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Essahal Mohammed - publié le Samedi 2 Janvier à 12:15

Les partis politiques au Maroc : quelle élite ?






Les partis politiques au Maroc : quelle élite ?
Introduction:
Les partis politiques marocains laissent planer des doutes quant à leurs capacités de jouer leur rôle de remplir leurs fonctions, ainsi, faut-il se demander de leur impact sur la scène nationale et sur le citoyen qui est qualifié de quasiment nul, car ils ne peuvent plus former leurs militants ou encadrer la population, ni de proposer des programmes près à être exécutés une fois sont accédés au gouvernement sauf, si l’on exclut certaines formations qui sont en contact perpétuel avec leur électorat.
Cependant, les « révolutions arabes? » ont chamboulé le calme de la scène politique au Maroc, ce qui normalement doit faire bouger tous les acteurs politiques pour consolider la stabilité du pays et de prendre les initiatives afin de proposer de nouvelles idées aux problèmes de l’Etat dans une conjoncture économique et géopolitique mouvementée et instable.
Cette phase est considérée comme un examen difficile pour les partis politiques car ils ont démontré leur faiblesse et leur incapacité structurelle à contrecarrer le mécontentement populaire, plus encore ils ont été dépassés par les mouvements sociaux.
Nos partis politiques ne synchronisent plus avec le nouvel environnement institutionnel qui exige une pratique politique conforme à la philosophie de la constitution de juillet 2011, vu que le Maroc entame une nouvelle phase de construction institutionnelle au niveau d’une régionalisation avancée, la réforme de la charte communale, la loi électorale, les lois encadrant le droit des citoyens à présenter des pétitions et des propositions de lois et etc.
Mais le plus important, c’est la qualité de la production de ces lois et leur bonne mise en application, ce qui nous s’interpelle sur un dilemme : un Etat qui cherche à produire des institutions fortes alors qu’on est devant des partis politiques faibles, infidèles aux valeurs démocratiques et hermétiques aux principes de renouveau qui accompagne l’évolution sociétale.
Aujourd’hui, les formations politiques sont appelées plus que jamais à se renouveler, à changer leurs méthodes et doivent forcément s’ouvrir pour permettre aux femmes, aux jeunes de s’exprimer, de prendre une part de la responsabilité, et ce n’est que par le biais de la démocratie interne, et des progrès dans leurs actions et structures.

I- des instances dirigeantes hermétiques
Les jeunes et femmes sont de simples électeurs sans formation politique, ce qui les décourage à s’engager dans la vie politique, et de percer le noyau dur des instances dirigeantes, pourtant, la mise à niveau des partis politiques a été imposé par la norme juridique.
Comment aligner les démocrates pour investir le champ politique, afin de réformer les partis politiques, les amener à bannir toutes les formes de clientélisme et instaurer les valeurs du militantisme et de la méritocratie.

1- Les jeunes et les femmes sont absents dans l’agenda partisan
Si on remontait l’histoire des partis politiques au Maroc, le volet jeunes et femmes n’a pas été une priorité fondamentale dans son chapitre de formation et d’encadrement pour former l’élite qui prendra la relève.
Les jeunes et femmes étaient considérés comme de simples électeurs au sein des autres franges de la population, et la quasi-totalité des partis politiques ne remplisse pas les tâches de sensibilisation, et de formation politique de cette frange de militants au devoir de la participation, l’engagement et la promotion de la démocratie participative.
Ce comportement, à côté de l’absence de véritables programmes politiques a suscité le mécontentement, la méfiance, le refus de faire de la politique, de la majorité des jeunes et la marginalisation des femmes aux poste de direction et de responsabilité.
On assiste aux protestations lors des congrès pour dénoncer la légalité du processus, et au vote sanction pendant les élections par constatation du vote des personnes (notables) et non pas des projets partisans.
Le seul souci était les sièges des élections qu’elles soient territoriales ou législatives en usant de toutes les méthodes y compris les promesses irréalisables sans être fidèles aux valeurs démocratiques.
Ainsi, d’une part, la conquête du maximum des sièges pour présider les communes, les régions ou accéder au gouvernement, en décrochant le maximum de portefeuilles ministériels pour en tirer profit et d’autre part, ils maintenaient en période des élections des propos démagogiques qui découragent les jeunes à s’insérer dans la vie politique, et leur compliquent la situation pour percer le noyau dur des instances dirigeantes.
Elle est devenue structurelle, la déficience de la culture démocratique et l'absence des normes efficaces pour la gestion de la dissemblance et des avidités personnelles, sans parler de l’absence des règles dans la nomination et l'appréciation des responsables, et des candidats aux différentes élections.
Paradoxalement, la mise à niveau des partis politiques a été imposée par la norme juridique sans pouvoir forger des partis réellement démocratiques alors que la problématique de la gouvernance participative reste suspendue.
Ce qui laisse régner un prototype de parti politique de clients et de notables proches des autorités en vue de défendre seulement leurs propres intérêts, tandis que, la procédure de l’adhésion n’est pas soumise à des procédures apparentes imposant en contrepartie une participation et un engagement loyal car à part quelque partis comptés sur les bouts des droits, l’idéologie comme élément fondateur du parti politique est absente.
Par conséquent, toute occasion de réunion des adhérents n’est à vrai dire qu’un moment de distraction au lieu d’un débat politique approfondi.
Cette situation a provoqué chez les citoyens une sensation de manque de considération de la part des partis politiques dans leur implication dans l'élaboration des politiques publiques et par la suite, un détachement qui a conduit à leur fracture ce qui impose de dialoguer plus avec les jeunes et les femmes, de les convaincre, de leur faire savoir qu’ils sont les acteurs politiques de demain, de leur faire aimer l’art de la politique et accepter de changer l’élite vieillissante.

