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Abdelkarim Chankou - publié le Jeudi 7 Juin à 14:18

Les dangers d’une privation brutale des industriels marocains de la subvention du sucre




Maintenant que le gouvernement de Abdelilah Benkirane a passé sa période de grâce, il est probable que l’une des premières mesures spectaculaires qu’il sera tenté de prendre est de priver les industriels de la subvention du sucre.



Les dangers d’une privation brutale des industriels marocains de la subvention du sucre
Une mesure que le gouvernement précédent, dirigé par le parti de l’Istiqlal, désormais premier allié du PJD, a maintes fois repoussé sous la pression de certaines multinationales usinant les boissons gazeuses et qui coûtent quelque 70 millions de dirhams annuellement à la caisse de compensation (sur un total de 2,5 milliards de dirhams) dont le budget a été porté à 32 milliards de dirhams.

Mais le problème est que cette probable privation des industriels de la subvention du sucre n’est pas sans danger sur l’économie marocaine.  Ne serait-ce que parce que le sucre industriel entre dans la composition de moult produits de consommation autres que les boissons gazeuses et la confiserie. Le sucre industriel est utilisé aussi dans la fabrication d’alcools, des levures et surtout des médicaments. A ce titre c’est un excellent conservateur et excipient naturel.  Il entre également dans la confection des produits de la pâtisserie et surtout de la chocolaterie et confiserie dont le chiffre d’affaires atteint les 4 milliards de dirhams. 

Evidemment, un secteur qui emploie beaucoup de monde et qui est fragilisé par les produits importés de Turquie, pays signataire d’un accord de libre échange avec le Maroc et qui n’hésite pas à soutenir ses industriels notamment en prenant en charge  une partie non négligeable des intrants dont les cours ne cessent de flamber sur le marché international. Une politique de subvention à laquelle s’ajoute un avantage colossal ;  à savoir que le pays d’Atatürk est le premier producteur mondial de noisettes, l’un des fruits essentiels employés en chocolaterie et que les industriels marocains sont obligés d’importer au prix d’or.

Ainsi, apparaît-il évident que malgré la noblesse et la sagesse d’une décision privative des industriels marocains de cette manne subventionnelle du sucre industriel afin d’alléger le fardeau sur le Marocain de base qui consomme annuellement près de 35 kg de cette matière de première nécessité contre une moyenne de 4 kg dans d’autres pays, un éventuel sevrage des industriels nationaux risquerait d’avoir de graves retombées sur l’économie du pays dont les raffineries ne couvrent péniblement que  60 % des besoins en cette denrée vitale dont les prix sont candidats à flamber sur le marché mondial ; d’où le fait que l’Etat intervient maintenant à hauteur de 5 dirhams par kilo de sucre contre 2 dirhams auparavant. Et puis, la crise financière internationale aidant, nombre de pays à économie libérale, dont la France, se dirigent à pas sûrs vers des politiques économies protectionnistes. Pourquoi pas le Maroc ?


Exemple de ces problèmes qui pourront surgir suite à une suppression hâtive de cette subvention du sucre industriel, la mise en difficulté d’un grand nombre de boulangeries-pâtisseries qui ne continuent de fabriquer du pain, dont le prix de l’ordinaire est fixé à 1.20 dirhams pour 100 grammes, que parce qu’elles compensent (sans jeux de mots) leurs faibles marges par la vente de produits à haute valeur ajoutée : la pâtisserie et la confiserie. Produits à base de sucre. Faut-il le rappeler. Mieux : le secteur de la boulangerie-pâtisserie est en pleine mutation avec l’arrivée de franchises et enseignes étrangères et un contrat programme a été signé  le 25 octobre 2010 entre les professionnels et l’Etat en vue de moderniser la filière à l’horizon 2015 (voir encadré). Serait-ce le moment qu’une décision privative de la subvention du sucre industriel vienne tout gâcher ? Benkirane mettrait-il la main à la pâte au mauvais moment ?  On ne le souhaiterait pas.

Du pain sur la planche!

Le gouvernement et la Fédération nationale de la boulangerie et pâtisserie du Maroc ont signé, jeudi [25 octobre 2011] à Rabat, un contrat-programme visant le développement de ce secteur d'ici à 2015, sous la présidence du chef de gouvernement Abbas El Fassi.

L'accord concerne le soutien gouvernemental notamment à travers le programme Rawaj [ayant profité à ce jour à 315 boulangerie], dans le but de diversifier les produits, de même qu'il porte sur le volet juridique, la libéralisation des prix et la liberté de concurrence.

Selon le ministre chargé des Affaires économiques et générales, Nizar Baraka, les deux autres volets se rapportent à la réduction des coûts de production et à la protection sociale des salariés du secteur.

« Ce contrat-programme s'inscrit dans le cadre de la nouvelle vision du gouvernement qui vise non seulement la stabilisation du prix du pain, mais aussi le développement du secteur en vue de diversifier ses produits, assurer sa continuité et renforcer sa compétitivité », a souligné le ministre dans une déclaration à la presse, au terme de la cérémonie de signature (…)

Le contrat-programme a été signé par le ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime, Aziz Akhannouch, le ministre chargé des Affaires économiques et générales, Nizar Baraka, le ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, Ahmed Reda Chami, et le président de la Fédération Lahoussine Azaz.



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