Lemag.ma : Portail d’information dédié au Maroc et au Maghreb
Facebook
Twitter
App Store
Newsletter
Mobile
Rss
PNUE : MASEN lauréate du prestigieux prix "Champions de la Terre", la... | via @lemagMaroc https://t.co/rwL3yyD0AA https://t.co/PFWit4edpM



Steven Kull - CGNews - publié le Samedi 10 Mai à 09:35

Les conditions sont-elles mûres pour négocier avec l'Iran?




Steven Kull : Il est temps d’adopter une nouvelle attitude à l’égard de l’Iran, nombreuses sont les voix sérieuses à le dire. Le sénateur Diane Feinstein ainsi que d’anciens fonctionnaires de premier plan du gouvernement américain ont appelé les Etats-Unis à entamer des négociations sans préalable avec l'Iran, et avancent en même temps des idées pour surmonter l'impasse actuelle quant au programme nucléaire de l'Iran. Comme en même temps un nouveau sondage laisse penser que les opinions publiques en Iran et aux Etats-Unis font écho à ces souhaits, les conditions paraissent être mûres en vue de nouveaux efforts pour améliorer les relations entre les Etats-Unis et l'Iran.



Selon un sondage réalisé en février par WorldPublicOpinion.org en partenariat avec Search for Common Ground, une majorité substantielle des Iraniens (57 %) disent qu'ils sont favorables à "des pourparlers directs sur des questions d'intérêt commun aux deux pays". Et ils sont 69 % à se déclarer également favorables à des pourparlers portant en particulier sur la stabilisation de la situation en Irak.
Les Iraniens sont aussi d'accord quant à divers autres pas à faire pour améliorer les relations Iran-Etats-Unis: 64 % sont pour un développement des relations commerciales, 70 % pour faciliter l'accès aux journalistes de chacun des deux pays, et 63 % pour "des échanges culturels, éducatifs et sportifs plus intensifs". Tous ces chiffres témoignent d'une forte progression depuis à peine un an.

Alors qu'aux Etats-Unis les opinions restent encore tout à fait négatives, le sondage a trouvé quelques signes d'un dégel. Ceux qui ont une opinion très défavorable sur les Etats-Unis sont tombés des deux tiers à la moitié. Et une majorité croissante (à présent 64 %) pense que "les cultures musulmane et occidentale" peuvent "trouver un terrain d'entente".

Ces résultats peuvent être rapprochés du rapport du National Intelligence Estimate selon lequel l'Iran n'est pas en train de développer un programme d'armement nucléaire. Plusieurs résultats du sondage indiquent qu'aux yeux des Iraniens ce fait signifie que la menace d'emploi de la force par les Etats-Unis à leur encontre est moins forte.

Le public américain se montre tout aussi disposé à s'engager dans des relations plus étroites avec l'Iran. De fortes majorités, d'après les sondages de WorldPublicOpinion.org commandés par Knowledge Networks, expriment leur soutien à toutes les étapes mentionnées ci-dessus, 82 % des personnes interrogées se déclarant en faveur d'entretiens directes.

Quand on demande aux Américains comment les Etats-Unis devraient traiter avec le gouvernement iranien, seulement 22 % approuvent "que les Etats-Unis menacent sans réserve d'utiliser la force à son encontre", tandis que 75 % sont pour qu'"ils s'efforcent de construire de meilleures relations".

Bien entendu, la question la plus épineuse est celle du programme nucléaire de l'Iran, avec sa capacité croissante de produire le combustible nucléaire susceptible d'être utilisé pour l'énergie nucléaire mais aussi, moyennant un enrichissement plus poussé, pour des armes nucléaires.

Sur dix Iraniens interrogés, huit répondent sans hésiter que l'Iran devrait disposer des capacités qui lui permettraient de produire du combustible nucléaire pour ses besoins énergétiques. Et la plupart approuvent la position du gouvernement, qui est de ne pas fabriquer des armes nucléaires. Plus important: pour six personnes sur dix, la fabrication d'armes nucléaires serait contraire à l'islam – ce qui est conforme aux fatwas émises par un certain nombre de religieux iraniens de premier plan.

Tout ceci ne démentit en rien l'idée que certains membres du gouvernement iranien pourraient bien avoir des envies d'armes nucléaire. Mais cela révèle cependant que, dans l'environnement moral et politique de l'Iran d'aujourd'hui, une interdiction des armes nucléaires a été généralement établie et que changer cette position rencontrerait probablement une certaine résistance de l'opinion publique.

De même, les propositions reposant sur l'hypothèse d'un Iran dépourvu de l'arme nucléaire mais cependant capable de produire de l'énergie nucléaire pourraient difficilement être rejetées, sans plus, par le gouvernement.

Une proposition approuvée par le sénateur américain Diane Feinstein a été présentée par d'anciennes personnalités du gouvernement - William Luers, Thomas Pickering et Jim Walsh. Elle préconise l'installation d'un complexe d'enrichissement multinational placé sous étroite surveillance internationale, qui donnerait à l'Iran la capacité de produire du combustible nucléaire

L'enquête proposait aux enquêtés iraniens une possibilité de transaction qui donnerait aux Iraniens le droit de produire du combustible nucléaire, à condition que l'AIEA ait un droit de regard complet et permanent permettant de garantir qu'il n'y a pas de production d'armements. Cinquante-huit pour cent se sont déclarés en faveur de cette solution moyenne, 26 % seulement y étant opposés.

D'ailleurs, cette même position a été approuvée par les Américains selon une enquête du BBC World Service portant sur 31 pays et conduite par GlobeScan et PIPA. Se sont déclarés en faveur 55 % des Américains, 71 % des Britanniques, 56 % des Français et une majorité des autres populations faisant l'objet de l'enquête. Ce sondage de la BBC a également révélé que les solutions plus dures - sanctions économiques, frappes militaires et autres, n'obtiennent qu'un très faible soutien.

Le mandat de George W. Bush et de son gouvernement tire à sa fin, dans un climat de contestation généralisée de sa politique étrangère. Ce gouvernement a encore une dernière chance de redorer son blason à l'intérieur comme à l'extérieur en apportant sa contribution à un monde plus stable: pour cela, il lui faut changer de cap à l'égard de l'Iran.

* Steven Kull est directeur de WorldPublicOpinion.org, programme de recherches international géré par le Program on International Policy Attitudes de l'Université du Maryland.



               Partager Partager


Dans la même rubrique :
< >

Samedi 3 Décembre 2016 - 10:37 L’ETOILE D'OR ne sera jamais marocaine!?

Vendredi 2 Décembre 2016 - 16:17 Ousmane Sow : Le sculpteur qui vient des étoiles