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Nezha Tabech - publié le Mercredi 12 Novembre à 00:38

Le régime algérien : Un danger pour la paix et la stabilité du Maghreb




Point de salut pour le Maghreb sans que s’accomplisse la démocratie en Algérie



On ne peut pas comprendre la politique d’hostilité algérienne à l’égard du Maroc, sans caractériser le régime qui gouverne l’Algérie depuis l’indépendance.

Ce régime n’est pas une démocratie. C’est une dictature dont l’acte fondateur est un meurtre : celui de l’architecte de la révolution algérienne Abane Ramdane par Abdelhafid Boussouf et Lakhdar Ben Tobbal. Par cet assassinat, ces deux hommes ont été, avec Houari Boumediene, les principaux fossoyeurs de l'idéal démocratique du congrès de la Soummam de 1956 « qui prônait la primauté du politique sur le militaire ».

Par la répression, par la terreur, par la délation, par la manipulation, par le crime, par le travestissement de l’histoire, le clan de Boumediene a confisqué l’indépendance de l’Algérie, fait main basse sur le pouvoir, en mettant en place le monopole d’une oligarchie arbitraire, dominée sans partage par l’institution militaire.

Houari Boumediene a renforcé, consolidé et définitivement installé cette dictature. Il jette, à la suite de son coup d’état militaire de 1965, les fondements de la doctrine qui marquera pour des décennies les relations du Maroc et de l’Algérie. Cette doctrine, pose l’hégémonie de l’Algérie sur le Maghreb comme une donnée stratégique vitale. Sa concrétisation passe par l’affaiblissement du Maroc. Houari Boumediene lance alors l’une des plus longues guerres larvées, dont l’objectif avoué est la déstabilisation du Maroc dans ses fondements historiques, politiques, institutionnels, économiques et sociétaux.

Dans sa quête éperdue d’affaiblir le Maroc et d’imposer son pouvoir hégémonique sur l’ensemble du Maghreb, le Régime algérien a fait feu de tout bois. Il a nourri la haine entre les Algériens et les Marocains, suscité toutes les tensions régionales, en exploitant toutes les situations pour mettre à genou le Maroc. Alger, fut le refuge et le soutien d’un certain nombre d’opposants marocains dans les années soixante. Dans ces mémoires, l’ancien Président Algérien Chadli Benjedid, suggère, de manière très allusive, une implication de Boumediene dans le coup d’État d’Oufrir de 1972. Ce Régime a apporté une aide financière et logistique à ces « Héros sans gloire » des événements de mars 1973 qui ont secoué le Maroc et tout particulièrement l’Atlas. Le 18 décembre 1975, quelques semaines après la Marche Verte, Boumediene ordonne en guise de représailles, l’expulsion massive de 45 000 familles marocaines (350 000 personnes), pour la plupart établies depuis des générations en Algérie. Depuis cette date, l’Algérie dépense sans compter (plusieurs milliards de dollars) dans le soutien militaire, politique, diplomatique et financier, qu’elle apporte au Polisario.

Le conflit du Sahara en 1975, constitue le point de tension culminant de la politique d’hostilité algérienne contre le Maroc. Toutes les tentatives de déstabilisation du Maroc par les tenants de la doctrine Boumediene ont, à partir de 1975, basculé de l’escarmouche à l’état permanent de guerre larvée. Une guerre, marquée par une diplomatie algérienne agressive, qui fait de la question de l’intégrité territoriale marocaine, son seul dossier de politique étrangère.

Certains commentateurs qualifient cette agressivité de la diplomatie algérienne d’hystérique. Mohammed Sifaoui, concernant les rapports de certaines personnalités algériennes vis-à-vis du Maroc, va jusqu’à les qualifier de rapports relevant de la psychiatrie.

Dans le documentaire « Les dernières heures du président Houari Boumediene », Abelmalek KERKEB rapporte cet étrange comportement du Président Algérien qui, au sujet du problème du Sahara lors du quinzième sommet de l’OUA de Khartoum (Soudan) en 1978, était dans « un état de nervosité extrême, qu’il n’arrivait plus à se contrôler ». Cela confirme le témoignage de Jean Daniel qui décrit la réaction du Président Algérien le 16 octobre 1975, à l’annonce par le Roi Hassan II de la Marche Verte pour la récupération du Sahara : « Un moment, le roi parle de l’Algérie sur un ton conciliant et amical. Le Président lui lance, en arabe, une injure et, à ma stupeur, il avance son bras droit et délivre un magistral bras d’honneur. Tel un voyou de Bab el Oued. Le Président austère qui se donnait à voir quelques instants plus tôt avait disparu. J’avais devant moi un autre homme. Un jeune garnement des rues prêt à tout. Il s’est levé de son fauteuil et s’est mis à sautiller de façon étrange. Un peu hystérique. Je ne saurais dire s’il sautait de joie ou de colère, mais, je le revois très bien, il a bondi à plusieurs reprises. Il trépignait, comme s’il avait perdu le contrôle de son personnage. Les insultes contre Hassan II pleuvaient. J’étais stupéfait. Jamais je n’avais vu un chef d’Etat dans cet état. Ce n’était qu’un torrent d’invectives à un niveau insoutenable de grossièreté, d’obscénité, de vulgarité. Sans transition, ont suivi les menaces. Hassan II ne l’emportera pas au paradis. Il ne sait pas ce qui l’attend. L’Algérie ne se fera pas rouler dans la farine. »

Aujourd’hui, quand Ramtane Lamamra déclare « La région a besoin que s'accomplisse la mission de décolonisation du Sahara Occidental », il est dans cette guerre diplomatique de quarante ans, que certains commentateurs qualifient de jeu de bonneteau obsessionnel du pouvoir en Algérie. Cet entêtement à vouloir coûte que coûte une défaite marocaine dans le dossier du Sahara, pose la question de la construction maghrébine : L’union du Maghreb pourra-il jamais s’établir sur cette volonté constante et irréductible d’amputer un des membres de cette union d’une partie de son territoire historique ?

Contrairement à Ramtane Lamamra, un certain nombre d’intellectuels maghrébins pensent que la région a certainement plus besoin que s’accomplisse la démocratie en Algérie. Car la nature du régime algérien peut être un danger pour la paix et la stabilité au Maghreb. La fin du régime oligarchique en Algérie est, immanquablement une donnée stratégique vitale pour la construction maghrébine.

Tous les faits historiques montrent et démontrent que face à la doctrine qui fonde la politique du Régime Algérien à son égard, le Maroc a toujours adopté une stratégie défensive, se signalant par des réactions modérées, privilégiant la main tendue et la sauvegarde du bon voisinage.

Cette stratégie de modération et de la main tendue est, systématiquement prise pour une faiblesse du Maroc, et est battue en brèche par le manque de raison et de bon sens d’un Régime Algérien, incapable à jamais de concevoir l'idée d'un espace humain, économique et politique intégré, dans une communauté d’un Maghreb fédéral apaisé.

Pour que ne soit pas compromise sa marche résolue vers une société des droits, des libertés et des justices sociales, et pour une communauté de destin maghrébine apaisée, solidaire et fraternelle :

- Le Maroc se doit d’assumer avec fermeté son statut de puissance régionale politique, économique et militaire, en opérant une rupture radicale avec la doctrine qui consiste à garder l'équilibre des forces, attendre des jours meilleurs et une autre génération d’hommes politiques algériens, porteurs d'une vision et d'une pensée politique nouvelles.

- Le Maroc se doit d’apporter un soutien massif, déterminé, sans complexe et sans concession à la question de la démocratie et des droits de l’homme en Algérie.

La seule main tendue, se doit d’être à l’adresse de la démocratie en Algérie, à l’endroit du citoyen algérien et des seuls démocrates algériens.

Ici et maintenant, avec les démocrates tunisiens, le Maroc, ses partis politiques, ses associations, ses intellectuels, ses médias, sa société civile, se doit d’accueillir et d’aider tous les démocrates algériens, pour contribuer à la victoire des forces démocratiques en Algérie.

Le régime des généraux en Algérie n’a plus sa place dans la construction maghrébine. Il porte à jamais, devant l’histoire, le plus grand passif dans la haine et la discorde qu’il sème depuis plusieurs décennies, non seulement au sein de son propre peuple, mais au sein de l’ensemble des populations du Maghreb.


Tagué : Nezha Tabech

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