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Asma Hanif - CGNews-Emarrakech - publié le Lundi 23 Juin à 15:04

Les Saoudiens réclament le dialogue




Asma Hanif - Bruxelles – L'appel lancé par l'Arabie saoudite pour un dialogue interreligieux permanent a suscité quelques signes de désapprobation en Occident. Le royaume a longtemps été considéré comme une portion de désert gouvernée par des religieux ultra-conservateurs ayant une interprétation radicale de l'islam



Il n'est pas rare d'entendre dire, entre autres choses, que les femmes y sont opprimées; que les érudits wahhabites veulent convertir le monde entier; et que les non musulmans se voient interdire le droit de pratiquer leur religion sur le sol saoudien.

Mon amie saoudienne qualifie ces affirmations de préjugés totalement faux. "Nous sommes un peuple comme les autres," dit-elle. "Nous soutenons les réformes, respectons les valeurs morales humaines et nous nous nourrissons de modernité."

A ce propos, elle semble - tout comme les autres Saoudiennes religieuses - apprécier sa vie autant que n'importe laquelle de mes amies occidentales. Leur interprétation radicale de l'islam ne les empêche pas de s'instruire, de faire du shopping, d'être à la mode et de faire la fête.

Réfuter les allégations portées contre l'islam et les musulmans – y compris la société saoudienne – est le principal objectif recherché par le dialogue interreligieux permanent. Surnommé en Arabie saoudite, "le gardien des deux saintes mosquées", le roi doit se sentir investi d'obligations exceptionnelles envers l'islam.

Au début du mois, le roi a inauguré une conférence de trois jours à la Mecque qui visait à promouvoir, à terme, un dialogue interreligieux permanent avec les non musulmans. Devant un parterre de musulmans, il dit: "Vous vous réunissez aujourd'hui pour dire au monde entier que (...) nous sommes la voix de la justice et des valeurs morales humaines, nous sommes la voix de la coexistence et du dialogue juste et sensé".

En novembre dernier, une rencontre historique a eu lieu entre le roi Abdallah et le pape Benoît XVI au Vatican et, ce mois-ci, le monarque sunnite est apparu aux côtés de l'Ayatollah Hachémi Rafsandjani, l'ancien président de l'Iran shiite, un geste symbolique visant à encourager l'unité du monde musulman.

De tels gestes peuvent être interprétés comme le signe d'une plus grande adaptation des religieux saoudiens à la vie moderne. La conférence, la première du genre à l'initiative de l'Arabie saoudite, véhicule un message important: le dialogue interreligieux ne défie aucun principe religieux. En réalité, il est considéré comme un élément fondamental de l'islam. Des extraits du Coran et de la Sunnah (les pratiques du Prophète Mahomet) ont été cités afin de souligner leur importance.

Le Grand Mufti du pays, Abdul-Aziz Al-Sheikh, a souligné le fait que la religion favorise l'adaptation à la vie moderne. "Nous vivons dans l'ère de la communication" dit-il. S'y adapter en soutenant le dialogue et le rapport entre les individus est devenu une obligation.

Nul doute que la décision de s'engager dans le dialogue interreligieux a demandé des efforts supplémentaires en Arabie saoudite, du fait de positions suspectes que les religieux saoudiens semblent avoir désormais vaincues. Hassan Al-Ahdal, directeur de la communication et des relations au sein de la ligue islamique mondiale, relate cette réticence face à la crainte de se retrouver dans un "monde à religion unique" au détriment de l'enseignement de chaque religion.

Mais la conférence a clairement indiqué qu'elle n'avait pas pour but de transiger sur quelque principe religieux que ce soit. "La priorité est de s'accorder sur des valeurs communes sans aborder de sujets religieux car il sont toujours sujets à controverse", affirme Al-Ahdal. "Aucune partie ne parviendra à changer l'autre."

Le Grand Mufti du pays soutient les pourparlers interreligieux, revendiquant la "dawah"comme le but ultime pour engager le dialogue. Bien que le terme dawah soit parfois employé dans le Coran pour signifier "prêcher dans le but de convertir", il signifie littéralement "inviter", et il peut être employé pour inviter les autres à comprendre l'islam. "La disparité entre individus est incontestable", ajoute-t-il. "Il est naturel que les gens se différencient par leur comportement, leur langue, leur couleur de peau et leur intelligence. Le Coran l'admet."

Tandis qu'aucun calendrier n'a été arrêté pour les pourparlers interreligieux entre musulmans, chrétiens et juifs, les participants musulmans ont établi, la semaine dernière, une stratégie pour le dialogue et ont convenu de créer des organismes visant à favoriser le dialogue, tels que le Centre international pour l'interaction des civilisations du roi Abdallah Ibn Abdul Aziz et la création du prix Roi Abdallah Ibn Abdul Aziz pour le dialogue des civilisations.

Nous ne savons pas encore si le roi Abdallah a l'intention, à travers ces forums, de résoudre, sur le long terme, les conflits politiques, mais pour l'heure la politique ne devrait pas figurer à l'ordre du jour.

La priorité numéro un du dialogue – inviter les personnes de toutes confessions et particulièrement de confession judéo-chrétienne des pays occidentaux, à s'associer aux Musulmans pour déterminer de manière rationnelle si les soupçons existant de part et d'autre sont justifiés – devrait faire naître l'espoir plutôt que la désapprobation.


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