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Khadija El Issaoui - publié le Mercredi 3 Avril à 10:15

Les relations économiques entre le Maroc et la France durant la dernière décennie




L’existence des relations économiques entre le Maroc et la France remonte au milieu du XIXème siècle. Dès 1892 un français, du nom de Lagnel, avait installé une activité de fabrique de l’huile à Marrakech et le 15 avril 1894 fut fondée à Fès une société de fabrication de limonade et d’eau gazeuse au capital de 4 000 pesetas entre Henri Robric, Joseph Robric et Pierre Veziau. En 1970, les investisseurs français détenaient près de 16 milliards de francs sous forme d’investissements au Maroc et, auparavant, en 1963, 450 entreprises françaises réalisaient plus de la moitié du chiffre d’affaires de toute l’industrie marocaine pour l’exploitation des phosphates et des richesses minières.



Les relations économiques entre le Maroc et la France durant la dernière décennie
Le jeudi 9 février 2012, le roi Mohammed VI a inauguré, à proximité de Tanger, la plus grande usine Renault-Nissan, qui s'étend sur un terrain de 300 hectares, plus vaste que le site Renault de Flins. Les statistiques récentes indiquent que la France reste de loin le principal pays investisseur au Maroc. La comparaison sur trois périodes en l’occurrence, 1998-2004, 2005-2007 et 2008-2010, confirme cette tendance puisque la part de la France dans le total des investissements directs étrangers (IDE) au royaume est passée de 42 à 48 puis à 50%. Selon l’Ambassade de France au Maroc, en 2010, avec près de 750 filiales et participations françaises, dont 513 filiales sont localisées à Casablanca, l’économie marocaine est la première destination des investissements directs français à la fois dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) et sur le continent africain.

D’une manière générale, l’implantation des entreprises françaises au Maroc s’explique par une combinaison de plusieurs variables à savoir, la proximité géographique et culturelle, les faibles coûts du travail, la qualité de la main-d’œuvre (pour les secteurs à haute technologie), des politiques d’incitation fiscale et financière (notamment pour les entreprises françaises investissant dans les zones franches d’exportation) mais aussi les avancées démocratiques et les réformes politiques qui ont fait du Maroc un partenaire fiable, stable et libéral. Sans oublier que les politiques de privatisation ont occasionné l’apparition d’un grand nombre de sociétés françaises au Maroc. Des investisseurs étrangers, tels que Lesaffre, fabricant français de levure, Total Outre-Mer, Vivendi Universal, Alliance-Tabac-Distribution (ALTADIS), qui est un groupement franco-espagnol, Renault, CMA-CGM, qui est groupe mondial de transport maritime, ont répondu au programme de privatisation lancé au royaume entre 1993 et 2007.

Par ailleurs, même si la France reste le premier investisseur au Maroc, il est à noter que la crise de la dette des pays de la zone euro a eu un effet négatif sur la part des capitaux français investis au Maroc avec un chiffre de moins de 52,8 % entre 2010 et 2011. Durant les neuf premiers mois de 2011, les entreprises françaises ont investi seulement 4470,7 millions de dirhams soit moins de 4992,9 millions de dirhams qu’un an auparavant. Inversement, l’évolution récente des flux d’Investissements Directs Etrangers (IDE) entrants au Maroc indique une hausse continue des investisseurs d’origine arabe ainsi qu’américaine. Aussi, entre 1998 et 2010, la part du Koweït dans ces flux passe de 1, à 3 et finalement à 5%, et la participation des Emirats Arabes Unis atteint 9%. Entre 2010 et 2011, la part de l’Arabie Saoudite monte en puissance et passe de seulement 382,9 millions de dirhams à 1 385,4 millions de dirhams soit une augmentation de l’ordre de 1 002,5 millions de dirhams. En 2011, l’Arabie Saoudite est le deuxième investisseur au Maroc. Les Emirats Arabes Unis maintiennent leur poids dans le total d’IDE reçu par le Maroc en 2011 et investissent 46,3 millions de dirhams de plus qu’en 2010. Quant aux IDE d’origine américaine, entre 2010 et 2011, la part des Etats-Unis dans le total des IDE au Maroc est passée de 520,4 millions de dirhams à 877,7 avec une hausse de plus de 68,7%  (357,3 millions de dirhams). Cette comparaison de la part cumulée des IDE au Maroc, en provenance des pays outre que la France, fait ressortir l’appréciation des flux en provenance des pays arabes et des Etats-Unis. Ce qui témoigne de l’implication du gouvernement marocain dans une politique de diversification en matière d’attrait des investissements tout en préservant les acquis du passé puisque la France demeure malgré tout un partenaire privilégié et incontournable.  

Les flux des IDE au Maroc, en provenance de deux puissances économiques mondiales à savoir, la France et les Etats-Unis, sans oublier les fonds souverains du Golfe, témoignent des relations cordiales qu’entretiennent ces pays avec le royaume et de l’image de ce dernier en tant que partenaire démocratique doté d’une économie stable et prospère. Ces flux d’investissement ont eu un impact certain sur le processus de développement socioéconomique lancé au Maroc dans ce sens où ils ont servi à financer des projets, à créer des partenariats, à améliorer la compétitivité du tissu économique national et à créer un nombre non négligeable de postes de travail en complément des stratégies étatiques en matière d’emploi.

Khadija El Issaoui
Professeur-assistante à la faculté de droit de Rabat-Agdal



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