Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
Quand l’ambassadeur algérien à Bruxelles s’autoproclame porte-parole... | via @lemagMaroc https://t.co/F0hTNSg04E https://t.co/kNECBG2gzr



Natana J. DeLong-Bas - publié le Mardi 22 Janvier à 21:10

Les femmes du printemps arabe, toujours fortes, toujours déterminées






Les femmes du printemps arabe, toujours fortes, toujours déterminées
Boston, Massachusetts – Le printemps arabe nous a montré la force et la détermination de bien des femmes arabes : elles sont descendues dans la rue, elles se sont servies des nouvelles technologies pour amener le changement dans leurs gouvernements et dans leurs sociétés. Cette période a mis fin aux stéréotypes d’oppression et de passivité. Nous avons entendu des voix et vu des visages pleins d’espoir, qui demandaient un changement de régime, des gouvernements inclusifs où les femmes auraient enfin leur place et des droits dans une société dépourvue de toute corruption.
Et pourtant, aujourd’hui, le printemps arabe semble pour un grand nombre être devenu l’automne arabe. Titre après titre, les journalistes se demandent, désolés, si un changement de régime authentique a réellement eu lieu. Ainsi, des inquiétudes se sont faites ressentir sur le rôle joué par l'Islam dans les nouveaux gouvernements. Car, dans la transition, les droits des femmes ont largement été mis à l'écart. Ni actrices ni collaboratrices, elles sont aujourd’hui soumises à l’Etat et à ses politiques.

Mais elles n’ont pas baissé les bras, bien au contraire.

Au cours des deux dernières années, le débat sur la place publique au sujet de l'égalité s'est étendu à tout le Proche-Orient. La plus grande leçon que les femmes aient pu tirer de la révolution est la confiance collective, car elle est le fruit de leur expérience – à savoir la réussite dans la sphère publique ; la prise en mains de leurs destins lorsque leurs voix ont été entendues, même en Arabie Saoudite, où le Roi Abdullah a annoncé récemment que le nombre de femmes désignées au Conseil de Choura (l’assemblée consultative) était deux fois plus élevé que prévu ; le fait d’être devenues des agents du changement, traitant des questions environnementales aussi bien que de la création d'une culture du volontariat ; la collaboration avec des hommes en vue de buts communs et nationaux.

Nulle législation ne peut effacer ces faits. Ils resteront gravés dans la mémoire des individus, et constituent une base qui permet aux femmes de revendiquer leurs droits, malgré un climat qui a depuis été délaissé.

Leur militantisme n'est ni un hobby, ni un simple passetemps ; il est vital pour l'avenir de leurs pays. Et c’est pour cette raison qu’elles ne baissent pas les bras.

A Bahreïn, malgré les menaces et le harcèlement, Maryam Al-Khawaja, militante pour les droits humains, écrit des tweets plusieurs fois par jour pour faire connaître des affaires judiciaires, des arrestations et des cas d’intrusion. La journaliste Reem Khalifa, elle aussi, défie le harcèlement, les menaces de mort et même les bombes lacrymogènes des forces de l'ordre pour protéger des manifestations pacifiques en faveur de la démocratie.

En Egypte, la journaliste, bloggeuse et militante en faveur des droits humains Nawara Negm se sert de Twitter pour encourager les jeunes à rester actifs dans le domaine politique ; Esraa Abd ElFattah, militante des droits humains et bloggeuse – aussi connue comme la « Facebook Girl » en raison de ses mises à jour sur Facebook et Twitter durant la révolution – poursuit son travail avec l'Académie démocratique d'Egypte, en formant les jeunes à la production média et au contrôle des élections ; et la journaliste Rasha Azab travaille sur l'exposition de cas de torture par les militaires.

En Libye, Rihab Elhaj et Iya Khalil ont cofondé la New Libya Foundation afin de favoriser la naissance de la société civile entièrement par l’enseignement de l'engagement civique, l'inclusion et la collaboration. Magda Sharkasi a cofondé la Tibra Foundation, qui reconnaît et récompense des jeunes femmes libyennes qui travaillent à la concrétisation des objectifs de leurs communautés. Le Forum des femmes libyennes encourage une prise de conscience et une reconnaissance des droits des femmes, demandant à ce qu'ils soient inscrits dans la constitution. Les femmes libyennes s'efforcent aujourd'hui de traiter des questions telles que la protection de l'environnement, mais aussi la revendication des droits humains, la protection de sites historiques et sacrés et des collections d'armes.

Pourquoi ?

Parce que ces révolutions n'ont jamais été exclusivement pour « le droit des femmes » à la démocratie, à la liberté et à la dignité humaine – et la création d'un climat politique compétitif, mais sain, dans lequel toutes les composantes soient inclues. Ces révolutions ont été, et le sont encore aujourd'hui, en faveur de droits pour tous. Tant que ces objectifs ne seront pas atteints, les révolutions ne cesseront d’avoir lieu.

Les femmes continuent de s’imposer, de parler, de manifester et de revendiquer leurs droits. Et elles ne sont pas près de s’arrêter. Leurs esprit, courage et détermination ne peuvent être brisés. Elles ont appris ce que représentait le pouvoir d’une action commune et la force de leurs voix.

La décolonisation est terminée depuis des décennies, les besoins d’une nation ne sont plus au-dessus des « inquiétudes féminines». Nous sommes en 2013, où les problèmes des femmes sont les problèmes de tout le monde, où les besoins d’une nation ne peuvent être satisfaits sans inclure les voix de tous les citoyens – femmes, hommes, jeunes et vieux, de toutes les ethnies et de toutes les religions.

Les femmes ont collaboré au début du printemps arabe. Elles continuent aujourd’hui de travailler, afin que l’égalité ne soit pas seulement inscrite dans la nouvelle constitution, mais pour qu’elle soit aussi palpable dans la vie de tous les jours.

###

* Prof. Natana J. DeLong-Bas est la rédactrice en chef de la Oxford Encyclopedia of Islam and Women et l’auteure de Wahhabi Islam : From Revival and Reform to Global Jihad. Elle enseigne la théologie comparée à Boston College. Article rédigé pour Common Ground News Service (CGNews).



               Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles