part au printemps arabe connaissent une transformation politique et sociétale qui, si elle a lieu en décalage, n’en est pas moins indispensable. Le printemps arabe est encore en vie.
Les images chaotiques diffusées sur toutes les chaînes américaines au cours des deux dernières semaines ne pourraient être plus trompeuses.
Grâce, en partie, au soutien matériel et à la remarquable autorité morale du président Obama et de la secrétaire d’Etat Hilary Clinton – soutien qui se reflète dans leur aide alors que le gouvernement tunisien intérimaire en était encore au premier stade – la région MENA connaît une transformation irréversible vers une démocratie effervescente.
En tant que groupe d’Américains d’origine tunisienne, venant de divers milieux professionnels, nous partageons deux objectifs : garantir la réussite de la transition démocratique dans notre pays d’origine ; voir fleurir en Tunisie des valeurs et des principes démocratiques tels que la liberté d’expression et le soutien des droits humains.
Nous sommes convaincus que la Tunisie détient les atouts nécessaires pour réussir : des institutions solides, une classe moyenne importante, une élite intellectuelle active, un statut de la femme reconnu, ainsi qu’une proximité géographique et culturelle avec l’Europe. Tous ces atouts alimentent une soif de démocratie. Aujourd’hui, il n’est plus possible de faire marche arrière vers une institution autoritariste, qu’elle soit une dictature ou une théocratie.
La théorie des systèmes montre que la phase initiale de toute transformation est habituellement la plus douloureuse, la plus fragile et la plus critique. En effet, des forces parfois en conflit sont en jeu et se battent pour le pouvoir. L’expérience qu’en fait la Tunisie n’est pas une exception. Nous ne devrions pas nous attendre à ce qu’un pays où la liberté d’expression était inexistante, la société civile entravée et la corruption répandue devienne soudain un modèle parfait de démocratie. Les Etats-Unis se sont tenus aux côtés de la jeunesse tunisienne dans sa lutte contre le régime d’un allié américain de longue date (celui du président Zine Al Abidine Ben Ali). Pour cette raison leur image n’en a été que renforcée.
Le monde arabe a connu un changement politique – qui a également contribué à renverser les régimes de Moubarak en Egypte et de Kadhafi en Libye – avec incrédulité, gratitude et, naturellement, suspicion.
Le plus grand perdant lors de ces événements historiques a été Al-Qaeda et ses divers affiliés, étant donné que la nouvelle politique américaine qui consiste à soutenir les aspirations démocratiques de la jeunesse arabe a largement anéanti leurs efforts de recrutement.
Toutefois, malgré tous les défis, cette transformation est tout à l’avantage du peuple tunisien et le monde arabe, mais aussi de l’économie occidentale. La démocratie tunisienne en route. Des élections libres ont eu lieu pour la première fois au mois d’octobre 2011. Des sujets sont ouvertement débattus à la télévision, alors que deux ans en arrière, ils auraient engendré des mandats d’arrêt ou auraient justifié la torture.
Le soutien américain envers la Tunisie doit être inébranlable, pour le bien de millions de personnes qui méritent et qui ont besoin de la démocratie, mais aussi au nom des idéaux américains et en vue de leurs intérêts géostratégiques. Ne laissons pas la violence insensée d’un petit nombre mettre en péril un processus historique. L’Histoire montrera que les efforts d’aujourd’hui sont le meilleur investissement possible pour notre avenir.
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* Mondher Ben Hamida, Wafa Ben Hassin et Mohamed Malouche sont membres de Tunisian American Young Professionals, un organisme qui soutient le partenariat entre les Etats-Unis et la Tunisie ainsi que le développement d’entreprises en Tunisie.
Article écrit pour Common Ground News Service (CGNews).
Source: Service de presse de Common Ground (CGNews), 12 octobre 2012, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.
Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=321...
Il ne fait aucun doute que les attaques du 14 septembre contre les ambassades américaines de Tunis, du Caire, de Khartoum et de Sanaa par des hordes de manifestants ont compromis l’élan démocratique de la région. De surcroît, la tragique mort d’un diplomate américain respecté et de trois de ses collaborateurs à Benghazi –ville libyenne symbole de la nouvelle politique des affaires étrangères américaine – a terni l’image d’un printemps arabe naissant.
