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Anthony Voineau - publié le Lundi 1 Décembre à 14:05

Les médias africains face aux enjeux du développement




Avec l’émergence d’une classe moyenne africaine, le secteur de l’audiovisuel et de l’information concentre l’attention de l’opinion publique. Entre les critiques traditionnelles des médias, et les enjeux géopolitiques, la création de la chaîne A+ arrive donc en terrain miné. Pour assurer un développement harmonieux du marché, les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa) ont opté pour la création d’un « espace médiatique commun », sous le contrôle des instances de régulation.



Les critiques des médias et la situation africaine Le mimétisme des médias s’observe avec une acuité croissante en occident, particulièrement depuis l’apparition des chaînes d’information en continue. Mais sur l’autre rive de la Méditerranée la critique prend un accent plus sévère.

Ainsi, l’universitaire camerounais Augustin Emmanuel Ebongue, signale « que les médias africains sont tout simplement des médias de relais, en ce sens qu’ils prennent l’information auprès des premiers [médias occidentaux] pour la relayer dans les coins et recoins de la planète terre ». Il est vrai que le rôle prépondérant des agences de presse comme l’AFP, Associated Press ou Reuters, consacre un manque de distanciation de certaines rédactions, en France comme ailleurs.

Plus récemment encore, le journaliste du sphinx hebdo Armand Roger Biloa Mballe dénonçait une nouvelle forme d’impérialisme avec une tentative de contrôle du secteur par les autorités françaises. Dans un article, il évoque notamment une réunion qui aurait eu lieu le 20 novembre au Quai d’Orsay dans le but d’exercer des « pressions sur le président camerounais Paul Biya afin qu’il fasse fermer la chaine Afrique Media ». Selon lui, les positions de la chaîne panafricaine sur la sortie de la zone Franc CFA, ou sur l’existence des bases militaires déplairaient aux intérêts français. Pourtant, Augustin Emmanuel Ebongue souligne : « qu’ils soient pro-occidentaux, ou adoptent la ligne éditoriale d’Afrique Médias qui dénonce la mainmise de l’Occident sur le continent africain, (…) les médias africains (…) restent fortement influencés par les puissants médias occidentaux ». C’est justement pour répondre à ces critiques que l’agence PANAPRESSE a été créée.

Dans la présentation sur son site internet elle explique que « sa transformation en une entité autonome quant à sa gestion confèrent à l'agence continentale cette indépendance éditoriale qui la libère de toutes contraintes et pressions politiques ». Le secteur des médias africains en pleine mutation En dehors de la production d’information, le secteur de l’audiovisuel doit également contribuer au développement d’une culture africaine, particulièrement avec le développement d’une classe moyenne de plus en plus nombreuse. La récente apparition de la chaîne A+ dans l’offre télévisuelle participe de cette logique.

D’après Jacques du Puy, Président de Canal+ Overseas : « faite par des Africains, faite pour des Africains, A+ est porteuse de l’engagement de Canal+ Afrique à soutenir le développement de l’industrie culturelle africaine, dynamique, créatrice d’emplois et riche en talents. Ainsi, A+ est nourrie par les productions locales que le Groupe Canal+ entend favoriser et contribuer à développer ». Avec l’apparition de ce nouveau marché, la concurrence entre les acteurs étrangers s’intensifient, qu’ils soient américains, britanniques, ou même chinois. Le passage à la télévision numérique terrestre prévu pour 2015, attise les appétits des grands groupes qui entendent faire jouer les rendements d’échelle en minimisant les investissements.

C’est notamment le cas de l’opérateur asiatique StarTimes, qui profite d’une régulation défaillante pour passer des marchés de dupes avec les gouvernements sans s’apercevoir que « le goût supposément immodéré des spectateurs pour les productions étrangères a finalement atteint ses limites ». Consciente du danger, l’Union économique et monétaire ouest-africain (Uemoa) prépare une plateforme de régulation de l’audiovisuel afin de mieux contrôler les différents intervenants.

Au mois de mars 2014, la 7ème Conférence des présidents des instances de régulation de la communication d’Afrique (Circaf) faisait le point sur l’état du secteur des médias et de ses différents enjeux. A l’issue de cette réunion, les différents participants ont convenu de « mutualiser les compétences pour relever les défis, technologique, culturel, sociologique, politique et économique, qui s’imposent au secteur audiovisuel sous-régional »…


Tagué : Anthony Voineau

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