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El kadri zineb - publié le Dimanche 12 Janvier à 12:46

Les oeuvres de Youssouf Amine Elalamy



Youssouf Amine Elalamy est Enseignant à l’université de Kenitra. Il est spécialisé dans la publicité et les Médias. Né à Larache en 1961, d'un père qui s'appelle Ahmed Kamal Elalamy dont la fonction est agent de police et d'une mère s'appelant Mrini Najia.



Elalamy entre production littéraire et artistique

Youssouf Amine Elalamy est Enseignant à l’université de Kenitra. Il est spécialisé dans la publicité et les Médias. Né à Larache en 1961, d'un père qui s'appelle Ahmed Kamal Elalamy dont la fonction est agent de police et d'une mère s'appelant Mrini Najia.

Son père était aussi écrivain et poète, il jouait du luth, il a déjà monté Lear de Shakespeare, avec une troupe amatrice. En partant, en 1994, il a laissé deux romans manuscrits.

Il a débuté sa carrière avec trois ouvrages à savoir Un Marocain à New York, en1998 dans les éditions EDDIF ; Les clandestins en 2001 (Prix Grand Atlas 2001) ; et Paris mon bled en 2002, représentent en quelques sortes cette période même édition, s’articulent sur la même thématique : l’immigration légale ou illégale des marocains à l’étranger, leurs souffrances pour s’intégrer socialement.

L’auteur va écrire d’autres œuvres après 2002 qui sont : le journal de YAE , Hors champs, 2003 ; Miniatures, Hors champs, 2004 ; Tqarqib Ennab, Khbar Bladna ,2005 ; Nomade qui est un roman itinérant sous la forme d’une installation littéraire urbaine ; Oussama Mon Amour, La Croisée Des chemins, 2011.

Elles abordent aussi la problématique de l’entre-deux rives, de l’interculturel, de l’altérité, de la littérature- beur.
D'après ses écrits, du MANY à PMB en passant par les C on a l'impression que l'auteur n'a qu'une obsession, c'est de partir.

A propos du départ, il dit:
«Il y en a qui prennent des pateras pour aller de l'autre côté, pour respirer.Et moi, ma patera, c'est l'écriture […] je suis constamment embarqué en voyage. Demandez aux gens qui vivent avec moi, ils vous confirmeront que je suis tout le temps ailleurs.je n'ai même pas besoin de visas. L'écriture, c'est libre et gratuit. »

Après le journal de YAE (ses initiales), il a préparé un livre(Miniatures) également sur les attentats du 16 Mai qui l'ont beaucoup inspiré.
A propos des attentats du 16 mai de casa:

«J’étais sur le projet de Miniatures quand s’est arrivé.je l'ai ressenti physiquement, à en être malade, comme si j'avais été agressé. Ce que je n'avais pas compris sur le coup, c'est qu'il y avait une gestation en moi. J'avais besoin de m'exprimer pour comprendre et donner à comprendre à travers une lecture alternative. C'est aussi, pour moi, une manière d'exorciser le démon.»

Il a préparé une chanson en zajal qu’il a composé avec un ami dans le style fusion gnawa-blues. Sur la chanson il y a aussi un compositeur de tango argentin qui vit à Marseille et qui joue du bandonéon. La chanson est émouvante et les paroles ne laissent pas indifférent. Ensuite, s'est posée la question de sortir la chanson ou pas.

Il a publié des articles académiques et de critique d'art au Maroc et à l'étranger.

Par contre, le décès de son père a été le seul catalyseur pour sa vocation d'écrire:
«Je n'ai su que je portais la passion de l'écriture en moi qu'après le décès de mon père. Nous étions très proches.il lui arrivait de solliciter mon regard critique pour ses écrits. Après sa mort, écrire est devenu capital pour moi.une manière de poursuivre son œuvre.»

C'est un écrivain qui a tenté de créer dans plusieurs domaines à l'exemple de la publicité, la stylistique, la composition, le cinéma.

« Oussama Mon Amour » (2011) :
Résumé : Un kamikaze qui s’exerce à mourir avant de rejoindre les anges là-haut, une jeune prostituée follement amoureuse de Oussama le kamikaze, le rescapé d’un attentat qui se croit au spectacle, un boucher qui ne comprend pas pourquoi on l’accuse du meurtre d’un veau. Dans ce roman à maintes voix, Youssouf Amine Elalamy avec son réalisme connu, lyrisme et fantaisie, peint l’absurde tragédie de notre époque.

Extrait : « J’ai débuté ma carrière de kamikaze en m’exerçant sur une pastèque. La pastèque n’a pas de tête, pas d’abdomen, ni de bras ; elle n’a pas même un cœur qui bat à l’intérieur. On peut la tenir vivante contre soi et la croire morte. La pastèque n’a pas de jambes et ne peut pas revenir sur ses pas. La pastèque n’a rien, seulement un visage enfoui à l’intérieur et qui cache bien son jeu. Jusqu’à ce jour, je n’ai encore jamais tué personne. C’est toujours comme ça, avec un peu de patience, tout finit par arriver. »
Le dernier roman de YAE, « Amour Nomade », est une histoire d’amour hors du temps où l’on retrouve des éléments de la culture arabo- islamique: le désert, la trace, le calame, la cour intérieure, le jardin…

Désert
L’étendue stérile, le lieu de l’errance et de l’épreuve. Le temps de la faim et de la soif. L’uniformité indifférenciée où l’être chercherait en vain à inscrire- à écrire- son passage. La terre où l’homme se mesure à l’aridité de la nature. Le lieu propice à l’écoute de la voix intérieure. Il est le lieu des révélations, des prémonitions, des rêves. Le désert est aussi l’espace des nomades où débute le récit du roman « Amour Nomade ».

Tachfine
C’est un nomade. Il quitte sa terre, la tribu, les siens. Abandon ? Trahison ? Il quitte la famine, la sécheresse et la mort pour « écrire » son destin ailleurs. Vers le Nord. Il y fait des rencontres comme autant de signes à déchiffrer de sa propre histoire. Il va vers « Elle ». Mais il lui faut traverser le monde pour retrouver celle dessinée dans le sable du désert.

Liasmine
Incarnation de la beauté, Liasmine en est presque irréelle. Elle vit dans une maison-monde. Ou plutôt le monde vient à elle à travers les autres, leurs regards, leurs dits, leurs objets. Recluse dans une maison qui à la fois la protège et l’isole de toute vie publique, Liasmine ne paraît pas souffrir de son enfermement. On ne sait pas d’où elle vient, qui elle est. Et qu’importe. Elle est celle qui fera chavirer le coeur de Tachfine. Elle est celle qui va saisir le calame, l’instrument de sa nouvelle naissance, de sa libération.

Rencontre
D’abord une voix qu’on entend. Puis un regard. Tout commence par un regard. Des objets fétiches dont la chute d’un calame et le don d’un foulard. Jeux du désir. Tachfine et Liasmine sont dans un univers où la rencontre ne peut se faire qu’au prix de longs détours, d’éléments interposés. Il n y a pas de voie droite dans l’amour. Il est en haut, elle est en bas. Il est derrière une colonne, elle est au centre du patio.

Le calame
Forte symbolique dans l’Islam : une sourate mecquoise, rappelle Malek Chebel, débute ainsi « Noun. Par le Calame et ce qu’ils écrivent ». Objet lié à la création, le calame symbolise dans le roman la tentative de Tachfine de comprendre le monde, de le connaître, de le saisir. « Voici une histoire entièrement écrite avec de l’eau » note le narrateur. Vaine tentative de fixer l’existence. Mais Tachfine écrit, doit écrire, aussi fragiles soient les lettres, aussi troubles soient les instants d’écriture…Écrire le destin car il est dit que « tout est écrit ». C’est ainsi qu’un homme que la mort refuse « lui supplie de lui inventer une fin ». Écrire non seulement pour laisser une trace mais pour retrouver la trace. Toucher un corps absent par le biais de l’écriture.

Danse
Au coeur du patio, la belle Liasmine danse. Tourne sur elle-même. C’est la danse des derviches tourneurs. En connexion avec le ciel et la terre. Elle est libre et elle voyage quand elle danse. Il n y a plus de murs, plus de maison. Il n y a que le corps qui tourne sur lui-même et l’esprit qui voyage. Deux mouvements dans le roman, la traversée de Tachfine et la danse sur soi de Liasmine. Deux appréhensions du monde, deux voyages pour se rencontrer dans un regard.

La mort
Il y a Moulay qui n’en finissait pas de vivre et qui voulait mourir. Longue est une vie à vivre sans celle qu’on aime. Moulay, c’est l’inconsolé, l’inconsolable qui ne peut oublier L’Batoul, emportée si tôt par le mort.

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