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Le temps d’une compétition de ski, l’Afghanistan rêve de paix


AFP - Joris FIORITI - publié le Mardi 5 Mars 2013 à 14:42


Vallee de shaidan (Afghanistan) - La route pour s’y rendre n’est pas sûre, et l’insécurité gagne la province, mais qu’importe: ce week-end, l’Afghanistan a rêvé d’un avenir en paix, le temps d’une étonnante compétition de ski sur les pentes enneigées de l’Hindu Kush.


Le temps d’une compétition de ski, l’Afghanistan rêve de paix
"Go!" Une trentaine de concurrents, afghans et internationaux, s’élancent dans la vallée de Shaïdan, à une quarantaine de kilomètres de Bamiyan (centre), pour 2,6 km de randonnée: une montée d’efforts, avec peaux de phoques sous les skis pour les mieux équipés, puis retour au point de départ en descente.

Les Afghans, à l’allure légère, sprintent. Leurs concurrents étrangers, moins habitués à l’altitude proche des 3.500 mètres, ont déjà le souffle court.

Faute de remontée mécanique, le physique est rudement mis à contribution lors d’une première ascension, suivie d’un plat, puis d’une seconde. Avant, en guise de récompense, de dévaler dans une poudreuse légèrement réchauffée par le soleil.

Perchées sur une colline, face à la piste, plusieurs centaines de spectateurs, hommes, femmes et enfants, pour la plupart venus des villages voisins, acclament les sportifs. Un jeune adolescent qui s’essaie au surf des neiges et tombe au milieu des spectateurs suscite d’aimables moqueries.

L’ambiance est légère, à des années-lumière des images de conflit ou d’intolérance véhiculées par l’Afghanistan après plus de trente ans de guerre.

L’"Afghan ski challenge", dont c’est la troisième édition, est l’oeuvre de Christoph Zírcher, qui en a eu l’idée en juin 2010. "J’ai été coincé à Bamiyan trois ou quatre jours pour des questions de sécurité. Dans un tel cadre, un Suisse ne met pas longtemps à penser au ski", raconte-t-il.

Après quelques mois passés à rechercher des sponsors, pour l’achat du matériel apporté d’Europe, l’Helvète organise une première compétition l’hiver suivant. Puis une seconde en 2012. Et cette dernière édition vendredi.

"On peut voir ce projet comme frivole. Mais aujourd’hui, c’était simplement une belle journée, amusante", remarque-t-il. "Avec cette course, les gens peuvent se dire que leur pays va quelque part, au lieu de penser qu’il s’effondre."

"Il n’y a pas seulement de la compétition. Il s’agit aussi du business du ski", confirme Sajad Hosseini, un guide local, hilare après sa victoire dans l’épreuve en 28 minutes, contre plus de 3 heures de souffrance pour les dernières, deux novices occidentales.

La province de Bamiyan, connue pour ses bouddhas géants détruits en 2001 par les talibans, veut revivre ses glorieuses années 1960, quand les touristes occidentaux se pressaient pour voir son patrimoine historique et archéologique impressionnant et ses paysages montagneux exceptionnels.

Mais ses infrastructures parfois défaillantes et surtout l’insécurité sévissant dans le pays compliquent sérieusement la donne.

Considérée jusque là comme la province afghane la plus calme, depuis que fin 2001 la coalition de l’Otan a chassé les talibans du pouvoir, Bamiyan, entourée de provinces instables, a récemment connu des poussées de violence.

Cinq militaires néo-zélandais y ont été tués en août dernier. Et 18 Afghans ont été victimes d’attaques liées à l’insurrection l’an passé, le pire bilan depuis onze ans, selon la gouverneure de la province, Habiba Sarobi.

Si celle-ci martèle que les talibans "sont inexistants" et ne posent "aucun problème" à Bamiyan, les deux routes reliant la ville à Kaboul, à environ 180 km de là restent hasardeuses, condamnant souvent les étrangers à prendre l’avion. Kidnappings, vols et même meurtres s’y sont produits l’an passé.

Et la troisième édition de l’"Afghan ski challenge" se déroule sous l’oeil de policiers armés de kalachnikov. "C’est pour rassurer les médias et les participants", assure la gouverneure.

Entre novembre 2011 et 2012, 2.300 touristes, très majoritairement afghans, ont été recensés dans la province, selon les autorités. Auxquels s’ajoutent des expatriés vivant à Kaboul et de très rares voyageurs étrangers.

La récente desserte de Bamiyan par une compagnie aérienne privée pourrait amener de nouveaux vacanciers aisés.

"Quand les pays qui se trouvent hors des sentiers battus s’ouvrent, la plupart connaissent un essor touristique. Regardez le Cambodge ou la Birmanie. Si l’Afghanistan s’ouvre, ce sera pareil", espère Christoph Zírcher.

Pour Gull Bayzada, un voyagiste local organisateur de la course, le tourisme est même LA solution aux problèmes afghans, même si le départ fin 2014 de l’essentiel des troupes de l’Otan fait craindre un nouvel embrasement.

Avec un brin de naïveté, il assure: "Le ski et le tourisme sont des symboles de paix. Cela remplacera la guerre. Je suis sûr que, si nous continuons sur cette voie, les talibans laisseront leurs fusils et se mettront au ski!"





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