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CGNews - Emarrakech - publié le Samedi 4 Avril à 11:10

Les femmes du Golfe




Rafiah Al Talei et Samar Fatany - Lors des élections législatives d’octobre 2007 à Oman, deux sièges précédemment alloués à des femmes ont été perdus. A l’élection au Conseil consultatif d’Oman, aucune femme ne s’est fait élire.



En guise de compensation, le sultan Qaboos bin Said a alors nommé au Conseil d’Etat, organe consultatif du gouvernement, 14 femmes qui avaient auparavant eu des fonctions d’académiciennes, de sous-secrétaires d’état et de membres du Conseil consultatif. Grâce à cette mesure, le Conseil d’Etat compte le plus grand nombre de femmes de son histoire – mais cela n’est pas suffisant.

Au cours des cinq dernières années, quatre femmes ont été nommées à des fonctions de niveau ministériel, trois d’entre elles étant respectivement responsables de l’enseignement supérieur, du tourisme et du progrès social, et la quatrième de la Commission de l’artisanat.

Dans d’autres hautes fonctions politiques, une femme encore est sous-secrétaire au ministère de l’éducation, deux autres sont ambassadeurs aux Pays-Bas et aux Etats-Unis. Dans le sultanat, les femmes occupent cinq pour cent des postes à responsabilité et représentent 18 pour cent de la population active.

Les femmes politiques d’Oman restent avant tout tributaires du gouvernement qui les a nommées, leur rôle se réduisant généralement à l’émission d’opinions et d’avis, et à l’exécution des politiques définies par le gouvernement. Malgré tout, il semble que certains changements subtils mais significatifs intervenus l’année dernière puissent être indirectement attribués à la présence de femmes à des postes influents.

Dans le cadre d’une décision historique, les Omaniennes se sont vu reconnaître l’égalité des droits, le droit à des terrains publics gratuits et, en vertu de la nouvelle Loi sur la preuve, un poids égal en matière de témoignage devant les tribunaux. Le Parlement a également adopté une nouvelle loi contre le trafic des êtres humains, fléau dont les femmes sont les premières victimes.

Il faut espérer que ces tout premiers progrès ne soient pas aussi les derniers.

Les femmes d’Oman veulent participer plus activement à la vie publique. Malheureusement, elles se sentent démunies de tout pouvoir sur le cours des événements politiques, dans la mesure où la plupart des responsables sont nommés à la discrétion du sultan, dans ces conditions le plus souvent opaques.

Il n’existe pas de mouvement politique organisé, il est vrai. Pourtant, de nombreuses femmes estiment qu’elles devraient être plus nombreuses au gouvernement, ainsi qu’au Conseil consultatif, proportionnellement au rapport des sexes selon le recensement national, ou proportionnellement à leur présence sur le marché du travail.

On pourrait aussi augmenter le nombre de postes électifs, ce qui permettrait à des femmes de se présenter à des fonctions officielles.

En cette époque où la cause des femmes est un problème de premier plan et où des voix s’élèvent, tant dans le pays qu’au niveau international, pour exiger davantage d’égalité, les droits de la femme à Oman ne peuvent plus être ignorés.

Encourageant : première nomination d’une Saoudienne à un poste politique par Samar Fatany.

Djeddah (Arabie Saoudite) – Le mois dernier, une Saoudienne a été nommée vice-ministre de l’éducation des femmes. Cette toute première nomination politique d’une femme constitue un progrès encourageant qui pourrait avoir une incidence sur le changement et accélérer la réforme en Arabie saoudite. Pourtant, de nombreuses femmes restent sceptiques.

Certes, les progrès vont à pas de géant dans d’autres secteurs. Ainsi, le gouvernement vient de nommer une doyenne à la tête de l’Université de Ryad. On peut aussi trouver des femmes chefs de service dans certains hôpitaux. Mais l’Arabie saoudite ne compte encore aucune femme à un poste de responsabilité politique.

La nomination de Nura Al Fayez au poste de vice-ministre va-t-elle véritablement changer la donne ? Une Saoudienne, seule et unique, peut-elle plaider la cause de toutes les autres ?

Al Fayez connaîtra bien des difficultés. Sa tâche consistera à favoriser l’excellence académique des étudiantes, à proposer des programmes de formation permettant aux femmes d’acquérir des qualifications utiles sur le marché du travail et à analyser les handicaps qui font obstacle à la formation universitaire et à qualité de vie des femmes.

On attend également qu’elle s’attaque au problème de l’interdiction de l’éducation physique pour les filles à l’école et à l’université, qu’elle améliore les locaux scolaires et qu’elle mette en place des programmes extra curriculaires de musique et de théâtre.

L’attente des Saoudiennes, on le voit, dépasse de loin l’étendue de ses responsabilités. Elles sont pourtant nombreuses à espérer qu’elle fera pression sur le Conseil de la choura (organe politique consultatif équivalant à un parlement, mais doté de pouvoirs législatifs limités) pour éliminer la discrimination dont les femmes sont victimes en politique et exiger l’institution de quotas dans les postes à responsabilité.

De plus, Al Fayez aura à compter avec la pression des milieux réformistes en faveur de l’égalité citoyenne des femmes, pour que celles-ci puissent accomplir leurs rêves et leurs aspirations.

L’échec de l’Arabie saoudite en matière de responsabilités décisionnelles accordées aux femmes a privé le pays de quelques-uns de ses meilleurs cerveaux. Beaucoup pensent qu’il faudra encore une autre génération pour que les Saoudiens changent leurs préjugés contre les femmes.

La nomination de Al Fayez laisse pressentir un vent de réforme.
On peut voir là un pas dans la bonne direction. Mais sera-ce suffisant pour changer le cours des choses ? Toutes les femmes du pays ont les yeux fixés sur Nura Al Fayez.



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