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Montassir Nicolas Oufkir - publié le Jeudi 2 Octobre à 11:14

Les nouvelles technologies de la communication et le pouvoir politique






À l’aube des années 90, dans des sociétés occidentales où la communication a pris une grande place, un nouvel outil que l’on va très vite qualifier de révolutionnaire fait son apparition. Ainsi, la fin du XXème siècle fut marquée par ce que l’on appelât « les années Internet ».

Après la naissance du téléphone, de la radio et de la télévision, Internet est le dernier outil majeur dans une course aux technologies de l’information débutée à la fin du XVIIIème siècle. Aujourd’hui, cette technologie – et tout ce qui lui est associé : multimédia, informatique, information – est devenue l’objet d’un véritable culte.

La fin du XXème siècle aura été une période de véritable vénération pour cet outil technique. L’intense publicité qu’a connu Internet et l’extrême valorisation dont les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) font l’objet n’a pu laissé quiconque indifférent.

La nouvelle technologie de l’information et de la communication devient ainsi l’objet d’un véritable culte. Dans les entreprises, cadres et employés l’utilisent pour produire et coordonner leurs actions ; à leurs domiciles respectables, les particuliers se branchent ou surfent de plus en plus sur le « Net » pour communiquer avec leurs proches ou rechercher des informations. L’avènement de cette nouvelle « machine à communiquer » dépasse le simple phénomène de société. Internet devient alors une véritable utopie, porté par la promesse d’un monde meilleur, celui du « cyberespace ».

La communication que permet Internet s’est émancipée de toute contrainte de temps et d’espace. Cette nouvelle technologie a inventé l’ubiquité et permet d’échanger des informations avec l’ensemble des « connectés ». Elle fait sauter toutes les barrières ; des frontières géographiques ou culturelles à celle de l’intimité.

Ainsi, le développement de cette nouvelle sphère publique a forcément une dimension politique puisqu’elle bouleverse l’ordre social et le référentiel de définition du groupe. Qu’il s’agisse du sens étymologique du mot « politique » - puisque « polis » qui signifie « cité » concerne directement le citoyen - ou de la définition plus générale de l’équilibre et de l’organisation de la société tant dans son fonctionnement interne que dans son fonctionnement externe, les interactions entre le politique et cette nouvelle technologie sont inévitables puisqu’elle pose la question du rapport à la liberté. Être libre signifie agir selon sa propre volonté sans que celle-ci ne soit entravée par le pouvoir d’autrui, ne pas subir de contraintes d’autrui. Cependant, dans la vision kantienne, la liberté correspond à l’obéissance à une loi choisie rationnellement. Ainsi, à travers la « Déclaration des droits de l'homme et du citoyen (DDHC) », le pouvoir se donne le but d’assurer la liberté de l’individu.

Il apparaît donc une forte contradiction entre l’espace sans limites ni frontières, où tout est possible et émancipé de toute contrainte, qu’est l’Internet, et l’espace politique forcément restreint pour assurer la liberté de chaque citoyen. Peut-on alors faire coexister ces deux espaces ? Et quelle influence peut avoir Internet sur l’espace politique ?

En essayant de répondre à ces quelques interrogations, nous apercevrons l’étendue de ce cyberespace, créé par cette technologie révolutionnaire, qui ne peut que réduire voire anéantir la puissance étatique et limiter ainsi le pouvoir décisionnel du politique.



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