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Mohamed Takadoum - publié le Mercredi 11 Décembre à 22:29

Le vrai hommage à Nelson Mandela; c’est de suivre ses traces




Le 10 décembre 2013, les dirigeants du monde entier ou leurs représentants ont rendu hommage au stade de Soweto à Nelson Mandela . Jamais personne n’a reçu un tel hommage. C’est un moment unique dans l’histoire du monde.



Depuis l’annonce de sa mort, il n’est pas un seul gouvernant qui n’a pas salué la disparition de Nelson Mandela, dont le parcours restera à jamais associé à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Ce sont les résultats qu’il a obtenus qui le mettent à part. Pendant le siècle dernier, de nombreux pays se sont libérés de la colonisation ou de régimes dictatoriaux mais peu ont cependant réussi à le faire en évitant la lutte armée et ses lots de bains de sangs. Or c’est une relative harmonie qu’a entraînée l’intervention de Nelson Mandela et en cela, il peut être aisément être comparé à Gandhi. Il parvint aussi à démentir les pronostics qui faisaient craindre un effondrement de l’Afrique du sud si les Noirs en prenaient le pouvoir.

De ce fait, Nelson Mandela a réalisé ce que tous les humanistes du monde entiers proposent, et que personne n’arrive à imposer. C’est pour cela que pour bien honorer sa mémoire, les dirigeants du monde ne peuvent se contenter de l’admirer, mais de suivre ses traces. Ces traces sont de trois d’ordre.

-l’engagement pour son pays ;
-le pardon mais avec le souvenir,
- l’exercice du pouvoir.

L’engagement.

C’est Nelson Mandela qui l’énonce le 20 avril 1964 « J’ai chéri l’idéal d’une société démocratique et libre dans laquelle toutes les personnes vivraient en harmonie, avec des chances égales. C’est un idéal que j’espère voir se réaliser. Mais s’il le faut, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

Ce n’est pas par désespoir que Nelson Mandela ne s’était pas engagé dans la lutte. Il était avocat et avait une brillante carrière devant lui. Il a renoncé à cette vie pour se battre, parfois, au péril de sa vie. Dans son ouvrage autobiographique intitulé « Un long chemin vers la liberté », Mandela décrit de nombreux périodes où il aurait pu perdre la vie. Des tirs de policiers racistes dans la foule des manifestants pacifiques, une bombe qui n’exploser pas, un accident d’avion évité de justesse etc...

Nelson Mandela reçut à Oslo, le 10 octobre 1993, avec l’ancien président blanc Frederik de Klerk, le Prix Nobel de la Paix. Il prononça les mots sur son idéal et rendit hommage à la mémoire de Martin Luther King.« Notre récompense ne se mesurera que par la paix joyeuse qui triomphera un jour, car l'humanité qui unit les blancs et les noirs en une seule et même race nous permettra de vivre un jour tels des enfants du paradis. Ainsi vivrons-nous, car nous aurons créé une société qui reconnaît que tous les hommes naissent égaux, et que tous ont le droit à la vie, à la liberté, à la prospérité, aux droits humains et à une bonne gouvernance. Une telle société n'autorisera plus jamais que certains soient faits prisonniers à cause de leurs idées. (...)

Le pardon en gardant le souvenir.

Nelson Mandela a inlassablement prôné la réconciliation et le pardon. D’abord de sa prison quand il déclarait en 1976 que « J’aimerais vous combattre sur le plan des principes et des idées, sans haine personnelle, de sorte qu’à la fin de la bataille, et quelle qu’en soit l’issue, je puisse vous serrer la main avec fierté, parce que j’aurais le sentiment d’avoir eu affaire à un adversaire digne et droit, qui a observé un code d’honneur et de décence élémentaire. »

Ensuite au Cap en 1996 : « Certains considèrent qu’il vaut mieux oublier le passé. Certains nous critiquent quand nous disons que nous pardonnons, mais que nous n’oublions pas. Ils ne sont pas d’accord sur le fait que les auteurs de violations des droits de l’homme doivent d’abord révéler et faire connaître celles-ci avant qu’on leur accorde l’amnistie. (…) Les Sud-Africains de la rue sont déterminés à ce que le passé soit révélé, afin qu’il ne se répète pas. S’ils exigent cela, ce n’est pas par esprit de vengeance, mais pour que nous entrions ensemble dans l’avenir. La question pour notre nation n’est pas de savoir si le passé doit être révélé, mais de faire en sorte qu’il le soit de façon à promouvoir la réconciliation et la paix. ». Pour dire Au Cap en 1999 que" le pardon ne peut effacer pour lui, il ne peut pas y avoir de pardon sans souvenir"

Et enfin en 2002 toujours au Cap« Nous nous souvenons de notre terrible passé afin de pouvoir y faire face, de pardonner quand le pardon est nécessaire, de nous assurer que jamais plus une telle inhumanité ne nous déchirera et de nous pousser à éradiquer un héritage qui rôde dangereusement autour de notre démocratie. »

L’exercice du pouvoir.

Le prisonnier politique le plus célèbre de tous les temps (27 de captivité) est devenu Président, élu au suffrage universel, le premier président noir de l’histoire de l’Afrique du Sud (1994-1999).

Il a su, en cinq ans, en un seul mandat, « développer l’espoir sans jamais le décevoir, développer l’éducation et l’économie, engager une meilleure répartition des richesses, il a su élever son pays, la Nation Arc-en-Ciel, où Noirs et Blancs œuvrent ensemble, au rang d’une démocratie réelle, symbolique du pouvoir des hommes sur leur propre destin. En matière d’exercice du pouvoir, Nelson Mandela sera, ici aussi un cas exceptionnel. A priori, un homme qui se sera battu pendant autant d’années pour libérer son peuple, est supposé rester au pouvoir le plus longtemps possible. »

Élu Président en avril 1994, lors des premières élections multiraciale du pays, Nelson Mandela n’aura effectivement exercé le pouvoir que pendant trois ans. A partir de 1996, il laisse à Thabo Mbeki la gestion quotidienne du pays et, en décembre 1997, Mandela quitte le pouvoir avant la fin de son seul mandat à la tête du pays.

Un exemple à méditer par certains dirigeants africains y compris notre voisin de l’est qui rempile parait-il pour un quatrième mandat. Ne parlons pas de ceux qui sont en train de décimer leur propre peuple et faire tomber en ruine leur pays comme le fait l’actuel président syrien en s’accrochant au pouvoir.



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