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MAP - publié le Jeudi 18 Décembre à 21:42

Les entreprises helvétiques ou la tentation marocaine





Le Maroc devient-il la nouvelle terre de promesses pour les entreprises suisses ? C'est en tout cas la question que se posent les connaisseurs du très sélectif gotha de l'économie et de la finance en Suisse.

Rien qu'en 2014, une dizaine de groupes helvétiques de référence mondiale ont choisi le Royaume pour s'implanter ou mettre en œuvre un plan majeur d'expansion, avec un œil neuf sur le vaste marché africain.

Energies renouvelables, bio-agriculture, bâtiment, gestion de fortune, logistique et transport, services portuaires, industrie pharmaceutique. L'économie marocaine a de quoi faire rêver des investisseurs suisses mis à mal par la récession chronique en Europe et les coûts de production jugés exorbitants.

Au plus fort de la crise de la zone euro, les patrons se tournent vers des pays comme le Maroc afin d'y créer des filiales ou des holdings, s'ouvrir des horizons, atténuer la pression fiscale ou parer à la faible demande, et surtout donner une nouvelle vie à leurs affaires, estime l'économiste lausannois Jean-Marc Maillard.  

Et si le pays demeure le champion des investissements directs étrangers (IDE) en Afrique du nord, une région dans la tourmente depuis des années, force est de constater que les opérateurs helvétiques, par nature prudents, ne s'engagent que pour un peu plus de 3 pc des IDE attirés à l'échelle nationale, soit 3,5 milliards de dollars l'an dernier.

La donne semble toutefois en train de changer : des success-stories en terre marocaine comme Renault, Auchan (France), Bombardier (Canada), l'avionneur EADS (franco-allemand), l'américain Goodyear ou le britannique Dewhirst ont été un stimulant fort pour bien des firmes basées dans le pays des montres et des banques. D'autant plus que partout en Europe, les délocalisations d'entreprises sont plutôt à la mode faute d'une reprise qui tarde à se pointer au bout du tunnel.  

Et la Suisse ne déroge pas à la règle : ce sont plus de 200 sociétés qui envisagent plus ou moins discrètement de transférer une partie ou peut-être la totalité de leur production à l'étranger, tantôt vers le voisinage méditerranéen ou plus au Nord, tantôt vers les pays émergents d'Asie, selon un récent sondage. 

Sur la rive sud, le Maroc est sans conteste le pays le plus stable de la région et ses atouts sont indéniables en tant que porte d'entrée pour l'Afrique dans laquelle il est très engagé économiquement. Autre avantage non moins négligeable, le pays a su diversifier son économie à la faveur de grands projets d'infrastructures et de complémentarité interrégionale, explique M. Maillard.

Du côté de la confédération helvétique, les flux d'investissement en direction du Royaume laissent espérer une nouvelle ère dans la dynamique bilatérale, comme l'atteste l'échange de plus en plus intense de visites de haut niveau ces dernières années.

L'année qui s'achève a été d'ores et déjà marqué par un engouement frappant des sociétés helvétiques envers le Maroc. L'ambition se précise et se porte davantage sur les métiers les plus prometteurs tels que l'énergie propre, la logistique et la finance, mais aussi l'agriculture.

Dernier arrivant en date, le groupe zurichois Terra Sola a annoncé en octobre un projet d'investissement "structurant" dans le secteur du solaire qu'il a qualifié de "marché à fort potentiel pour l'avenir".

La société envisage de construire, dans un premier temps, seize installations photovoltaïques d'une puissance de 25 mégawatts chacune. A cet effet, elle prévoit un apport de 50 millions d'euros à travers sa prochaine cotation à la bourse de Berlin, de sorte à accompagner son expansion dans la région d'Afrique et du Moyen-Orient.

L'arrivée d'une entreprise de l'envergure de Terra Sola est d'autant plus significative qu'elle ambitionne de mobiliser "plusieurs milliards" de dollars pendant les prochaines années pour le marché africain.

L'agriculture biologique n'est pas en reste dans la dynamique bilatérale. Fin septembre déjà, le leader mondial des biofertilisants Eléphant Vert a annoncé un investissement de 65 millions d'euros dans ce secteur en plein essor. 

Ce projet inédit, d'une capacité de 500 emplois pendant la première tranche, vise à faire du Royaume un hub pour exporter les trois-quarts de sa production en Europe et en Afrique. La filiale marocaine d'Eléphant Vert, en partenariat avec la fondation suisse Antenna Technologies, a déjà inauguré un premier site à Meknès, actuellement en cours d'expansion. 

L'autre poids-lourd Onyx Wealth Management vient d'obtenir le statut Casablanca Finance City (CFC), une première pour une société suisse en quête de se projeter plus loin sur le continent depuis la place casablancaise.

"Votre pays est la porte d'accès naturelle et historique vers ce continent de toutes les opportunités", a souligné Joel Rochat, président du conseil d'administration du groupe lors d'un point de presse en mars dernier.

Onyx Wealth Management est l'un des pionniers internationaux du conseil en gestion des portefeuilles et de patrimoines privés et institutionnels. 

Son compatriote Kuhne & Nagel, géant de la logistique, n'a cessé de renforcer son positionnement sur le créneau de la logistique globale et multimodale, en combinant transport terrestre, fret maritime et aérien.

Casablanca a été il y a deux ans le premier lieu d'implantation au Maghreb de cette multinationale qui emploie plus de 50.000 personnes à travers la planète.

Sans oublier d'autres entreprises mondialement reconnues comme Swissport, spécialiste du handling, Roche et Novartis, leaders de la pharmacie, le cimentier Holcim et le numéro un de la finance UBS.

La Suisse, sixième au classement des pays en termes de stocks d'IDE, compte plus de 5.000 entreprises détentrices de participations à l'étranger parmi les plus performantes à l'échelle internationale.

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