2- Sur un long chemin de la transition
Normalement avec le nouveau règne au Maroc que les partis politiques doivent assimiler et comprendre qu’elle y’a une seule issue à la situation de leur crise par le renouvellement et le rajeunissement des décideurs de leurs instances.
La transformation par les urnes est devenue inéluctable pour ainsi leurs redonner de la légitimé, aussi, la parenthèse du 20 février, doit déclencher un déclic en secouant les structures politiques dans le but de couper court avec la longévité des leaders en commande et aussi baliser le chemin pour rajeunir les instances des partis par de nouveaux managers dans le but de renouveler la façon d’appréhender les questions nationales par le débat interne et externe.
Si pour les uns, la métamorphose du champ politique a commencé en fait au début des années 2000, pour les autres, le véritable exercice de démocratie interne n’a commencé qu’après la réforme constitutionnelle du juillet 2011dans la foulée du « printemps arabe », le renouvellement des directions des partis par les urnes donne lieu à l’élection de certaines figures de proximité « populiste » sans apporter une plus value pour la relance de leurs formations aux niveaux organisationnel et idéologique, car plusieurs militants considèrent que la crise que traverse particulièrement l’USFP est une crise de compréhension et de la mise en exercice des valeurs démocratiques.
Bien sûr, à l’intérieur des deux partis, plusieurs voix ont contesté les résultats des urnes, en évoquant même la théorie classique du complot et la légitimité bafouée, alors que ceci n’empêche pas certains d’insister sur l’unité du parti par conviction ou sous l’effet des menaces, par conséquent, nous ne sommes plus dans la logique de scissions qui, durant des années, ont balkanisé le champ politique marocain, mais dans celle d’apparition des courants internes.
Mais, ni les uns ni les autres n’ont pu réussir une transition qui produira des partis fidèles à leurs valeurs fondatrices en s’appuyant sur le renouveau permanent de leur fonctionnement et leurs structures pour accompagner l'évolution de la société, mieux encore régénérer des partis politiques capables de rentrer dans une compétition démocratique sacralisant l’intérêt national, contribuant à la construction du projet de société, mobilisant la société, et susciter des changements fondamentaux dans le pays, bien sûr se mettre à la défense des intérêts des couches sociales que le parti est censé représenter et apte à assumer des responsabilités.
Les raisons sont multiples:
- l'absence de la représentation sociale du fait de la marginalisation du concept de la démocratie sociale dans le débat politique,
- l’absence d'un projet de société viable afin de relever le défi d'un véritable décollage économique et social des villes et régions, surtout les territoires enclavés et marginalisés,
- la forte présence des intérêts individuels au dépend des militants connus pour leur compétence et leur indépendance pouvant être comme levier de développement du pays.
- La compétence cède la place au clientélisme où les allégations s’installent à la place de l’abnégation pour la participation à la construction du projet de société ,
- L’existence des clans efface toutes valeurs fondatrices d’une mouvance politique attachée à une conception politique claire et consensuelle.
De toute évidence, sur la scène politique marocaine, on assiste à un nouveau type de militantisme de proximité qui a imposé de nouvelles figures au sommet du parti politique qualifiées des hommes de la situation, mais sont-ils capables de provoquer le changement ?
Néanmoins, elle reste une démarche confirmée: les partis politiques ont bel et bien entamé leur ouverture et leur métamorphose en jouant de la proximité.

