Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Afrique: la diplomatie algérienne multiplie les impairs à cause du... | via @lemagMaroc https://t.co/GvkvQIop7S https://t.co/fhLnSnexyU



Pr. Mourad Alami - publié le Mardi 3 Septembre à 16:27

Les innombrables bourdes de Saad Eddine El Othmani, Ministre des AE






Mourad Alami
Mourad Alami
Normalement, il devrait quitter le gouvernement Benkirane I, étant donné qu’il serait insensé de prendre tout un pays en otage, et cela de façon immuable et permanente au point que les différentes bavures de Son Excellence Monsieur le Ministre n’ont jamais pu être assujetties à une régénération forcée, vu ses troubles d’équilibre inaltérables, maladresses professionnelles fréquentes, pour lequel, sans ambages, j’ai beaucoup d’estime en tant que personne ; toutefois en tant que Ministre des Affaires Etrangères il est d’une balourdise sans précédent, aussi bien dans l'attitude, le comportement que dans les propos. Il se comporte jusqu’à ce jour comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.

Nous n’avons pas oublié encore son allocution farfelue prononcée à la télévision marocaine, dictée par le goût de l’irrationnel et de la bizarrerie ; juste quelques mois après sa nomination nos petits cœurs n’ont cessé de battre puissamment de joie à la nouvelle de pouvoir se rendre à Tlemcen, Oran, Alger et Annaba quand cela nous plaira et que nos voisins, amis algériens feront de même ; car la liberté de circulation est un droit fondamental, reconnu dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, toutefois bafoué sans cesse par le parti unique, la junte militaire d’Alger, qui excelle dans l’art de renverser les rôles tout en se faisant passer éternellement pour des victimes, toutefois « agissantes ».

Une petite phrase de Saad Eddine El Othmani, certes anodine et sans gravité : «nous allons ouvrir les frontières avec l’Algérie, d’ici quelques mois », mais de grande ampleur ; plus d’une année et demie s’est écoulée, tous les va-et-vient fiévreux du grand timonier de la diplomatie marocaine entre Rabat et Alger, et cela à nos dépens, sont restés sans effet et n’ont abouti à aucun résultat palpable, comme son maigre bilan d’ailleurs. Ou plutôt si ? Car l’Algérie a su remercier Saad Eddine El Othmani de son empressement, servile et obséquieux, tout en fomentant ces derniers jours une escalade médiatique acharnée de toute pièce, due à une jalousie maladive, inapaisable, et en ouvrant les vannes de drogues synthétiques (en langue marocaine : elqerqoubi) bon marché, faciles et médiocrement produites vers le Royaume et en contribuant de manière substantielle à la contrebande de carburants, de différents produits cosmétiques, pharmaceutiques ainsi qu’alimentaires ; masochiste de nature, il continua à se rendre à Alger, comme si ce zèle le soulevait à tel point qu’il éprouvait un fort sentiment que les exercices les plus rebutants de sa diplomatie devinrent ses préférés.

Lorsque Mr. Tayeb Edogan s’est rendu dernièrement au Royaume, on a été choqué de le voir en compagnie du Premier Ministre turc, tout en lui fourrant à l’aide d’une petite cuillère un morceau de gâteau dans la bouche; une image qui a été massivement relayée par les chaînes satellitaires internationales et réseaux sociaux, comme si nous étions des gueux, à la merci et implorions la clémence de l’empire ottoman. Il convient de s’interroger sur les choix médiatiques de Saad Eddine El Othmani : est-ce qu’il est dépourvu d’amour-propre, de dignité et de noblesse ? Il n’a jusqu’à présent pas compris qu’il est le représentant de toute une nation, pas de son parti ni de son « bled », sans jugement de valeur. En tant que responsable politique, il faut qu’il sache que l’utilisation et l’instrumentalisation des symboles sont fortes en politique, image, attirail, parole, geste, signal, même le silence etc. qu’on peut qualifier de rhétorique des symboles.

Au lieu de ne pas instrumentaliser les établissements du Ministère des Affaires Etrangères pour des fins politiciennes qui sont en premier lieu un bien public, la propriété de tous les contribuables marocains, que fait notre premier diplomate? Il invite quelques ambassadeurs musulmans, accrédités au Royaume, lors de ce ramadan et se déclare, assure d’une manière arbitraire la fonction d’Imam et dirige la prière dans les locaux du Ministère comme si cet établissement public était devenu une mosquée, une propriété privée, tout en publiant cette photo sur tous les supports médiatiques envisageables.

Le bon diplomate est tenu en grande partie à l’obligation de réserve, à l’abstention d’afficher son opinion d’une manière agressive, ostentatoire, sa conviction personnelle, religieuse ou politique, vu qu’il est le Ministre de toutes les Marocaines, Marocains et pas le Ministre de « L’internationale islamiste », du PJD. Saad Eddine El Othmani est psychologue, et j’espère qu’il est toujours en possession de sa capacité de contracter, car ce qu’il est en train de faire aujourd’hui est totalement inadmissible et représente un dérapage insolite, étant donné qu’il vient de transformer le Ministère des Affaires Etrangères en Zaouia, du fait qu’il ne faudrait plus parler du Ministère des Affaires Etrangères du Royaume du Maroc, mais de la « Zaouia Othmaniya du Royaume du Maroc ».

