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Ahmed Hamdaoui - publié le Samedi 2 Novembre à 23:07

Les innovations qui s'imposent pour transformer nos universités en poules aux oeufs d'or




Les innovations pédagogiques à l’Université marocaine doivent prendre en considération les mutations dans le monde pour développer l’esprit d’entreprendre chez les étudiants et même chez les enseignants chercheurs.



Les innovations qui s'imposent pour transformer nos universités en poules aux oeufs d'or
De part le monde le chômage des diplômés est parmi les problèmes majeurs de ce siècle. C’est la raison qui a poussé depuis la fin des années 1990 beaucoup de pays, de régions et d’Universités à réfléchir à des outils qui peuvent permettre aux jeunes diplômés de réussir leur avenir sans compter uniquement sur l’Etat et la fonction publique. C’est ainsi que des innovations ont été introduites dans les contenus des programmes d’enseignement pour remplacer l’enseignement trop théorique par un enseignement plus concret et plus pratique. C’est ainsi aussi que de nouvelles matières ont commencé à voir le jour dans les filières d’enseignement universitaire (Méthodologies, langues et communications, projets de fin d’études et des modules pour introduire chez les étudiants la culture entrepreneuriale et le goût de l’aventure et du risque pour créer leurs propres entreprises). C’est ainsi qu’on a vu aussi naître dans le proche environnement des universités, des outils un peu particuliers appelés LES INCUBATEURS d’Entreprises Innovantes.

Pour être pragmatique je vais donner l’exemple de l’Alsace en France, région que je connais bien et qui est très dynamique au niveau scientifique et technologique.

L’Incubateur d’Alsace (SEMIA)

Structure qui a vu le jour à la fin des années 1990 suite à la loi Allègre.
Actuellement fonctionne selon un statut associatif et est composé par Six membres partenaires : L’Université de Strasbourg, l’Université de Mulhouse, le CNRS, l’INSERM, l’INSA et la Région d’Alsace.
La méthodologie de travail consiste à détecter les idées innovantes qui après sélection et pré-incubation sont incubées suivies et accompagnées pour en faire des Entreprises Innovantes. Depuis l’an 2000 SEMIA a incubé 131 projets avec 103 Entreprises crées dont 77 sont en pleine activité.

Espace Avenir de l’Université de Strasbourg

Cet espace à l’intérieur de l’Université permet d’aider les étudiants au niveau orientation et pour la recherche de stages ou emplois. A l’intérieur de cet espace se trouve une structure administrative appelée ETENA, voici la définition de ce service telle que présentée dans le site web de l’Université de Strasbourg :
« ETENA (Etudiants Entreprenants en Alsace) est l'un des 23 Pôles de l'Entrepreneuriat Etudiant labellisés par Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche au 1er octobre 2010 en vue de promouvoir la culture entrepreneuriale auprès des étudiants de l'enseignement supérieur et des jeunes diplômés. L'objectif est de mettre à leur disposition les outils nécessaires de sensibilisation, de formation et d'accompagnement, pour soutenir l'esprit d'entreprendre, l'envie d'innover et le sens du risque ».

AU MAROC
Il est vivement souhaitable d’éviter de reproduire dans ce secteur très important les erreurs commises au niveau du développement et de la gestion de la recherche scientifique. En effet, il faut surtout éviter la dispersion des efforts et des moyens. On voit déjà se créer des structures sans aucune coordination ni concertation. Beaucoup d’Universités créent des incubateurs qui n’ont de cette structure que le nom… Beaucoup d’idées innovantes brevetées incubent depuis longtemps… MAIS …uniquement dans les têtes des porteurs de ces projets… Beaucoup de « responsables » universitaires au lieu d’encourager l’installation de ces projets innovants dans l’enceinte de l’Université, cherchent par tous les moyens à s’en débarrasser en poussant les porteurs de projets à se précipiter pour créer leur entreprise à l’extérieur de l’Université sans aucune préparation préalable, ce qui est une très grave erreur…

Cherchons « poules couveuses » pour les œufs des Universités ! …
Les moyens actuels des Universités publiques, la lourdeur administrative et l’archaïsme des lois de leur gestion financière ne permettront jamais à ces universités d’encadrer correctement l’incubation, l’accompagnement et la création de jeunes entreprises innovantes. Les Universités doivent surtout travailler l’encadrement de l’enseignement dans les domaines de l’entrepreunariat. Les « œufs » de bonne qualité qu’elles vont « pondre » doivent être orientés vers d’autres « poules » capables de les « couver » correctement pour leur permettre une bonne éclosion et un développement épanoui.

PROPOSITION :
Le Ministère de l’Enseignement Supérieur, l’OMPIC, le CNRST, l’INRA, l’OCP, Maroc Telecom, l’ONA avec peut-être d’autres opérateurs économiques peuvent participer à la création d’une grande structure d’incubation d’entreprises innovantes. Cette structure unique peut ensuite développer des antennes dans les régions du Maroc. L’actuelle direction de l’OMPIC avec la jeune et dynamique équipe de cet organisme a réussi à faire augmenter considérablement le nombre de brevets d’inventions déposés par les enseignants chercheurs et les étudiants des Universités marocaines.

Il est absolument anormal de voir toutes ces idées inexploitées et partir en fumée …

Ahmed Hamdaoui
Professeur à l’Université
Cadi Ayyad de Marrakech


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