II- Ouvrir les élites
la liberté d’opinion et la démocratisation interne ouvrent les voies aux jeunes et aux femmes pour se prononcer et produire des idées par l’exercice de la rotation des élites crédibles bien sûr en se tachant de revoir la question épineuse des notables.
Le renouveau des partis politiques prescrit une évaluation de leurs parcours, une autocritique, pour tirer les leçons et tirer profit des crises passées.

1- Le militant de proximité remplace le leader charismatique
Les partis politiques au Maroc, doivent reconsidérer leurs structures, revoir leurs méthodes de travail et leur vision de conception d’action et aussi d’approche des citoyens, surtout au niveau territorial en s’ouvrant sur les forces vives et démocrates de nos territoires pour parvenir à une gouvernance démocratique par le pluralisme politique indispensable à la concrétisation des attentes des populations.
Ils doivent relancer et consolider la liberté d’opinion et de l’initiative, qui favorisent leur démocratisation interne, et par conséquent, d’ouvrir les voies aux jeunes et aux femmes pour se prononcer politiquement sans interdiction, ni verrouillage des canaux de communication.
Les partis politiques doivent créer du renouveau et d’être fidèles aux valeurs démocratiques comme devise principalement par ce qui suit:
- attirer des cadres capables de produire des idées, des propositions et de programmes,
- exercer la rotation des élites par la sélection des hommes et des femmes compétents, crédibles et surtout capables de défendre les idées véhiculés par le parti,
- revoir la question épineuse des notables qui se forcent de conserver le statuquo pour faire émerger les élites politiques locales et régionales,
- instaurer et intensifier la communication politique afin de mobiliser l'ensemble des acteurs du parti au niveau territorial et sectoriel,
- chercher l’affinité de classe qui pourra évoluer vers un clivage gauche/ droite avec un centrisme influent,
- et bien sûr, éviter de faire des conseils communaux et régionaux une scène de combat et d’acharnement entre les formations politiques, mieux renforcer la participation et le leadership des jeunes et des femmes dans la vie politique locale et nationale.

Mais, ces inconvénients n’ont pas empêché l'escalade de certains éléments arrivés d'en bas pour intégrer l'élite, l’observation de cette nouvelle catégorie de militants qui agit sur le terrain auprès de la population a réussi la perforation des principales formations politiques par leur force de contact direct et aussi à travers les réseaux sociaux avec leur entourage pour drainer des voix aux élections.
Ce nouveau militantisme du quartier exige seulement un interlocuteur fiable auprès des décideurs pour trouver des solutions aux problèmes quotidiens des habitants des quartiers.
L’ascension de cette vague d’hommes politiques de proximité qui n’ont besoin que du contact direct et perpétuel avec les citoyens afin d’œuvrer en toute sincérité à résoudre leurs problèmes de quartiers et des douars, au contraire des autres qui rusent par un discours et un projet politique éphémère, puis , ils s’éclipsent au lendemain des élections.
Cette nouvelle catégorie développe des relations durables avec les habitants comme des intermédiaires attentifs en dehors même de leur circonscription électorale, a également été facilité par un changement politique et normatif en vue de la démocratisation des partis politiques.
Dans ce sens, certains partis politiques ont fait un travail de longue haleine en ambitionnant leurs branches territoriales afin d’assurer la participation des citoyens au niveau territorial.
Certes, cette catégorie de militants a témoigné de sa créativité, elle a beaucoup travaillé pour améliorer la crédibilité partisane par le développement des plates-formes mettant en avant les besoins et doléances des citoyens particulièrement des services sensibles comme le transport en commun, la commercialisation des produits de terroir, l’équipement par des réseaux d’électricité et de l’eau potable, le recasement des bidonvilles, le désenclavement des villages...par l'utilisation efficace de l'opinion publique locale, ce qui pourra contribuer à redorer le système politique par la circulation des élites.

