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Reuters - Bill Rigby - publié le Lundi 26 Août à 11:39

Le prochain DG de Microsoft face à des enjeux décisifs




Séattle - Le prochain directeur général de Microsoft devra trancher : poursuivre la stratégie engagée par Steve Ballmer pour transformer l'entreprise en un groupe présent à la fois dans les matériels et les services, ou renoncer à cette ambition pour concentrer les ressources sur les logiciels qui ont fait son succès.



Steve Ballmer
Steve Ballmer
Le projet de transformation initié par Steve Ballmer -dévoilé six semaines seulement avant l'annonce surprise,vendredi, de son départ à la retraite dans un an au plus tard - prévoit de fonder l'avenir de Microsoft surles matériels et les services en s'appuyant sur le "cloud",l'informatique dématérialisée. 
 
Mais les ventes décevantes des tablettes Surface, après lestentatives infructueuses pour dégager des bénéfices dans larecherche sur internet ou dans les smartphones, alimentent lesdoutes sur la viabilité de ce choix.
 
Depuis des années, des investisseurs appellent Microsoft àdistribuer à ses actionnaires les liquidités qu'il investit pourl'instant dans des projets déficitaires ou annexes, et àconcentrer ses efforts sur le système d'exploitation Windows, lasuite logicielle Office et les activités de serveurs.
 
L'investisseur activiste ValueAct Capital Management, dontles initiatives récentes pourraient avoir joué un rôle dans ladécision de Steve Ballmer de se retirer plus tôt que prévu,passe pour être favorable à une telle stratégie.
 
Sur les deux derniers exercices, Microsoft a perdu près detrois milliards de dollars dans le moteur de recherche Bing etd'autres projets internet, sans compter la dépréciation de sixmilliards liée à l'acquisition de la régie publicitaire en ligneaQuantive. Le groupe a aussi passé une charge de 900 millionsliée aux tablettes Surface au cours du dernier trimestre. 

SANG NEUF

Pour l'instant au moins, la stratégie de Steve Ballmer n'estpas remise en cause. John Thompson, administrateur indépendantdu groupe choisi pour piloter le comité chargé de trouver leprochain directeur général, a assuré vendredi que le comitéétait "engagé" par le projet de transformation.
 
Mais le choix du comité en dira sans doute long sur lapérennité de cet engagement et sur son ouverture à d'autresoptions.
 
"Le choix d'un candidat interne, comme Satya Nadella, lepatron des serveurs, ou d'un autre membre de l'équipe Windows,irait dans le sens de cette réorganisation et de ce viragestratégique", estime Norman Young, analyste de Morningstar. 
 
"Mais les arguments ne manquent pas pour convaincre que lasociété a besoin de sang neuf, de quelqu'un qui peut mettre enoeuvre la stratégie mais aussi apporter un point de vueextérieur."
 
Un tel changement d'approche pourrait conduire le groupe àse désengager du jeu vidéo, à abandonner Bing ou à réduire sesinvestissements dans les tablettes ou d'autres matériels.
 
Du point de vue financier, les partisans d'une nouvellestratégie ne manquent pas non plus d'arguments : le cours del'action Microsoft stagne depuis 10 ans et les actionnairesactivistes réclament leur part des 77 milliards de dollars deliquidités accumulées par le groupe, dont 70 milliards détenushors des Etats-Unis.

RENDEZ-VOUS LE 19 SEPTEMBRE

Pour Rick Sherlund, analyste de Nomura, le départ annoncé deSteve Ballmer signifie que le groupe commence à écouter lesactionnaires activistes comme ValueAct, ce qui pourrait setraduire par des initiatives en matière de dividende et derachats d'actions dès le 19 septembre, date de la réunionannuelle entre la direction et les analystes financiers.
 
Selon une source au sein du groupe, Steve Ballmer a commencéà réfléchir sérieusement à sa succession il y a 18 mois à deuxans, après un avertissement reçu en 2010 lorsque le conseild'administration avait réduit son bonus à la suite de l'écheccinglant du téléphone portable Kin et l'incapacité du groupe àriposter rapidement au lancement de l'iPad par Apple.
 
C'est il y a deux ou trois mois que Steve Ballmer estparvenu à la conclusion que le "bon moment pour engager leprocessus" de succession était arrivé, a précisé la source. Soitpeu après l'investissement de deux milliards de dollars deValueAct au capital du groupe.
 
Les résultats mitigés publiés en juillet pourraient avoirscellé sa décision d'annoncer son départ, qu'il n'a communiquéeau conseil d'administration que mercredi dernier. On ignoretoutefois si le conseil lui a spécifiquement demandé de partir.
 
Quel que soit son successeur, celui-ci sera confronté à deschoix difficiles voire impossibles : engager un mastodonte dansun processus de mue délicat ou le recentrer sur quelquesactivités rentables centrées sur l'ordinateur individuel.
 
"Je ne suis pas s r que quelqu'un puisse faire mieux leboulot de Steve" Ballmer, explique Brad Silverberg, ancien cadredirigeant de l'activité Windows et cofondateur de la société decapital-investissement Ignition Partners. 
 
"C'est un boulot incroyablement difficile, voire infaisable.Peut-être faudra-t-il changer la définition même du poste, cequi sera le prélude à des changements bien plus importants." 



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