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Hicham - publié le Vendredi 8 Juin à 23:15

Les marocains se sont ils trompés de gouvernement ?




Depuis l'arrivée de ce nouveau gouvernement, je n'ai cessé de le défendre, d'implorer leurs farouches opposants de leur laisser le temps, d'apprendre, de se poser et de transformer leur programme politique qui leur a valu la victoire aux récentes élections, en un ensemble de réformes dont nous avons besoin pour redresser notre cher Maroc.



Les marocains se sont ils trompés de gouvernement ?
Effectivement, malgré quelques maladresses, un style de communication atypique et très nouveau dans le paysage politique, j'ai continué de prendre leur défense et de demander patience à ceux et à celles qui veulent leurs têtes.

Malgré les erreurs de ce gouvernement qui s'accumulent, qui me dérangent, me font douter de leur capacité de reprendre la main, j'essaye de résister et de préserver dans le peu de certitude qui me reste. Mais, honnêtement, depuis quelques jours et surtout après le point de presse donnée hier, le 05/06, aux deux chaines télé marocaines (2M & Aoula), je perds confiance dans ce gouvernement car je commence à me persuader qu'ils vont droit dans le mur, qu'ils vont faire énormément de déception parmi les marocains.

Deux principales raisons m'ont poussé à ne plus du tout faire confiance car j'estime que cela va toucher beaucoup de marocains et surtout les classes populaires et moyennes.

La première raison concerne l'enseignement universitaire où il a été décidé, il y a quelques semaines de ne plus reconnaitre les diplômes des instituts et écoles privées. Comment peut on punir tout le monde à cause de quelques écoles sans scrupule qui trafique les diplômes? Comment palier les lacunes de l'état, qui n’est pas en mesure de faire respecter son cahier des charges qui régis l'enseignement privé, en sanctionnant la masse, ceux qui n'ont pas souhaité aller sur les bancs de la fac ou qui ne sont pas assez bons pour prétendre une place dans les quelques grandes écoles d'ingénieurs, de commerce publics ou en médecine car nécessitent des notes et des moyennes exceptionnelles? Je suis profondément contre cette loi injuste qui frappent nos enfants et fera, je reste persuadé, beaucoup de dégâts et de victimes.

La deuxième raison est liée à la réforme de la caisse de compensation, qui permet de réguler les prix de premières nécessité, le gaz, l'essence, le pain et le sucre. Cette réforme vise à supprimer cette caisse, libéraliser les prix et utiliser le budget de cette caisse à instaurer une aide financière pour les plus démunis. Certes, il est à leur honneur d'aider les plus pauvre parmi nous mais en supprimant un outil qui contribue à la paix sociale et apporte une aide précieuse aux couches populaires et moyennes à ces produits de premières nécessité.

Le think thank du gouvernement ou du parti du pouvoir nous dit que cette inéquitable car ce sont les riches, les entreprises et grands éleveurs et agriculteurs qui en ont bénéficient à plus de 90%. Probablement mais pourquoi mettre tout le monde dans le même sac et pénaliser les familles.

Si cette caisse est amené à disparaitre, les 2/3 des familles marocaines vont devoir payer le prix fort et être gravement pénalisés. Cela va instaurer une injustice car les familles riches utilisent et consomment beaucoup moins de gaz, de sucre, de pain que les pauvres. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de produits de première nécessité....

Le gouvernement aurait pu tout bonnement penser à trouver de l’argent ailleurs, en instaurant un impôt sur la richesse ou en mettant en place un artifice pour définir des règles d’(in)éligibilité, pour financer ces programmes de lutte contre la pauvreté. Supprimer cette caisse, c'est tout simplement jouer avec le feu, avec la paix sociale et la stabilité de notre pays.

En plus, de ces raisons de fond, d'autres déclarations inappropriés de ce gouvernement, s’il s’avère exacte, m'ont déplu dans ce gouvernement. J'en cite encore une fois deux très méprisantes :

La première, je pense, le lendemain de l'augmentation des prix de l'essence et du gazoile pour répondre à ceux qui s'interrogeraient sur cette augmentation injustifiée : il aurait été dit «ce n'est pas à l'état de payer l'essence aux automobilistes et que si ces derniers n'ont pas les moyens de se le payer, ils n'ont qu'à prendre les bus ». C’est vrai, il est indigne de faire de telle sortie. Comment peut on dire de telles bêtises quand on se sait l'état et le parc désastreux des bus dans la plus part des villes au Maroc ? Comment croire la voiture peut être considéré comme un luxe alors que dans notre temps, elle est utilisé comme un moyen par plusieurs marocains pour aller au travail et pouvoir habiter à l'extérieur des villes tout en gardant un lien social avec la cité. Tenir de tels propos, c'est tout méconnaitre et ignorer la réalité de notre Maroc.

La deuxième déclaration ou plus attitude qui m'a marqué est la politique du rétropédalage. Je note notamment l’affaire de la divulgation des listes des bénéficiaires de agréments de moyens de transport et celle de l'instauration d'une taxe sur la richesse. Le gouvernement disait qu'il est tout à fait normal et naturel de faire marche arrière quand cela crée un buzz médiatique. C’est absurde ! c’est insensé ! C'est de l’amateurisme de première heure quant à la préparation et maturité et communication des dossiers et des réformes. Je me demande si on ne confond pas précipitation et anticipation d’un côté et de l’autre côté politique du buzz et des effets d'annonce et buzz autour de la politique qu’on considère juste. Un gouvernement s'il croit bon dans ses réformes qu'il pense bénéfique pour le bien de la nation, doit tenir le cap et convaincre ses détracteurs. Il doit aller au bout de son programme.

Pour finir, je souhaite ardemment que ce gouvernement revoit sa position quant à la nomination des femmes dans les ministres, préfectures et grandes administrations publics. Je ne peux croire que notre Maroc ne dispose de femmes hautement qualifiées, diplômées et surtout méritantes.

Malgré ces notes négatives, il est juste et honnêtes de rappeler quelques bonnes actions de ce gouvernement notamment dans la justice et la décision d’imposer l’embauche des fonctionnaires via un processus clair et transparent et à travers des concours équitables et égalitaires.


Tagué : Hicham

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