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Moulay Hicham Mouatadid - publié le Samedi 26 Mai à 11:39

« Les concepteurs politiques de l'Image du maroc »




Au Maroc, les anthologies stratégiques dans le cadre de la politique étrangère de l’État relèvent communément des plus hautes autorités, plus précisément, c’est l’œuvre de l’institution monarchique par excellence. La politique extérieure était toujours un brandebourg de la diplomatie marocaine, or cette dernière n’est que la mise en œuvre de la politique étrangère par l’entremise du diplomate ou encore le chargé de mission.



Moulay Hicham Mouatadid
Moulay Hicham Mouatadid
La quintessence des grandes orientations qui inspirent l’institution monarchique dans la détermination des grandes lignes de ce qui est l’allégorie de l’État et les citoyens marocains, sont principalement les engagements historiques, les intérêts stratégiques, la conjoncture politique et l’image de marque à conserver pour le Maroc à l’extérieur. Détenir le pouvoir d’établir les grandes orientations au niveau de la politique étrangère d’un État est un privilège politique, stratégique et sécuritaire, attendu qu’il s’agit d’un outil vital dans les enjeux tactiques internes et les symétries géopolitiques externes.

Nonobstant qu’il soit un apanage et un privilège dans l’équation politique, la détention de cette prérogative d’instaurer les grandes orientations dans ce domaine de la politique extérieure par l’institution monarchique marocaine, était toujours pour un objectif d’assurer une stabilité politique et un développement économique pour la société et l’État marocain. Dans l’exercice de cette mission la monarchie fonde son action sur l’aspect historique, l’héritage relationnel, les investissements économiques, les intérêts stratégiques et dans certain cas le statut religieux du Roi à savoir Imarat Al Mouminine (le commandant des croyants).

La mise en œuvre de la politique étrangère du Maroc est traditionnellement l’œuvre de l’appareil diplomatique, soit le ministère des affaires étrangères et de la coopération. Cependant l’institution monarchique souvent recourt à ses conseillers, des chargés de missions du cabinet royal ou des envoyés spéciaux pour la réalisation de l’acte diplomatique. Généralement, lorsque le souverain accorde une telle mission à une personne en particulier, c’est qu’il s’agit soit d’un dossier spécial pour qui le Roi accorde une très grande importance, soit c’est une affaire  classé dans un ordre très secret de point de vue politique ou géostratégique. L’envoyé spécial, peut être aussi, un message pour le récepteur, surtout s’il s’agit d’un homme politique ou une personnalité publique.

L’action diplomatique marocaine est à la fois circonstancielle et accoutumée, voir même traditionnelle de point de vue compétitivité régionale et internationale. Une analyse poussée du maniement de cet appareil étatique nous campe à déceler un dysfonctionnement dans la cohérence de sa mission, vision et valeurs. Dans le cadre fonctionnel du ministère, la détermination même de chacun de ces trois concepts reste évasive et énigmatique. Or, la réussite de chaque institution astreint une définition professionnelle de sa mission, vision et valeurs dans un monde très concurrentiel qui s’inscrit dans l’esprit et la philosophie de la gestion par résultat.

La plénitude diplomatique exige d’avantage l’instauration et l’adoption d’un ensemble de stratégies pour les objectifs à atteindre, et non uniquement des solutions à trouver pour des conjonctures de passage. La diplomatie marocaine doit sortir de ce dernier état de gestion pour rejoindre une philosophie de gestion dont la vision, la mission et les valeurs s’incarnent dans un esprit de gestion scientifique de l’administration diplomatique. Or, la globalisation au sens économique, et la mondialisation dans le sens politique, imposent un rythme d’action et un mouvement où seules les plus professionnels, stratèges et scientifiques peuvent y conserver leurs intérêts vitaux. 

La gestion de la politique étrangère et la diplomatie au Maroc s’inscrit dans une approche simpliste  par rapport à l’évolution mondiale et à la complexité des relations internationales. Des fois, c’est la diplomatie parallèle et les relations personnelles du Maroc que l’État utilise pour procéder au traitement de certains dossiers sensibles et complexes, et même dépasser des crises et des enjeux diplomatiques importants. L’institution diplomatique est encore loin d’être actionnaire stratégique dans cet esprit de la raison d’État au Maroc,  puisqu’elle est conçue seulement comme un moyen technique et bureaucratique de point de vue « raison d’État ».

La conception de l’action diplomatique officielle au Maroc est fondée sur des axes ordinaires et traditionnels, ils s’inscrivent dans l’esprit commun de l’action diplomatique mondiale sans aucune caractéristique et touche distincte. Or, les actions officielles essaient de reposer soit sur la paix et sécurité, la solidarité, la coopération multilatérale, les questions d’ordres globales et circonstancielles, la promotion économique et culturelle et les marocains résidents à l’étranger.

La décalcomanie du Maroc à l’étranger dépend non seulement de son action et implication à l’international, mais à l’avenant de son développement  national. Plusieurs propulsions ont été réalisées pour corriger et améliorer l’image du Maroc à l’extérieur, il s’agit notamment des différent processus de réformes, l’abonnissement relatif à des droits humains, l’initiative nationale de développement humain et la promotion de la condition de la femme. L’État marocain doit œuvrer continuellement dans le sens de développer la nation et les institutions politiques et ce, dans une philosophie de bonne gouvernance pour cultiver un esprit de confiance au sein des relations internationales et diplomatiques. Or, lorsqu’on possède de très bonnes références, une crédibilité et une solvabilité reconnue, on a déjà un fondement sûr et certain pour des actions internationales moins fragiles et une protection des intérêts vitaux plus accommodantes.

L'auteur

Chercheur en sciences politiques et lauréatde l’École Nationale d’Administration Publique du Canada. Déjà titulaire d’un certificat Universitaire d’Études en Droit Public à l’université Mohamed V, et d’une licence en Sciences politiques de la même université



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