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CGNews -Emarrakech - publié le Mardi 3 Mars à 16:00

Les initiatives interreligieuses britanniques, exemple aux coreligionnaires du Moyen-Orient




Usama Hasan - Ces dernières semaines, le Royaume-Uni (et le reste du monde) a observé à la fois un optimisme général et une sincère consternation. Comme d’autres dans le monde, les croyants en Angleterre se sont rassemblés avec grand enthousiasme pour célébrer l’inauguration de Barack Obama et les nouvelles possibilités qu’il incarne. Malheureusement, juste avant, est survenue la tragédie du violent conflit qui s’est déroulé à Gaza.



Pour que l’espoir succède à la tragédie, les chefs musulmans et juifs britanniques se sont réunis pour lancer des initiatives interreligieuses qui sont importantes pour parvenir à une harmonie communautaire au Royaume-Uni mais qui ont aussi pour but d’inciter les dirigeants politiques du Moyen-Orient à oeuvrer pour une paix durable entre Israël et la Palestine.

Pendant le conflit de Gaza, l’Angleterre a enregistré une augmentation des agressions antisémites et islamophobes à l’encontre de citoyens ordinaires. Un incendie criminel a eu lieu dans la synagogue de Londres ; la fille d’un chef musulman s’est fait attaquer et a été retrouvée sans connaissance dans le centre de Londres. Le gouvernement et les organisations musulmanes locales ont mis en garde contre l’exploitation éventuelle du conflit par des organisations extrémistes cherchant à radicaliser davantage l’opinion publique.

Néanmoins, malgré ces tensions, des signes encourageants ont été observés. Le dialogue entre les musulmans et les juifs britanniques, longtemps réprimé par le conflit arabo-israélien (que personne n’ignore mais que tout le monde passe sous silence) est en fait devenu plus franc et s’est accompagné de tentatives plus importantes visant à harmoniser les positions théologiques et politiques.

Pendant le conflit, lors de plusieurs réunions organisées à Londres entre les chefs religieux juifs et musulmans, auxquelles ont participé des membres du Three Faiths Forum, du London Jewish Forum et de City Circle, tous ont parlé ouvertement de ce qu’ils ressentaient concernant Gaza; ils ont exprimé leur horreur devant la souffrance des civils de tous bords et ont montré une détermination accrue pour trouver des moyens pratiques visant à favoriser un accord de paix juste en Terre Sainte.

Malgré les tensions, la bonne volonté de tous côtés et l’inquiétude face à la montée de la violence antisémite et islamophobe à Londres ont, en fin de compte, incité des chefs religieux de diverses confessions, y compris des trois religions abrahamiques, à faire une déclaration publique commune engageant les communautés à une coexistence pacifique.

Cette déclaration appelée ‘‘United London Stands’’ a été saluée par les médias traditionnels et l’événement a été couvert, entre autres, par la BBC et The Times. Dans la déclaration, il est demandé instamment aux communautés de rester unies et il est indiqué: ‘‘Tout d’abord, nous sommes décidés à garantir que les communautés ethniques et religieuses de cette ville travaillent pour poursuivre ensemble la construction de cette ville. Nous sommes tous des londoniens engagés dans la croissance et le bien-être de la ville.’’

Les chefs juifs ont accueilli favorablement une déclaration séparée émanant des chefs musulmans britanniques dans laquelle il est instamment demandé à leurs communautés de rejeter et de s’opposer avec fermeté à tout comportement antisémite après qu’il fût clair que certains des derniers actes antisémites avaient été perpétrés par des musulmans.

Les chefs juifs et musulmans ont exprimé, à de nombreuses reprises, nourrir l’espoir que des juifs et des musulmans vivant ensemble en harmonie en Europe soient capables de montrer l’exemple à leurs coréligionnaires et chefs politiques du Moyen-Orient.

Mais nous, dirigeants, savons que notre participation et notre bonne volonté dans les initiatives interreligieuses locales ne sont pas suffisantes. Pour vraiment résoudre le conflit arabo-israélien, le monde musulman doit accepter l’existence d’Israël, ce qui n’est pas encore le cas.

Après plus de 60 ans, les musulmans semblent encore refuser d’admettre la perte d’une partie de la Palestine, un événement qui a été profondément traumatisant pour ceux dont les ancêtres avaient vécu en Terre Sainte pendant douze siècles. Le fait que seulement quelques pays sur près de cinquante majoritairement musulmans tels que l’Egypte et la Jordanie ont signé des traités de paix avec Israël montre l’étendue du problème.

Mais le monde musulman ne peut, à lui tout seul, rétablir la paix au Moyen-Orient. Il faut que les efforts soient équitablement partagés. Israël doit renoncer à son occupation illégale et à ses colonies en Cisjordanie. Pour ce faire, il doit avoir l’assurance que le monde arabe et musulman reconnaîtra et respectera son existence.

Dans notre action interreligieuse, nous avons tenté de modeler ce respect entre les groupes locaux et nous avons demandé aux chefs politiques de promouvoir une paix durable entre deux groupes bien plus grands (les Israéliens et les Palestiniens). Avec le cessez-le-feu à Gaza qui jusqu’ici est respecté et un nouveau président américain qui insuffle l’espoir dans le monde entier, les chefs religieux et politiques doivent saisir l’occasion pour travailler judicieusement ensemble et prendre des décisions courageuses et honnêtes dans notre intérêt à tous.



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