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Alaa El Amrani - publié le Jeudi 31 Janvier à 17:50

Le procès des accusés de troubles à Gdeim Izik

Une lecture par le maintien de l’ordre public




Un Etat de droit procède de la volonté des acteurs politiques à faire triompher l’ordre public. Lorsque celui-ci se trouve ruiné – ou en passe de le devenir – la construction démocratique et l’espoir de développement tous azimuts dont elle était porteuse s’en sortent considérablement affaiblis. Maintenir un ordre public revient donc à contrer les faits perturbateurs auxquels il est continuellement confronté. C’est dans cette grille d’analyse qu’il convient d’inscrire le procès - attendu à partir du 1er février 2013 devant la Cour permanente de justice militaire à Rabat - de 24 accusés au motif de troubles et de violences lors du démantèlement par les forces de l’ordre marocaines en novembre 2010 des camps de protestation sis à Gdeim Izik, dans la périphérie de la ville marocaine de Laâyoune.



•	Les forces de l’ordre se sont heurtées à une résistance farouche (bouteilles incendiaires, armes blanches…)
• Les forces de l’ordre se sont heurtées à une résistance farouche (bouteilles incendiaires, armes blanches…)
Et si le tribunal militaire s’en était saisi, c’est que les faits reprochés menacent vigoureusement l’ordre public établi. On s’en rappelle douloureusement bien. Un campement de contestation pacifique, ordonné autour de besoins strictement sociaux, s’était mû en un outil de pression entre les mains d’éléments infiltrés de l’extérieur, qui embrouilleront le dialogue alors en cours avec les autorités locales avant de détourner le campement vers l’agenda séparatiste connu de tous. L’assaut donné par les forces marocaines de l’ordre, armées en cela de moyens conventionnels à l’instar des matraques et des boucliers, fut sauvagement appréhendé par les séparatistes du campement qui ont fait exploser des bonbonnes de gaz et des cocktails Molotov. La suite fut plus brutale pour des agents de sécurité décidés à ne pas faire usage de leurs armes à feu avant de succomber à une barbarie féroce des plus lancinantes sous le regard complice des médias espagnols. La violence s’était rapidement propagée dans les rues de la ville de Laâyoune, causant pillage, destruction et incendie à l’endroit des administrations publiques. En tout état de cause, ce fut un épisode cruel pour les citoyens sahraouis qui n’était hasardeusement pas sans rappeler les moments d’insécurité caractéristiques des villages algérois durant la décennie 1990.

Le drame enduré par la ville de Laâyoune requiert une riposte vigoureuse susceptible d’entraver sa régénérescence. Le procès des fauteurs de troubles doit traduire, autant dans la fermeté que dans la transparence et le respect des droits des justiciables, la détermination des autorités marocaines à sauvegarder un ordre public chèrement acquis. S’il est un moment où la nouvelle Constitution marocaine devra retrouver sa pleine expression, c’est bien lorsque sa mise en application se heurte à des enjeux de maintien de l’ordre public.

Au-delà des leçons que doit receler le procès des accusés précités, le démantèlement du campement en question, tout aussi qu’il tourne irrévocablement la page de la manipulation, a sans doute inauguré une œuvre de veille permanente sur les acquis démocratiques et en matière de sécurité. Cette veille puise sa légitimité profonde dans le sentiment de quiétude qui devra animer l’esprit des citoyens à l’intérieur de la cité et qui se situe au cœur du contrat social qui lie ceux-ci à leurs gouvernants.



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