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Abdelkarim Chankou - publié le Mercredi 27 Mars à 15:09

Les lentilles géologiques des cantines scolaires marocaines




Quinze années après l’éclatement au grand jour du scandale du détournement des fonds accordés par le Programme Alimentaire Mondial (PAM) et destinés aux cantines scolaires, le menu servi dans ces dernières n’aura guère connu d’amélioration. Surtout dans les réfectoires des lointaines écoles rurales où l’on continue à servir des repas qui donnent froid dans le dos.



Des demi-portions de fromage battu légèrement ombrés et  au goût amer, le petit verre de lait en poudre avec beaucoup de grumeaux du fait des taux anormaux de calcaire et de sel dans l’eau qui empêchent la dissolution du lait,  des rations de lentilles baignant dans une sauce primaire où l’eau salée le dispute à de la caillasse et  la petite sardine à l’huile qui fiche des piquements  à la langue sans oublier le pain noir ; non pas qu’il est fait à base de blé complet mais à partir d’une farine ordinaire enrichie à la protéine animale, celle de ces petites bêtes noirâtres qui peuplent les farines périmées.  Oui c’est vrai ça coupe l’appétit ! Mais savez-vous que malgré tout, il y a des élèves qui se voient obligés de laisser une petite part sur ce maigre menu à leurs petites sœurs  qui n’ont pas la chance d’aller à l’école ? « Il y a même des parents qui demandent à leurs petits de ramener un  petit peu de fromage à la maison »,  affirme Mohamed, habitant d’un douar du grand sud. Bien sûr la petite bourse mensuelle de 70 de dirhams que l’Etat alloue à ces pauvres écoliers, ces derniers n’en voient jamais la couleur, leurs parents étant trop fauchés pour s’en séparer !
 
Cette malheureuse situation  ne s’explique pas uniquement par la modestie du budget  de l’Etat à la restauration scolaire. Il y a aussi une part au trafic et à la triche, du genre que le scandale du PAM avait mis au jour en 1997-1998*. Cependant avec une enveloppe de 785 millions de dirhams pour 1.380.586 élèves bénéficiaires de la bouffe au bahut en 2012 (internats et externats confondus), il fallait un peu s’y attendre ; car calculs faits, ça donne 54 dirhams par année et par écolier !
 
(*) Notamment l’utilisation de l’huile alimentaire frelatée



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