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par Abed Bhuyan - publié le Mercredi 10 Février à 17:38

Les musulmans américains répandent la lumière sur New York






New York – « Le talent, comme l’amour, n’est utile que si l’on s’en sert. ». Cette citation de Martin Luther King a été reprise le 23 janvier dernier à l’occasion du spectacle du Community Café, événement culturel et artistique signé Inner City Muslim Action Network (IMAN) que l’organisation a décidé de produire à New York. En citant Martin Luther King, Ibrahim Abdul Matin a défini l’esprit de ce spectacle inoubliable, offert par l’IMAN à 1500 spectateurs dans la salle du légendaire Apollo Theater.

Légende vivante de l’époque de la renaissance de Harlem - pendant laquelle la culture afro-américaine s’est véritablement épanouie – l’Apollo était l’endroit idéal pour une soirée mythique, qui va certainement jouer un rôle pivot dans la vie des musulmans américains. « Faire venir l’IMAN à l’Apollo est un rappel à la communauté musulmane américaine que de ses racines sont afro-américaines », dit Amir Al-Islam, président du conseil d’administration de l’IMAN et éminent professeur d’histoire afro-américaine au Medgar Evers College à Brooklyn. L’IMAN a son siège à Chicago et projette d’installer des bureaux à New York en 2010. L’organisation s’occupe de problèmes communautaires, organise des missions sur le terrain et a mis sur pied le spectacle du Community Café, qui préconise des changements sociaux à travers l’art.

Ce soir là, les spectateurs ont pris conscience de leur affinité pour leur ville et de leur affinité les uns pour les autres, en partageant une histoire. Les artistes et les présentateurs ont évoqué les géants sur lesquels nous nous reposons, en citant à plusieurs reprises le militant des droits de l’homme afro-américain Malcom X ainsi que le prophète Mahomet.

Selon Asad Jafri, directeur de l’art et de la culture au sein de l’organisation, « L’IMAN s’est engagé à promouvoir l’art et la culture au sein de la communauté musulmane tout en étant une organisation d’aide sociale et juridique ».

Profondément ancrée dans la tradition prophétique où l’assistance et la justice sociales occupent une place importante, l’organisation incite les personnes qui s’impliquent à prendre des mesures pour faire avancer leur communauté. Un des thèmes dominant de cette édition spéciale du Community Café à New York était l’affinité – qui fait que ce qui se passe à Brooklyn a un impact sur ce qui se passe à Harlem.

Et à un niveau plus étendu, ce qui se passe à Haïti a un impact sur ce qui se passe à New York – et vice-versa.

Etant donné le séisme qui vient de ravager ce pays, l’Imam Shamsi Ali du centre culturel islamique de New York a ouvert la soirée en prononçant quelques versets du Coran pour rappeler à quel point la patience importe quand on est frappé par la calamité. L’IMAN et l’organisation Secours islamique ont d’ailleurs conjointement récolté 13 000 dollars destinés aux victimes du tremblement de terre. Outre les fonds récoltés, le directeur de l’IMAN, Rami Nashashibi a incité le public à encourager l’effort déployé pour octroyer aux requérants d’asile d’origine haïtienne un statut de réfugié temporaire accordé par les autorités de l’immigration aux étrangers qui ne peuvent pas retourner chez pour cause de crise dans leur pays.

Le comédien Aasif Mandvi, aux multiples talents, a fait une lecture extraordinaire, emportant le public au temps de son enfance à Bradford en Angleterre où vit une grande communauté d’immigrés sud-asiatiques. Tous ceux qui ont suivi sa carrière depuis un certain temps et qui le voient dans l’émission The Daily Show, ont pu ainsi situer son parcours dans ce contexte. Aasif Mandvi a parlé de façon poignante de l’histoire de sa ville et de l’intolérance dont lui et sa famille, issue de la classe ouvrière, faisant partie d’une minorité, ont souvent fait l’objet quand ils vivaient là-bas.

Les ReMINDers, un couple marié formant un duo de hip-hop, ont rappelé aux spectateurs, à travers leur chanson « Black Roses » (les roses noires)- qui est une ode à leurs enfants – qu’ils sont responsables pour la postériorité, en liant d’une manière frappante leur présent à leur avenir. Liza Garza a, quant à elle, déclamé un poème dans le style poétique « spoken word » tout en portant son enfant sur le dos, illustrant justement le lien en question. Le chanteur de rap Amir Suleiman et le groupe de musique pop danois Outlandish figuraient parmi les nombreux autres artistes qui se sont produits ce soir-là sur la célèbre scène de l’Apollo.

C’est le chanteur de hip-hop Mos Def, nommé pour les Grammy Awards, qui a clôturé, à juste titre, la soirée, avec son tube « Umi says ». Répétant les paroles universelles de sa chanson, il a encouragé le public à « répandre la lumière sur le monde », ajoutant encore : « je veux qu’Haïti soit libre ». Mos Def a chanté cette chanson de nombreuse fois, mais ce soir-là les paroles ont revêtu une finalité et une urgence plus profondes.

Cette finalité-là définit aujourd’hui la communauté musulmane et c’est à l’Apollo qu’elle s’est exprimée haut et fort. Ceux qui sont allés voir le Community Café, en sont repartis avec un sentiment de fierté et de responsabilisation renforcé qui va certainement s’étendre à toute la communauté musulmane et, dans une plus grande mesure, à tout New York. Le public a eu droit ce soir-là à une célébration de l’islam américain dans toute sa diversité.

C’était beau.

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*Abed Z.Bhuyan, diplômé de l’Université de Georgetown, est actuellement enseignant dans un lycée à New York, dans le cadre du programme Teach for America. Article écrit pour le Service de Presse de Common Ground (CGNews), publié en un premier temps dans la rubrique On Faith du Washington Post/Newsweek.

Source: Service de Presse de Common Ground (CGNews), 5 février 2010, www.commongroundnews.com
Reproduction autorisée.

Source : http://www.commongroundnews.org/article.php?id=272...


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