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Ali Lazaar - publié le Vendredi 31 Janvier à 10:24

Les MRE … A la quête d’une représentation crédible ?

Une leçon tunisienne …






Ali Lazaar
Ali Lazaar
Un projet de loi du Haut Conseil des Tunisiens de l’Etranger (HCTE) a été déposé auprès du gouvernement tunisien le 31 décembre 2013. Il sera ensuite soumis à l’Assemblée Nationale Constituante après sa validation. Ce travail est le fruit d’un comité de techniciens composé par une équipe compétente, jeune et représentative. Dans un temps record de quelques mois et à travers des consultations transparentes auprès de la diaspora tunisienne, le comité a produit un ensemble de rapports débouchant sur la proposition de loi. Le processus d’élaboration de la loi a bénéficié du soutien de la société civile à l’étranger dans la mesure où celle-ci a été entendue et impliquée dans la réflexion. Il est à noter, que le HCTE est inclus dans la nouvelle constitution adoptée le 26 janvier 2014.

L’architecture adoptée pour le conseil repose sur une organisation fédérale. En effet, les 128 conseillers locaux élus au suffrage universel direct de 29 circonscriptions consulaires, élisent à leur tour au suffrage indirect les conseillers du Haut Conseil. L’instance est composée, entre autres, par des experts nommés et des représentants des différents ministères. Cette forme de structuration favorise la proximité et constitue un gage pour assurer une efficacité de la consultation.

Pour revenir à la genèse de cette expérience. Les revendications des tunisiens de l’étranger ne datent pas d’aujourd’hui. Au lendemain de la révolution, la question d’inclure les TRE dans la construction d’un état démocratique, s’est naturellement posée pour aboutir à l’émergence à nouveau de l’idée d’une instance consultative. A l’origine, le projet a été confié au secrétaire d’Etat chargé des tunisiens de l’étranger, un universitaire issu du parti d’Ennahda. Après quelques rencontres qui oscillent entre boycott et calculs partisans, la tension s’installe entre la diaspora et le représentant du gouvernement. En juin 2013, le gouvernement missionne une nouvelle équipe de jeunes cadres et chercheurs. En dépit de quelques évènements marquants et notamment la démission de la responsable du projet qui pointe un manque de moyens et des manœuvres politiques, le travail s’accélère en s’appuyant sur une méthodologie scientifique et claire.

Qu’en est-il de la diaspora marocaine ?

L’expérience tunisienne est intéressante à méditer avant d’envisager toute action en faveur de la participation politique des Marocains Résidant à l’Etranger (MRE). Un conseil, issu d’un processus de participation électorale et basé sur une représentation de proximité, est à même de traduire les revendications des MRE en politiques publiques. La première pierre dans l’édification d’un tel projet est le dialogue et la concertation avec les acteurs concernés. Un dialogue qui ne doit être soumis à aucun agenda partisan.

Le Maroc a été précurseur en matière de promotion des droits citoyens de sa communauté à l’étranger. En 2007, le Conseil de la Communauté Marocaine à l’Etranger (CCME) a vu le jour pour mener à bien ses missions de concertation et de contribution à l’élaboration des politiques relatives aux affaires de la diaspora marocaine. Le conseil s’est donné une mission transitoire qui consiste à proposer une forme de fonctionnement pour veiller à garantir une représentation efficace.
Aujourd’hui, les 4 ans transitoires se sont écoulés et le conseil est désormais constitutionnalisé depuis 2011 sans pour autant être doté d’une loi d’organisation. Le CCME se retrouve dans un tunnel où l’attentisme et l’immobilisme cohabitent pour perdurer les ambitions des uns et des autres.

La société civile des Marocains Résidant à L’étranger n’a jamais été structurée dans un organe représentatif, chaque association ne représente qu’elle-même. La crise de la légitimité sera à l’ordre du jour de chaque consultation ou partenariat institutionnel. Un conseil élu et représentatif de la société civile demeure une piste sérieuse pour pallier à la crise de la légitimité qui entrave la productivité et la mobilisation des potentiels des MRE pour contribuer au rayonnement du Maroc et son développement économique et social.

Ali LAZAAR
acteur politique


Tagué : Ali Lazaar, MRE

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