2- Circulation des élites
Plusieurs observateurs estiment que les nouvelles lois viennent de renforcer l’arsenal juridique en matière de moralisation de la vie politique au Maroc, et responsabilisent les formations politiques pour accomplir les valeurs de la démocratie et de la bonne gouvernance.
Une véritable démocratie ne peut se réaliser qu’à travers des formations politiques démocratiques, représentatives, qui assument totalement leur devoir.
Or, il existe encore des membres des instances dirigeantes qui continuent de représenter leurs partis dans les medias alors qu’ils sont rejetés par les militants qui même désapprouvent leurs discours sans conviction, surtout que les mouvements sociaux virtuels - juvénile- ont provoqué des réformes politiques en dépassant largement les partis politiques noyés dans l’attentisme et une société civile qui souffre d’une taille minuscule.
Cette situation ne peut qu’envenimer d’avantage le climat de méfiance entre les jeunes et les partis tant que ces derniers n’appliquent pas la norme juridique et s’ouvrent en laissant de la place aux nouvelles générations par un renouvellement périodique des responsables en vue d’une plus-value politique et managériale.
Les partis politiques sont toutefois tenus à se réformer, à changer de discours, de méthodologie, d’approche, à s’imprégner de la culture démocratique, une idéologie cohérente qui fonctionne et être proches d’une jeunesse diplômée ayant des idées et des projets ambitieux, dialoguer, oser, écouter et agir pour regagner une confiance perdue au fil des années afin de persuader les jeunes et les femmes de l’intérêt de l’exercice de la politique et surtout donner à chacun au sein de sa propre formation politique le droit d’exprimer ses propos, ses idées, ses critiques en toute liberté.
Ce n’est pas les conversations houleuses qu’attendent les citoyens mais un dialogue constructif, « plus à même de réconcilier avec la chose publique tous ceux qui ont été déçus par l'action politique… ».
Les partis politiques marocains sont confrontés, aujourd’hui à un contexte arabe bouleversé et instable, menacé par un terrorisme foudroyant et une crise économique trop pénible qui affecte même l’identité religieuse, ce qui exige de mesurer les défis , de rassembler, de réinventer pour trouver des solutions à la relation Etat/société qui suppose que dans une démocratie, l’Etat est impérativement au service de la société.
Les partis politiques doivent se transformer en pépinières des perspicacités des militants et militantes loyaux en vue de réconcilier la compétence et l'intelligence avec l'action politique, c'est la seule voie à une véritable transition vers la démocratie interne.
Ainsi, il pourra régénérer une classe politique ayant un ‘’comportement patriotique, engagé et responsable face à l’avenir du pays, et d’œuvrer à la dynamique sociale pour permettre aux générations diplômées, les technocrates issus des grandes entreprises de mettre la pression sur les éléments dominants et monopolisant le pouvoir au sein des partis, chercher aussi d'autres éléments indispensables pour accéder à la couche supérieure et espérer l'exercice du pouvoir.
C’est pour la première fois que l’exercice du pouvoir par les partis politiques est constitutionnalisé et on leur a donné une place à part sur l’échiquier politique, c’est une occasion pour apercevoir l’exercice démocratique comme une demande populaire dans un cadre constitutionnel qui a mis en valeur un rôle prépondérant des partis politiques comme acteur légal pour la conquête et l’exercice du pouvoir.
Par conséquent, le renouveau des partis politiques oblige une évaluation de leurs parcours, une autocritique pour retenir les leçons et tirer profit des crises antécédentes puis en faire une opportunité afin d’entamer une rénovation intégrale de leur cadre interne et action politique.
La circulation des élites pourra faire du parti un mouvement plus moderne dans son fonctionnement, progressé dans son organisation et son fonctionnement pour entamer les échéances électorales dans des conditions favorable et évidement créer une dynamique parlementaire.
Plus encore, les militants démocrates doivent présenter des motions pour réviser la démarche politique de leur parti, son idéologie, ses décisions stratégiques en relation avec les doléances des citoyens, de sortir de l’attitude d’attentisme pour espérer accumuler les voix des électeurs afin de prévenir un boulet politique.

Conclusion :
La déficience de la culture démocratique et l'absence des normes efficaces sont devenues structurelles, nos partis politiques ne synchronisent plus avec le nouvel environnement institutionnel, ils sont appelés à se renouveler et doivent forcément s’ouvrir pour permettre aux femmes, aux jeunes de s’exprimer, de prendre une part de la responsabilité
La mise à niveau des partis politiques imposée n’a pas pu forger des partis réellement démocratiques, mais la problématique de la gouvernance participative reste suspendue alors que la circulation des élites pourra faire du parti un mouvement plus moderne .



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