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Omar El Bacha - publié le Dimanche 8 Novembre à 09:14

Le régime algérien, gardien d’un temple qui n’existe plus






Omar El Bacha
Omar El Bacha
C’est avec liesse et fierté que le Maroc vient de fêter le 40ième anniversaire de la marche verte. Cet événement a consacré une grandiose et lumineuse réalisation, parfaitement orchestrée par un monarque clairvoyant et son valeureux peuple. Elle a permis d’extirper le Sahara marocain du joug colonial espagnol et de le rattacher à la mère patrie, sans coup férir. De même qu’elle a anticipé les manigances de voisins ingrats et comploteurs, bien que largement redevables au Maroc pour la liberté dont jouit leur pays.

En alliant judicieusement stratégie militaire et pacifisme militant dans une marche pour la liberté, les Marocains et leur Roi ont pu intelligemment gagner la bataille territoriale, après celle juridique remportée à la cour internationale de justice de La Haye, le 16 octobre 1975, qui a confirmé l’existence de liens juridiques entre Le Maroc et les tribus du Sahara.

Une animosité vivace
Il y a donc 40 ans que le Maroc a récupéré ses territoires du Sud, nonobstant les ambitions expansionnistes de l’Algérien Boumediene et les menées subversives du Libyen Kadhafi, tous deux inconditionnellement soutenus par le bloc de l’Est de l’époque. Cependant, Kadhafi ne resta pas longtemps dans sa logique destructive. Il a fini par se ranger à la légalité internationale. Il lâchera le Polisario et cessera toute activité hostile contre l’intégrité territoriale du Maroc. Une autre prouesse à mettre à l’actif de Hassan II, Roi du Maroc.

Déçu par cette volteface et afin de parer au vide crée par cette inattendue défection, Boumediene a accentué et diversifié le soutien de l’Algérie au Polisario. Son ministre des affaires étrangères de l’époque, un certain Abdelaziz Bouteflika, s’était chargé de la besogne. Il a mis les appareils de l’Etat et ses ressources financières exclusivement au service des séparatistes, privant ainsi le peuple algérien d’une manne financière dont il avait tant besoin pour son développement socio-économique.

Boumediene décédera par la suite mais sa politique belliqueuse, à l’égard du Maroc, ne sera pas enterrée pour autant. Ses successeurs l’ont maintenue vivace et son ancien ministre des affaires étrangères, devenu président, l’a promue en priorité étatique.

De la conspiration, toujours de la conspiration et rien que de la conspiration
Durant 40 années, l’Algérie officielle a tout tenté pour amputer le Maroc de son Sahara. Elle a acheté des voix de complaisance au sein d’organisations continentales. Elle a eu recours aux dictateurs de service. Elle a financé des organismes de lobbying. Elle a accusé le Royaume de violation des Droits de l’Homme et de pillage de ressources. Elle a désinformé, calomnié.

Des mesures de rétorsion complètement hallucinantes sont même venues compléter ce registre de la félonie. L’Etat algérien a dépouillé et expulsé des milliers de Marocains résidant légalement dans le pays depuis l’indépendance. Il a fourgué au Maroc ses clandestins subsahariens et autres. Il l’a boycotté économiquement et diplomatiquement. Il l’a inondé de psychotropes, de fausse monnaie, de cigarettes et de carburants de contrebande.

La main tendue et une fleur dans le fusil
Par opposition, et même si la géographie ne lui a pas fait de cadeau en le gratifiant d’un aussi malveillant voisin, le Maroc a toujours veillé à ne pas insulter l’avenir, dans ses relations avec l’Algérie. Il a toujours privilégié la retenue et la modération. Il ne se défendait que contraint et forcé, sans jamais attaquer ou contre-attaquer. Il s’est toujours montré conciliant et magnanime, même dans des situations d’absolue dominance. La main tendue et une fleur dans le fusil illustre parfaitement la politique que le Maroc a toujours pratiquée, à destination de ce voisin outrageusement encombrant.

Toutes ces marques de bonne volonté n’ont malheureusement pas eu d’effet sur les dirigeants successifs de l’Algérie. Ils ne se sont jamais départis de leur esprit belliqueux envers le Maroc et leur voix et celles de leurs acolytes n’ont pratiquement pas arrêté de le dénigrer.

