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Mostafa KHEIREDDINE - publié le Mercredi 25 Mai à 10:50

Le rapport du Département d’Etat américain sur les droits de l’homme, prix à payer pour une position géopolitique




Un déficit communicationnel sur les acquis de deux décennies en matière des droits de l'homme



Mostafa KHEIREDDINE
Mostafa KHEIREDDINE
Produit par le Département d’Etat américain, le rapport annuel sur les droits de l’homme dans le monde sert théoriquement à aiguiller les politiques publiques du gouvernement américain, et principalement celles orientées à l’extérieur en termes d’échanges économiques et d’aides au développement.

Dans sa partie consacrée au Maroc, le rapport américain annuel sur les droits de l’homme est allé puiser son sourcing d’une réalité des droits de l’homme qui n’existe que dans le subconscient de ceux qui ont alimenté ce rapport. Lequel rapport renvoie à des données dépassées, des témoignages non vérifiés, et des exagérations sur les cas isolés.

En effet, de l’avis même du gouvernement américain, le Maroc est depuis plus de quinze ans sur une progression en matière des droits de l’homme au moment même ou les pratiques des droits de l’homme sont pointées du doigt dans beaucoup de pays du monde.

Pour preuve, le rapport dans son édition 2015 renseigne que “The (Moroccan) government generally did not restrict access to the Internet. Individuals and groups generally were careful to respect the official boundaries and were able to engage in peaceful exchanges of views via the Internet, including by e-mail “ alors que dans sa préface, le rapport affirme que les pratiques des droits de l’homme sont à la merci d’une crise de gouvernance mondiale due essentiellement à la fermeture de l’espace de liberté pour la société civile et l’étouffement des médias et la liberté d’Internet.

Aussi, paradoxal parait-il, le rapport pointe du doit le Maroc sur des questions qui ne peuvent être inscrites dans une logique de politique d’Etat. En effet, le Maroc a été catalogué comme un pays ou « les conditions de détention généralement ne répondaient pas aux normes internationales », alors que chez notre voisin de l’Est « les prisons et les conditions dans les centres de détention répondent généralement aux normes internationales ». Je serai enclin de dire, mieux vaut-il respirer l’air de la liberté au Maroc dans sa vie de tous les jours que d’être dans une prison algérienne pour la respirer.

D’où la question, pourquoi le rapport sur les droits de l’homme dans sa version 2015 vire-t-il à 180° ?. A mon humble avis deux raisons expliquent ce revirement de situation. Primo, une position géopolitique qui dérange certains politiques de l’administration américaine, et qui voient d’un mauvais œil que le Maroc puisse faire le choix de diversifier ses partenaires économiques, et de faire de la coopération Sud-Sud un choix stratégique. Secundo, une communication sur les acquis en termes de droits de l’homme en deçà des efforts consentis sur ce registre depuis une quinzaine d’années.

Il importe donc de souligner qu’il est à charge du Maroc de communiquer sur les réalisations et acquis en matière des droits de l’homme, et ce depuis deux décennies. Pays stable dans une région mouvementée, le Maroc a tout à gagner en mettant en exergue les réformes politiques et sociales en évolution constante, sa volonté résolument tournée vers la consécration des droits de l’homme, la promotion de la paix en Afrique et au Moyen-Orient, et son engagement dans la lutte contre le terrorisme avec des résultats reconnus de par le monde.

Pour cela, le Maroc a tout intérêt à puiser du capital de sympathie et du lobbying américain pour faire valoir ces acquis et lever toute controverse générée par le rapport du Département d'Etat sur la situation des droits de l’Homme au Maroc, et par voie de conséquence, impacter les faiseurs d’opinion américains.

Mostafa KHEIREDDINE
Urbaniste senior
Université de Montréal
Chercheur en sciences de la ville



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