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Zakaria ABOUDDAHAB * - publié le Jeudi 31 Janvier à 20:45

Les événements de Gdeim Izik à l’épreuve de la gouvernance sécuritaire




Certains médias étrangers ont amplifié les événements consécutifs au démantèlement du campement de Gdeim Izik, non loin de la ville de Laâyoune. S’il convient de déplorer ces événements, qui sont le résultat d’un processus d’accumulation, il faut, en même temps, saluer la démarche des forces de l’ordre qui ont évité, tant bien que mal, un usage disproportionné de la force. D’ailleurs, du côté des manifestants, les rapports sérieux, dont celui rédigé par une Commission parlementaire d’enquête, font état de deux morts auprès des civils et de 11 morts du côté des forces de l’ordre.



Les événements de Gdeim Izik à l’épreuve de la gouvernance sécuritaire
Lorsque l’ordre a été donné de démanteler le campement le 8 novembre 2010, à 6h45, les forces de sécurité ont, dans un premier temps, sommé les occupants de quitter les lieux. Or, les éléments qui ressortent des enquêtes menées révèlent que parmi les protestataires, certains ont dissuadé les forces de l’ordre en utilisant des cocktails Molotov, des sabres ou encore des pierres. Dès lors, les forces de sécurité n’avaient d’autre choix que d’intervenir pour disperser les occupants et défaire le campement devenu, progressivement, un bastion d’agitateurs ne cachant pas les visées séparatistes de certains d’entre eux, téléguidés en cela par le Polisario sous l’œil bienveillant d’Alger.

Auparavant, des négociations ont été menées entre les autorités et les occupants du campement pour trouver une issue consensuelle. Un dénouement de cette crise allait avoir lieu si ce n’est l’entêtement de certains éléments perturbateurs qui, au-delà des revendications sociales exprimées, avaient des instructions de l’extérieur pour procéder à des actes de déstabilisation.

Les forces de l’ordre ont eu le réflexe de filmer toute la scène liée à leur intervention. Or le film tourné montre l’ampleur de la violence utilisée par les agitateurs : des personnes cagoulées, brandissant des sabres et jetant, sur les forces de l’ordre, des pierres et, pire encore, des cocktails Molotov ont été filmées en pleine action. Si, parmi les civils, deux personnes ont été tuées, il faudra déplorer la mort de 11 éléments des forces d’intervention, pour la plupart des rangs des forces auxiliaires et de la gendarmerie royale.

Il est regrettable que des médias étrangers n’aient pas suffisamment mis l’accent sur la gouvernance sécuritaire qui a prévalu au moment du démantèlement du camp. En effet, aucune balle réelle n’a été tirée sur les manifestants, et les tentes ont été enlevées avec une rapidité exceptionnelle. La propagande polisarienne a cherché, comme à l’accoutumée, à semer la confusion et à faire état de morts imaginaires, voire de « génocide » perpétré à l’encontre des populations. Le rapport du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, présenté au Conseil de sécurité en avril 2011, a apporté un démenti à ces allégations.

Le nouveau mode opératoire des forces de l’ordre n’est pas le fruit du hasard. Il résulte d’une réflexion mûrement menée et qui a débuté, précisément, en octobre 1999, lorsque le roi du Maroc a appelé à un nouveau concept de l’autorité. Dans la foulée, l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des provinces du sud et le Conseil royal consultatif des affaires sahariennes ont été institués pour favoriser une meilleure gestion de proximité de ces territoires. En outre, un Projet d’autonomie a été formulé en 2007. Pour le concrétiser, une Commission consultative de régionalisation a été mise en place pour aboutir, au bout d’un an de travail, à la formulation d’un plan de régionalisation avancée applicable, dans un premier temps, aux provinces du sud. En janvier 2013, le Conseil économique, social et environnemental a présenté au roi une note de cadrage pour asseoir le développement des provinces du sud sur des bases solides et pérennes. Cette mobilisation tous azimuts constitue une des réponses aux revendications socioéconomiques exprimées dans la région.

Rappelons aussi, en guise de conclusion, que la gouvernance sécuritaire, aujourd’hui à l’œuvre au Maroc, est un concept qui a désormais une assise constitutionnelle. En effet, l’article 54 de la Constitution marocaine de juillet 2011 institue un Conseil supérieur de sécurité. Celui-ci fait office d’instance de concertation sur les stratégies de sécurité intérieure et extérieure du pays, et de gestion des situations de crise. Il est chargé aussi de définir les normes d’une bonne gouvernance sécuritaire. C’est dire que les événements de Gdeim Izik ont été l’occasion d’opérationnaliser ce nouveau mode de gestion sécuritaire.

* Zakaria ABOUDDAHAB
Professeur à la faculté de droit de Rabat-Agdal
Conseiller auprès du Centre d’Etudes Internationales



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