Par la suite, un groupe d’extrémistes a attaqué une école américaine à Tunis. Cet attentat a considérablement nuit à l’image et aux visées économiques d’un pays qui avait su gagner la sympathie et le soutien des Etats-Unis et du reste du monde.
Il a été particulièrement douloureux de voir nombre d’hommes politiques et de spécialistes se presser d’annoncer le destin funeste du printemps arabe. Leurs arguments étant qu’il n’a fallu que 20 mois pour que le rêve s’effondre, ironiquement dans la même ville : Tunis.
La réalité est bien évidemment plus complexe. Les pays ayant pris part au printemps arabe connaissent une transformation politique et sociétale qui, si elle a lieu en décalage, n’en est pas moins indispensable. Le printemps arabe est encore en vie.
Les images chaotiques diffusées sur toutes les chaînes américaines au cours des deux dernières semaines ne pourraient être plus trompeuses.
Grâce, en partie, au soutien matériel et à la remarquable autorité morale du président Obama et de la secrétaire d’Etat Hilary Clinton – soutien qui se reflète dans leur aide alors que le gouvernement tunisien intérimaire en était encore au premier stade – la région MENA connaît une transformation irréversible vers une démocratie effervescente.
En tant que groupe d’Américains d’origine tunisienne, venant de divers milieux professionnels, nous partageons deux objectifs : garantir la réussite de la transition démocratique dans notre pays d’origine ; voir fleurir en Tunisie des valeurs et des principes démocratiques tels que la liberté d’expression et le soutien des droits humains.
Nous sommes convaincus que la Tunisie détient les atouts nécessaires pour réussir : des institutions solides, une classe moyenne importante, une élite intellectuelle active, un statut de la femme reconnu, ainsi qu’une proximité géographique et culturelle avec l’Europe. Tous ces atouts alimentent une soif de démocratie. Aujourd’hui, il n’est plus possible de faire marche arrière vers une institution autoritariste, qu’elle soit une dictature ou une théocratie.
La théorie des systèmes montre que la phase initiale de toute transformation est habituellement la plus douloureuse, la plus fragile et la plus critique. En effet, des forces parfois en conflit sont en jeu et se battent pour le pouvoir. L’expérience qu’en fait la Tunisie n’est pas une exception. Nous ne devrions pas nous attendre à ce qu’un pays où la liberté d’expression était inexistante, la société civile entravée et la corruption répandue devienne soudain un modèle parfait de démocratie. Les Etats-Unis se sont tenus aux côtés de la jeunesse tunisienne dans sa lutte contre le régime d’un allié américain de longue date (celui du président Zine Al Abidine Ben Ali). Pour cette raison leur image n’en a été que renforcée.
Le monde arabe a connu un changement politique – qui a également contribué à renverser les régimes de Moubarak en Egypte et de Kadhafi en Libye – avec incrédulité, gratitude et, naturellement, suspicion.
Le plus grand perdant lors de ces événements historiques a été Al-Qaeda et ses divers affiliés, étant donné que la nouvelle politique américaine qui consiste à soutenir les aspirations démocratiques de la jeunesse arabe a largement anéanti leurs efforts de recrutement.
Toutefois, malgré tous les défis, cette transformation est tout à l’avantage du peuple tunisien et le monde arabe, mais aussi de l’économie occidentale. La démocratie tunisienne en route. Des élections libres ont eu lieu pour la première fois au mois d’octobre 2011. Des sujets sont ouvertement débattus à la télévision, alors que deux ans en arrière, ils auraient engendré des mandats d’arrêt ou auraient justifié la torture.
Le soutien américain envers la Tunisie doit être inébranlable, pour le bien de millions de personnes qui méritent et qui ont besoin de la démocratie, mais aussi au nom des idéaux américains et en vue de leurs intérêts géostratégiques. Ne laissons pas la violence insensée d’un petit nombre mettre en péril un processus historique. L’Histoire montrera que les efforts d’aujourd’hui sont le meilleur investissement possible pour notre avenir.
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* Mondher Ben Hamida, Wafa Ben Hassin et Mohamed Malouche sont membres de Tunisian American Young Professionals, un organisme qui soutient le partenariat entre les Etats-Unis et la Tunisie ainsi que le développement d’entreprises en Tunisie.
Article écrit pour Common Ground News Service (CGNews).
Source: Service de presse de Common Ground (CGNews), 12 octobre 2012, www.commongroundnews.org
Reproduction autorisée.
Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=321...









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