Et subitement le silence…

Aujourd’hui, après que le Maroc ait opté pour la défense des vraies et justes causes des frères Kabyles et Mozabites, l’Algérie officielle, aussi incroyable que cela puisse paraitre, s’est enfermée dans un assourdissant silence. Elle semble subitement atteinte de profonde mutité.

Quelques journaux de fonction ont bien essayé de dénier à ces minorités leur droit à l’autodétermination et à l’autonomie mais le manque d’argumentaire a limité la portée de leur paperasse. En effet, comment priver ses propres minorités d’un droit dont les gouvernements algériens successifs s’en sont faits les apôtres depuis 40 ans? Comment justifier ces longues et incessantes campagnes en faveur de l’autodétermination et de l’autonomie du Polisario alors que ce même droit est refusé aux Kabyles, Mozabites et autres minorités?

Tel est pris qui croyait prendre
La logique bicéphale et le manque de cohérence d’un Bouteflika diminué assignent à la diplomatie algérienne et à sa mécanique propagandiste une équation improbable: défendre l’indéfendable et justifier l’injustifiable. Des journaleux de circonstance s’en sont bien essayés, ils ont tourné en délateurs aventureux, allant jusqu’à vouloir priver les leaders des populations minoritaires de leurs droits les plus élémentaires. Il ne leur suffisait plus que ces militants et leurs familles soient harcelés et opprimés par le régime algérien et ses appareils sécuritaires à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ils veulent en plus les déchoir de leurs références culturelles et régionales. Quelle déchéance!

Le régime algérien et ses institutions sont attendus au tournant. Ils commencent à expérimenter une situation similaire à celle qu’ils ont crée à leur voisin, il y a 40 ans. Toutefois, le Maroc a été assez intelligent pour inventer et proposer le concept innovateur de la régionalisation avancée à sa population où chaque entité géographique choisit librement les élus qui dirigeront, sans interférence, les affaires de la région.

L’impossible parallèle
Il est vrai que, de par son appartenance historique au camp de l’Ouest et le caractère libéral de son régime, le Maroc a cumulé une longue et réelle expérience démocratique. Ce pays peut donc, en toute quiétude, se permettre de responsabiliser ses régions en leur offrant une forme d’autonomie que peu de pays oseront octroyer à leurs entités culturelles et géographiques. En sera-t-il de même pour l’Algérie? Sera-t-elle assez lucide pour emboiter le pas au Maroc et concéder à ses minorités Kabyles, Mozabites et autres les libertés individuelles et collectives qu’elles méritent?

Sans verser dans le pessimisme, il faut bien concéder que, même avec la meilleure des volontés, nul ne peut faire un parallèle entre le Maroc et l’Algérie. Cette dernière a toujours fait partie du bloc de l’Est, connu pour ses régimes dictatoriaux, ses partis uniques et l’embrigadement de ses populations. Cette appartenance ne lui a pas été bénéfique. Elle a dangereusement inhibé la mentalité du pays et favorisé l’émergence d’élites politiques imperméables à l’innovation et au partage de l’autorité. Le 4ième mandat en est une parfaite illustration. Il garantit au président une momification tranquille au pourvoir.

Progresser ou régresser, telle est la question
Il est indéniable que les démons du passé rongent toujours les apparatchiks au pouvoir en Algérie. Ils trainent encore le poids de leurs anciennes alliances politiques. Ce comportement dénote la réticence presque animale ou l’incapacité chronique du régime actuel à se défaire de l’héritage d’une époque révolue. Et tant que cette situation persiste, il est quasiment impossible à l’Algérie de politiquement évoluer et donc d’économiquement se développer. Elle est appelée à se face violence, si réellement elle aspire à se débarrasser d’un système de gouvernance qui n’existe plus nulle part ailleurs. Un système renié par ses propres inventeurs, depuis belle lurette. Les Algériens doivent se rendre à l’évidence. Leur régime est le gardien d’un temple qui n’existe plus.

Omar El Bacha
Enseignant-chercheur et conseiller pédagogique et culturel.
Amsterdam. Pays-Bas.


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