Assigner l’Ambassadeur du Royaume, accrédité au Koweït, d’organiser une rencontre avec les frères musulmans de ce pays frère, quelques uns ont été traduits en justice pour des délits de terrorisme islamiste, tout en créant ainsi une tempête diplomatique jusqu’à ce que Sa Majesté intervienne personnellement auprès de l’Emir du Koweït ; cela ne prouve que l’amateurisme professionnel et le manque de doigté de notre bien-aimé, surtout surpayé, vu les différentes factures salées diplomatiques, Monsieur le Ministre.

Qui a payé les pots cassés ? Le pauvre ambassadeur du Royaume qu’on a immédiatement mis au placard, pourtant Saad Eddine El Othmani est toujours là, il se porte bien, sa digestion aussi, et il est de nouveau à la recherche, recherche insatiable évidemment, d’autres magasins de porcelaine. Il s’agit bien d’une injustice flagrante, Saad Eddine El Othmani doit quitter le gouvernement boiteux de Benkirane ; car l’ambassadeur n’est qu’un simple exécutant, lié étroitement aux instructions de son supérieur. Alors, pourquoi ce manque de responsabilité de la part du Ministre? Ou est le courage politique de dire oui, j’ai commis différentes erreurs graves, je quitte ; ou est-ce qu’il attend jusqu’à ce que Benkirane lui montre la porte.

Depuis le début, j’ai été très sceptique s’il était en état d’accomplir sa mission dans les meilleures conditions à la satisfaction de tous et de toutes, vu le manque de savoir-faire, de culture, de civilisation, de langues étrangères et surtout de connaissances du monde. Il ne suffit pas d’offrir son plus beau sourire aux caméras, de manière appropriée ou non ; une certaine convergence avec la situation en question oblige.

La diplomatie est tout un ensemble de pratiques et d’exercices, l’ouverture d’esprit, la probité morale et intellectuelle, la publication d’écrits à l’envergure internationale qui ont su contribuer au rayonnement du Maroc, la pratique de la décence et de la vertu, le sens de la dignité et de l’honneur, l’honnêteté et faire surtout preuve de loyauté. Ce qui n’est aucunement le cas de Saad Eddine El Othmani qui a poussé, avant sa nomination en tant que Ministre, nos compatriotes au nord du Maroc de proclamer la République du Rif afin de mettre sous pression le palais et d’entrer en négociation avec celui-ci. Mentalité de bazar. Et celui qui est en état de réclamer la proclamation de la République du Rif est bien prêt à revendiquer un de ces jours la proclamation de la République des Provinces du Sud, comme monnaie d’échange. Du pur chantage et de la provocation politique. Mr. Saad Eddine El Othman est devenu politiquement et moralement insupportable.

Nous avons bien besoin d’une vrai tête pensante, nouvelle, ouverte sur le monde, de grande culture et maîtrisant, à côté de l’arabe, de préférence au moins les quatre langues étrangères d’envergure internationale : anglais, français, allemand et espagnol. Nous avons eu assez de patience avec ce gouvernement qui ne cesse de nous décevoir à tous les niveaux. Mohammed VI a été clair, et cela à deux reprises, lors de son discours du 20 août 2012 et celui du 2013, tout en rappelant et en mettant en exergue le rôle prédominant de l’enseignement. Rien ne s’est passé dès lors, comme si ces discours n’avaient aucun poids et ne seraient rien que du tapage médiatique et bavardage irresponsable, bien que nous connaissions très bien le dynamisme et l’esprit actif, réactif du Souverain ; si Hassan II, « Ellah irehhmou », aimait le discours, Mohammed VI préfère l’action. La nouvelle constitution et récemment le geste humaniste, plein de compassion, de manifestation de pitié sincère pour les familles et leurs enfants qui ont subi les abus sexuels, perpétrés par Daniel Galvan, témoignent bien de l’attention que porte le Roi à ses compatriotes.

Et si les vagues de contestations populaires sans précédent qui ont secoué le Maroc se sont relativement apaisées, cela est du uniquement à la crédibilité, à la confiance en la personne de Mohammed VI et à l’attachement du peuple marocain à la monarchie, cela ne veut toutefois pas dire, qu’il n’y a pas d’opposants ; ce qui est absolument normal et salutaire, autrement on aurait une dictature. Si, il y a des opposants, mais jamais contre l’institution monarchique en tant que telle, mais plutôt à quel genre de monarchie il faudrait adhérer : à une monarchie exécutive ou à une monarchie parlementaire. Et le peuple marocain, peuple intelligent, conscient des déchirements, des turbulences et guerres civiles que connaissent quelques pays du monde arabe et de notre région, a opté pour la restauration au lieu de la destruction et des guerres intestines. Une opération, équation moins coûteuse et surtout gérable, assurant ainsi une certaine visibilité.

