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Amiyare Abdelmoutaleb - publié le Mercredi 15 Août à 10:19

Le spectre de la crise




La situation des finances publiques est très alarmante. Tous les indicateurs économiques sont en rouge. Le contexte nous rappelle déjà le P.A.S (Programme d’ajustement structurel) qui a été imposé par la banque mondiale et le fonds monétaire international( F.M.I) dans les années 80 ,et qui a fini par provoqué des désastres sociaux sans précédents. Une note de conjoncture de juillet 2012 du H.C.P (Haut commissariat au plan) a bien signalé que la croissance économique nationale après avoir été de 2.8 au premier trimestre 2012 ,elle serait située à 2.6% au deuxième trimestre. Aussi l’explosion du déficit budgétaire met-elle le gouvernement Benkirane à l’épreuve surtout que celui-ci avait promis aux marocains un taux de croissance de 5% sans rappeler le programme électoral du P.J.D qui avait estimé ce taux à 7%.Mensonge politique ou ignorance économique ?.



Amiyare Abdelmoutaleb
Amiyare Abdelmoutaleb
D’ores et déja, le recul de la croissance économique confirmé par toutes les institutions officielles, et qui a été envisagé par tous les experts économiques à l’exception de l’équipe Benkirane, confirme  l’impact de la crise financière dans la zone euro sur l’économie marocaine. Un paramètre qui a été aveuglement escamoté dans le programme gouvernemental.

Néanmoins, ce gouvernement  qui a créé, par son populisme, un horizon  d’attente sur des chiffres fictifs, mensongers, hasardeux  et incertains doit passer à la facture. Une facture si lourde, si inquiétante… d’autant  plus que le FMI vient d’accorder au gouvernement une ligne de crédit de 6.2milliards de dollars. Une mesure qualifiée de "cadeau empoisonné "qui finira certainement par alourdir les charges de la dette extérieure. Ainsi, Benkirane renie en clair les engagements qu’il a tenus devant la nation avançant au Parlement, pour justifier la hausse des prix du carburant,  qu’il n’allait pas  recourir aux emprunts étrangers !.

Par ailleurs, notre pays doit  faire face aux répercussions houleuses  de la forte hausse décidée sur les carburants. Une mesure impopulaire qui pénalise le pouvoir d’achat des couches démunies qui souffrent de fragilité et de précarité. Or, le gouvernement Benkirane qui a  joué  sur un discours éminemment social, et qui se lance aujourd’hui à une politique de rigueur et d’ajustement, dans un contexte politique délicat pourrait entraîner le pays dans des tensions sociales aux conséquences houleuses, surtout  que les réserves de l’idéal  politique du parti barbu qui étaient alimentées par des slogans moralisants et fâcheusement populistes s’épuisent de jour en jour. Pis encore, le chef du P.J.D, qui croit avoir récolté, à sa manière, les fruits de la mouvance sociale déclare à la chaîne qatarie « Aljazira » ,200 jours après l’installation de son gouvernement, que « Dieu pardonne les corrompus »!.

Une déclarations qui va à l’encontre des revendications de toutes des forces vives de la nation, et contre les orientations  même de la nouvelle constitution. Notre société en crise, menacée de tourner mal sous le poids de l’appauvrissement, de l’inégalité, du chômage, de la marginalité, de la violence ne peut tolérer de tels dérapages médiatiques.  

Dans un contexte mouvant, nous rappelons qu’après n’importe quelle expérience politique malheureuse, le risque d’une rupture politique entre les citoyens et les institutions augmente.

En quelques mois,le gouvernement Benkirane  a brisé les espoirs des citoyens.Le chef de l’exécutif évoque l’image d’un rat pressé d’embarquer sur un navire  qui coule.L’on peut   imaginer la suite. Nous savons qu’en politique les enjeux populistes ont une fin malheureuse,et aujourd’hui  la chute de la popularité de ce gouvernement risque de créer la conviction que le vide s’installe au pouvoir, et que les élections ,après ‘alhirak almaghribi’,ont engedré un simple mensonge politique exploité par le  parti barbu.

Et si les dérives médiatiques de l’équipe Benkirane confirment la montée d’une image négative contre la démocratie,nous avons le  droit de rappeler que la dynamique enregistrée après l’approbation de la nouvelle constitution risque d’être alterée.



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