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MAP - Hicham Boumehdi - publié le Mercredi 13 Avril à 15:04

Les jeunes, fer de lance de la revendication sociale en France




Paris - Les jeunes sont montés au créneau ces dernières semaines en France sur le front de la revendication sociale, avec pour toile de fond le projet controversé de loi de travail, jugé particulièrement préjudiciable aux jeunes.



Les organisations des jeunes, des étudiants et des lycéens se sont fait remarquer par leur mobilisation sans relâche contre ce projet de loi, porté par la ministre du Travail Myriam El Khomri et qui, pourtant, ne concerne pas uniquement cette catégorie, mais prévoit des mesures se voulant favorables à l'embauche et aux accords d'entreprises entre salariés et employeurs.

La contestation a franchi samedi dernier son cinquième jour de mobilisation et, même si le mouvement, qui s'organise partout en France, montre des signes d'essoufflement, les manifestants ne désarment pas et réclament le retrait pur et simple de ce projet de loi, en dépit des nombreuses modifications déjà apportées au texte initial à l'Assemblée nationale.

La situation paraît paradoxale sachant que ce projet de réforme du Code du travail était censé favoriser les premières embauches, qui concernent avant tout les jeunes, à travers plusieurs mesures incitatives mais aussi par une flexibilisation des dispositions du Code relatives notamment aux licenciements, au temps du travail et au dialogue social au sein de l'entreprise.

Selon les analystes, les jeunes, qui sont plus nombreux que l'ensemble des Français à se déclarer opposés à ce projet de loi, ont du mal à comprendre comment licencier plus facilement favorisera la création d'emplois, et voient ces nouvelles dispositions comme une réduction de leurs droits, ce qui renforce leur sentiment d'instabilité alors qu'ils cumulent déjà les emplois précaires.

Plus encore, cette mobilisation de la jeunesse traduit un ras-le-bol général d'une génération qui se dit "sacrifiée", condamnée aux taux de chômage les plus élevés, à la précarité des conditions d'étude et de travail et à la hausse du coût de la vie.

De ce ressentiment généralisé chez une grande partie de la jeunesse est né ces derniers jours le mouvement "Nuit Debout", une action prolongeant les manifestations hebdomadaires contre la loi Travail et qui rassemble, tout au long de la nuit les opposants de tous bords pour débattre et échanger les idées non seulement sur cette réforme, mais sur un ensemble de sujets politiques et sociaux.

Le mouvement, qui a vu le jour Place de la République à Paris, commence à essaimer dans plusieurs villes françaises et se présente comme un forum libre d'idées sur le projet de société et l'avenir de la France.

Devant cette grogne qui monte chez les jeunes, le gouvernement se devait d'agir en vue de calmer les esprits et tenter de rassembler autour de cette réforme et de sa politique en général.

Ainsi, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé une série de onze mesures en faveur des jeunes et des étudiants, d'un coût estimé entre 400 et 500 millions d'euros par an et destinées à aider les jeunes les moins aisés à accéder à un diplôme, à trouver un emploi et à améliorer leur accès au logement et à la santé.

Parmi ces mesures, figurent notamment le renchérissement des taxes sur le contrat à durée déterminée (CDD), pour favoriser l'embauche en contrat à durée indéterminée (CDI), l'augmentation du nombre de places dans les filières technologiques et la création d'une aide à la recherche du premier emploi pour les jeunes diplômés.

Pour autant, le Premier ministre a tenu à préciser que ces mesures n'ont pas pour objectif d'"éteindre une contestation", mais de "répondre à des inquiétudes profondes qui nécessitent une réponse dans la durée".

Si les principales organisations de la jeunesse se sont dites satisfaites de cette batterie de mesures, elles ont affirmé qu'elles restaient mobilisées contre la loi Travail, qui n'a pas été touchée par ces décisions.

Le président de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF), William Martinet, a résumé l'état d'esprit des jeunes. "Parce que les jeunes se sont mobilisés et ont relevé la tête, ils ont réussi à obtenir des mesures fortes pour leur insertion professionnelle et leurs conditions de vie", mais "tout ça ne lève pas tous les désaccords, notamment sur la loi travail", a-t-il dit.

Signe de la poursuite de la mobilisation des organisations de la jeunesse, l'intersyndicale qui rassemble l'UNEF, l'Union nationale lycéenne (UNL), le Syndicat général des lycéens (SGL) et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (FIDL), a maintenu un appel à manifester le 28 avril.

Le niveau de mobilisation lors de cette journée sera perçu comme un indicateur renseignant sur l'avenir de la réforme du Code du travail ainsi que sur le degré de détermination des jeunes à investir l'espace public pour faire entendre leur voix, à une année des élections présidentielles de 2017.



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