Seul Mohammed VI et ses propositions concrètes ont su mettre fin à la colère, à la contestation de la rue marocaine ; toute autre tentative de n’importe quel parti, comme Benkirane récemment, dimanche 2r août 2013, de vouloir s’accaparer cette réalité, cela ne représenterait qu’une aventure démagogique, qu’un délit d’usurpation intolérable dans le but de se parer des plumes de paon. Etant donné qu’il n’y avait pas un seul leader politique qu’on n’a pas prié de « dégager » lors des démonstrations du « Mouvement du 20 février ».

Quant aux recommandations du Souverain ; une refonte courageuse et sincère se fait sentir plus que jamais, traduite dans les faits par un remaniement sérieux d’un gouvernement « Benkirane bis » qui devrait être un gouvernement de salut national, avec de nouveaux visages, pas de personnel au rebut, recyclé à outrance. Ce nouveau gouvernement doit faire preuve d’audace, de créativité pour parvenir à des solutions adéquates et remédier ainsi aux maladies multiples que connaissent les différents secteurs ministériels, notamment l’enseignement marocain.

Le problème essentiel, tous ministères confondus, n’est pas un problème de politique, mais un problème de fond, de structure. Car l’édifice conceptuel de l’Etat, les fondements posés, les assises ne sont pas solides et fiables ; au lieu de traiter la cause, l’origine de la maladie, nous perdons notre temps à attaquer les symptômes. Le médecin ne peut prescrire un médicament s’il ne connaît pas le virus réel, l’agent de la maladie, c’est pour cette raison que notre corps, notre société, notre gouvernement souffre toujours d’une fièvre chronique.

Cela fait plus de 60 ans que nous sommes toujours à la recherche de la formule magique, sans succès. Nous ne produisons dans nos écoles, lycées et universités que de la souffrance permanente, une pauvreté multidimensionnelle, du chômage, le malheur, l’insécurité, les tensions sociales, le mécontentement, la contestation, un avenir sans lendemain, la fuite des cerveaux, la dépression, le stress, aussi bien émotionnel, mental que financier, le suicide (plus de 90 cas d’immolation) etc. C’est pour cette raison qu’il faudrait primo : dispenser les cours dans la langue vivante du pays, la plus utilisée, qui est bien la langue marocaine (Tameghrabit), graphie : ou bien des caractères arabes ou latins, la réforme de l’écriture turque pourrait servir de modèle, tout en apprenant à côté l’arabe, l’amazigh et en élargissant l’éventail de l’apprentissage des langues étrangères : anglais, allemand, chinois, espagnol, russe etc. ; secundo : s’inspirer du modèle d’enseignement finlandais, tertio : intégrer le système dual allemand, afin de préparer les jeunes à la vie professionnelle et sociale, cheville ouvrière de toutes les sociétés modernes et civilisées.

L’Allemagne, grâce à ce système original, la seule à avoir su relever le défi de la crise économique qui a secoué le monde entier ; même la Chine souffre entre temps de la crise mondiale. Ce système éducatif combine l’enseignement et l’apprentissage en entreprise ; on crée ainsi d’une manière intelligente un lien vital et bénéfique entre l’environnement social, économique et la formation professionnelle.

Il faut faire dès le départ le bon choix, opter pour le meilleur des systèmes éducatifs possibles et la langue d’enseignement qui doit être le marocain, et ne plus regarder en arrière ou se fixer sur les occasions manquées, mais regarder droit devant, tout en perfectionnant constamment le système éducatif, les curricula et en les tenant à l’écart de la politique et de la religion.

Les conclusions du rapport PISA sont sans équivoque, tout en plaçant le système éducatif finlandais à la tête des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Ces conclusions se basent sur l’évaluation d’examens de lecture, de mathématiques, sciences et connaissances des technologies nouvelles de 40.000 élèves de l’âge de 15 ans. Quelques spécificités du système éducatif finlandais: a. une seule école pour toutes et tous, afin d’assurer une égalité des chances réelle, b. enseignement gratuit (ramassage, cantine, livres, cahiers, crayons, stylos, adhésifs etc.), c. apprentissage des pratiques de citoyenneté, de démocratie et de civisme, d. pas de notes avant douze ans, e. participation active des enseignants aux programmes scolaires, f. présence à l’école, rien que les matinées, g. promotion de la recherche et de l’invention. Avant la réforme du système éducatif finlandais, le pays connaissait aussi le fléau des écoles privées qui étaient deux fois plus élevées que celles du public.

Certes, on ne pourrait pas apposer le système éducatif finlandais aux réalités marocaines à 100%, une adaptation serait recommandable. Mais que le système éducatif marocain doit être réformé, cela n’est qu’un secret ouvert, sinon nous allons droit dans le mur, sans airbag ni assurance. Dans ce cas là, tous les scénarii, toutes les éventualités, nourries par des augmentations de prix excessives, des tensions sociales et dictées par des discours fiévreux et incendiaires sont envisageables, étant donné qu’on ne peut s’abriter à la longue dans des « villages Potemkine ».

Pr. Mourad Alami
Universitaire, écrivain et traducteur


Tagué : Mourad Alami

               Partager Partager


Commentaires