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MAP - publié le Vendredi 2 Octobre à 17:33

Le séparatisme n'est pas la solution aux conflits qu'endure l'Afrique






Rabat - Le séparatisme n'est pas la solution aux conflits qu'endure le continent africain, mais un grand besoin se fait ressentir pour davantage de coopération et d'autoprotection interétatique à même d'endiguer les différentes menaces qui guettent l'Afrique, a affirmé, vendredi à Rabat, le directeur du Centre marocain des études stratégiques (CMES), Mohamed Benhammou.
"Le séparatisme n'est pas la solution aux conflits qu'endure le continent africain, d'ailleurs le cas du Soudan du Sud en est une parfaite illustration", a souligné M. Benhammou à l'ouverture des 8èmes rencontres internationales de la géostratégie, tenues à l'initiative du CMES sous le thème "les mouvements rebelles et les milices en Afrique: une menace pour l'intégrité des Etats et pour la sécurité régionale et internationale".

Notant que l'ingérence dans les affaires des autres Etats constitue indubitablement une menace à la stabilité territoriale des Etats et à la paix internationale, il a mis en relief le besoin récurrent de construire des "Etats forts et démocratiques et d'éliminer toutes formes d'ingérence ou d'instrumentalisation visant à affaiblir son voisin". 

La montée de la menace terroriste n'a pas été freinée en dépit des efforts déployés, a-t-il signalé, relevant l'existence de guerres par procuration, menées par des parties qui cherchent à affaiblir leurs adversaires.

Dans ce sens, M. Benhammou a mis en avant l'impératif de procéder à un paramétrage conceptuel afin de jeter la lumière sur les dénominations des mouvements rebelles et de milices, estimant que ce concept est utilisé dans le cadre de l'instrumentalisation stratégique indirecte visant la déstabilisation des Etats du continent.

"Ce phénomène a pris de l'ampleur à travers la création d'armées et de mouvements de l'ombre", a-t-il fait savoir, soulignant que l'Afrique a, certes, réussi à surmonter certains conflits, mais, il s'est avéré que le problème n'était pas résolu définitivement et qu'il s'agissait d'une simple phase de transition.

"Nous sommes face à une paix chaude", a-t-il estimé, notant que la prolifération des armes, des combattants étrangers et le réseautage international interpellent la communauté internationale quant à l'impératif de faire face à ces nouvelles mouvances organisées sous forme de groupes terroristes jouissant de grandes capacités d'adaptation.

De son côté, le professeur Ricardo Lemont, de l'université Suny Binghamton des USA est revenu sur les conséquences de l'intervention américaine dans la région, notamment en Iraq, faisant remarquer que les problèmes au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ne peuvent être résolus par une intervention américaine.

Le développement économique escompté en Afrique ne sera pas atteint sans résoudre les problèmes dont souffre la région, a-t-il dit.

S'agissant de la question migratoire en Europe, M. Lemont a estimé que cette crise rappelle aux Européens qu'ils ne peuvent pas ignorer la région du Moyen orient, appelant à la conjugaison des efforts en vue de faire face à la fracture de l'Etat en Libye, au Yémen, en Syrie et en Irak.
Pour sa part, Daouda Diallo Boubacar, coordonnateur du réseau international d'études stratégiques sur les conflits en Afrique (Niger), a affirmé que les mouvements rebelles, nés au lendemain de l'indépendance, sont issus d'une mauvaise gestion de l'Etat. 

"La rébellion participe du désir du désordre qui anime une partie de la communauté internationale", a-t-il noté, ajoutant que le développement des rébellions a été suivi de l'essor des milices.

Pour lui, assurer la sécurité des Etats africains est devenu actuellement un problème majeur, déplorant que les mécanismes de règlement des conflits proposés, notamment, par l'Union européenne et les organisations régionales n'ont pas permis d'aboutir à une sortie de crise.

Même son de cloche du côté de Paolo De Mas, expert international sur les questions africaines, qui a avancé que même si les milices sont perçues comme une menace à la stabilité de l'Etat, la raison de leur prolifération est peut-être la résultante de la faiblesse même de l'Etat.

Soulignant que la situation sécuritaire en Afrique est très complexe, l'intervenant a fait remarquer qu'un pays militaire comme l'Algérie, recèle des zones grises dans la région de Tindouf, du Sahara et au nord du Mali.

De son côté, Zakaria Ousman, président du centre pour la paix, la sécurité et le développement durable (Tchad), a qualifié le Maroc de "capitale africaine et internationale de l'intelligentsia", notant que le Royaume constitue incontestablement un havre de paix dans une région en proie à toutes sortes de menaces terroristes.

Enumérant les sources de financement des groupes terroristes, M. Ousman a fait savoir que ces entités recourent à tout genre de pratiques illicites, notamment le trafic de drogue, des être humains et des migrants, contrebande des médicaments, braconnage et coupe illégale de bois, précisant que le recyclage des aides humanitaires destinées aux populations des camps de Tindouf permet la subsistance des groupes terroristes s'activant dans la région du Maghreb et du Sahel.

Cette conférence de deux jours réunit plusieurs experts africains, américains et européens de haut niveau, ainsi que des diplomates marocains et étrangers dans le but d'analyser, débattre et d'échanger leurs expériences.

Cette conférence internationale vise essentiellement à mettre en lumière les enjeux et défis sécuritaires tels que "l'Afrique: des crises chroniques et des formes variées de violences politiques", "les risques de convergence et d'interpénétration entre dynamiques conflictuelles rebelles et terrorisme", "les foyers de rebellions : zones refuges, zones grises", "la menace que font peser les mouvements rebelles et les milices sur la sécurité régionale et internationale", ou encore "le financement des mouvements rebelles et des milices ou l'économie de l'instabilité".

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