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Omar Alaoui - publié le Mercredi 1 Mai à 21:11

Le travail, une valeur au centre de notre projet économique






Le travail, une valeur au centre de notre projet économique
Depuis tout petit, on entend sans cesse : « Travaille bien à l’école et tu auras une belle vie : tu seras libre, libre de choisir la vie que TU veux, libre de réaliser tes rêves, travaille bien et tu seras quelqu’un ».

Quelques années plus tard : le travail, encore lui, est au centre de nos préoccupations, de nos inquiétudes. A l’heure où certains ont décidé de ne pas en parler, ne pas ériger l’emploi en priorité nationale, par peur, par manque de courage, de clarté, d’ambition, nous nous devons d’exiger des mesures concrètes pour réhabiliter le travail.

Le chômage n’a jamais atteint un taux aussi record au Maroc. Cette situation d’urgence sociale a été accélérée par l’inaction du gouvernement Benkirane, qui semble vraisemblablement avoir abandonné la bataille pour l’emploi. Il faut refuser le cynisme déroutant et le fatalisme dans lequel s’enlise le gouvernement marocain. Il faudra placer l’innovation et la liberté de création au centre de tout programme économique. Se rassembler enfin, courageusement, autour de la valeur travail pour mettre un terme à cette spirale infernale qu’est le chômage. Oui, le chômage, la dégradation des conditions de travail, l’insécurité des emplois des marocains face à un capitalisme immoral, la stagnation puis la baisse du pouvoir d’achat des ménages marocains ont fragilisé la valeur travail.

La précarité dans laquelle s’enfonce une grande partie de la population marocaine est un danger pour la cohésion nationale et la paix sociale. Le regain des tensions, les marocains qui se dressent les uns contre les autres, la banalisation de la violence, de la petite et la grande délinquance sont les tristes conséquences d’une précarité de plus en plus profonde. L’exclusion et la marginalisation de la jeunesse sont désormais un fait de société. En effet, de nombreux jeunes marocains continuent de souhaiter à larguer les amarres, et tenter leurs chances ailleurs. Les jeunes souffrent d’un sentiment de « hogra » dû au manque d’égalité des chances et à un ascenseur social en panne.

Il faut rétablir la confiance entre le monde du travail et la jeunesse marocaine. Car oui, comment croire au travail quand une majorité de jeunes sont au chômage ? Comment croire en cette valeur quand elle ne garantit plus l’intégration sociale ? Quand elle ne garantit plus l’avenir ?

La jeunesse a les compétences et l’énergie suffisante pour redresser le pays, il faut lui faire confiance et faire d’elle le moteur de notre modèle économique.
L’innovation et la liberté d’entreprendre, de créer, doivent être au cœur de nos projets économiques. Il faudra réconcilier la réussite individuelle, très mal perçue dans notre société, et la réussite collective, que nous attendons tous.

Oui il faut libérer le travail, le récompenser et en améliorer les conditions. C’est par le travail, et uniquement par lui, que l’on devient des hommes libres. C’est Hegel, dans ses Principes de la philosophie de droit, qui a inventé le slogan « le travail rend libre », bien avant que les nazis allemands reprennent cette devise et l’interprètent avec cruauté. Hegel estimait que le travail était un accomplissement, et qu’il donnait un sens à la vie, qu’il l’anoblissait. Le travail est, selon lui, l’accomplissement de soi et permet de se « désaliéner » de l’incompétence, de l’ignorance, de la faiblesse et de l’angoisse existentielle.

Oui, le travail et la liberté sont conciliables. Il faudra faire le choix de l’alternance et des politiques d’apprentissage pour revaloriser le travail et sortir de la crise multiforme dans laquelle le Maroc s’enlise.

Notre projet de société, notre vision de cette valeur qu’est le travail : ce n’est ni le nivellement, ni la facilité, ni l’assistanat. En ce jour de la fête du travail, c’est une occasion pour nous d’expliquer et de défendre nos valeurs : le mérite, l’exigence, l’égalité des chances, l’effort, et la promotion de l’excellence. Il faut entrer en rupture avec un modèle économique et social qui ne garantit plus la solidarité, qui n’offre aucune perspective d’avenir. Cela requiert de l’énergie, de la volonté et de l’imagination, mais j’ai l’intime conviction que les marocains forment un peuple courageux et désireux de continuer à écrire ensemble ce formidable roman qu’est notre développement socio-économique. Nous devons redresser l’économie marocaine, si nous reculons c’est notre patrie et les futures générations qui en pâtiront!

Omar Alaoui
Acteur associatif et politique


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