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Centre d’Etudes Internationales - publié le Samedi 16 Mars à 13:56

Les relations entre le Maroc et le Sénégal : Un archétype des partenariats sud-sud






Les relations entre le Maroc et le Sénégal : Un archétype des partenariats sud-sud
De tous ses partenaires d’Afrique subsaharienne, le Sénégal serait pour le Maroc le pays avec lequel il cumule le plus grand nombre de dénominateurs communs. À tout prendre, tous les ingrédients classiques d’une solide alliance politique et diplomatique s’y trouvent réunis : l’histoire commune, mais aussi un socle de valeurs et des intérêts partagés. Ainsi les relations maroco-sénégalaises sont sous-tendues par le fait que les deux Etats partagent « (…) singulièrement un riche patrimoine historique, cultuel et culturel », et que des « (…) liens de sang de famille des liens de solidarité sans faille et des liens de coopération et d’échanges constamment renouvelés et approfondis » lient les deux Etats, selon la déclaration de Sa Majesté le roi Mohammed VI, extraite d’une allocution qu’il a donnée lors d’un dîner officiel, offert par le président sénégalais le 15 mars 2013, premier jour de la visite officielle du chef de l’Etat marocain au Sénégal. Le président sénégalais a pour sa part affirmé, au cours du même événement que la visite de son homologue marocain « (…) s’inscrit dans [la] trame de notre histoire commune ; bâtie sur les valeurs essentielles qui nous lient, des valeurs qui prennent racine dans les terreaux fertiles de la foi et de la culture », et que les peuples, marocain et sénégalais, « (…) ont appris à se connaître et [ont] forgé une amitié intangible, indifférente au temps qui passe et aux aléas des circonstances ».

L’histoire

L’histoire des deux pays, nations multiséculaires, est riche d’échanges et de flux humains, commerciaux et culturels qui n’ont d’égal que la constance et la vigueur qu’on leur reconnaît aujourd’hui. On sait que, depuis au moins l’installation de la dynastie saadienne, le Maroc s’est résolument tourné vers le Sud pour jeter les fondements d’une relation bilatérale dont on retient encore aujourd’hui les traces et les témoignages. Certes, les échanges entre le Maroc et le Sénégal allaient subir des perturbations dans le sillage de la vague coloniale, mais là aussi l’interposition des puissances coloniales entre les deux pays a jeté de nouveaux entre les deux pays en permettant la cristallisation d’une cause commune : le combat pour la libération nationale et la volonté d’indépendance, combat scellé d’abord par Feu Mohammed V et le Président Léopold Sédar Senghor qui se sont respectivement distingués pour leur engagement pour le panafricanisme et l’unité du continent.

Les valeurs

Le Maroc et le Sénégal partagent un socle de valeurs dont il serait vain de dresser ici l’inventaire. L’on rappellera tout de même que les deux pays appartiennent au même référentiel spirituel : l’Islam sunnite conforté par l’adhésion commune à la tradition achaarite et au rite malikite. L’existence, à Fès (du côté marocain) et à Tivaouane (du côté sénégalais), de deux foyers spirituels se réclamant du tijanisme (voie soufie de l’Islam) est un autre indice de complicité spirituelle entre les deux pays. Mais, les valeurs ne sont pas que religieuses, elles sont aussi démocratiques. Sur ce registre aussi, force est de noter que le Maroc, du côté arabe, et le Sénégal, du côté subsaharien, comptent parmi les rares pays de la région à connaître des expériences avant-gardistes en matière de transition pacifique et de consolidation des droits humains. En effet, les deux Etats, marocain et sénégalais, œuvrent dans un même sens, à savoir l’« (…) édification d’un Etat moderne où, tout en préservant la forte identité nationale, les droits humains, le progrès social, la bonne gouvernance et la transparence s’exercent, de manière irréversible », conformément à l’allocution susmentionnée du souverain alaouite. Celui-ci a également tenu à saluer « (…) l’esprit de démocratie apaisée qui a prévalu lors du scrutin présidentiel du 25 mars 2012 » au Sénégal.

Le Sénégal est ainsi réputé pour sa capacité à réussir ses alternances pacifiques au pouvoir, sans effusion de sang comme on pourrait le constater avec beaucoup de regret pour certains pays de l’Afrique subsaharienne. De même, le Royaume du Maroc doit sa réputation régionale au caractère avancé des chantiers ouverts, depuis au moins le milieu des années 1990, pour parachever sa transition démocratique. On le sait, la réforme profonde et globale de la Constitution en 2011, suivie de vastes chantiers politiques et institutionnels structurants, ont donné la mesure du particularisme marocain dans la région arabe.

Intérêts

La poursuite de l’intérêt national bien compris est plus que légitime, elle constitue une condition existentielle. Le Maroc et le Sénégal se conforment à cette maxime à leur manière, en ce sens qu’ils gèrent leur coopération sur le mode équitable gagnant-gagnant. Depuis que la globalisation économique a envahi l’agenda des gouvernements, les deux pays ont compris que l’intensification et la diversification des échanges sont devenues une fatalité de toute relation bilatérale qui se voudrait compétitive, prospective et porteuse d’opportunités et d’avantages mutuels pour l’une et l’autre partie. L’on comprend dès lors pourquoi le tandem sénégalo-marocain s’oriente à présent vers un « (…) partenariat économique renforcé, tourné vers la réalisation concrète de projets communs de développement », comme l’a souligné récemment Madame Marie Bassène, conseillère à l’ambassade du Sénégal à Rabat. L’accroissement des échanges commerciaux, la coopération financière et l’assistance technique, culturelle et scientifique, domaines classiques des relations bilatérales de coopération, sont dès lors relayés par une nouvelle vague de coopération, à savoir la délocalisation d’une panoplie d’entreprises marocaines opérant dans des secteurs aussi divers que la banque, l’hôtellerie, l’agroalimentaire, les Bâtiments et Travaux Publics, la pharmacie et l’énergie.

Ainsi, le volet économique du partenariat entre le Sénégal et le Maroc revêt une importance particulière pour les deux Etats. Le président sénégalais saluait à ce propos « (…) la coopération féconde, couvrant une dizaine de secteurs et scellée dans 66 accords (…) », qualifiant les relations bilatérales maroco-sénégalaises de « (…) régulièrement soignées et revitalisées (…) et promises à un avenir encore plus radieux ». Le roi du Maroc a pour sa part relevé « (…) la hausse des investissements privés marocains, réalisés au Sénégal dans les secteurs, banquier, financier et des assurances », dynamique qui va permettre de « (…) drainer davantage d’investissements privés marocains vers les autres secteurs ». On citera notamment celui de l’Agriculture, qui, selon l’allocution royale, « (…) avec la réalisation de la ferme Pôle d’Excellence Agricole dans la région de Thiès (…) » renforcera les relations d’assistance ; « (…) celui de l’électrification rurale dans le nord du Sénégal et celui des pluies artificielles », permettant ainsi au peuple sénégalais de bénéficier de l’expérience et du savoir-faire marocain en matière de développement et d’aménagement du territoire.

Centre d’Etudes Internationales



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